Bob Bailey (à gauche) en compagnie de Bobby Wine, avant le premier match des Expos au parc Jarry, le 14 avril 1969. L’ancien joueur de troisième-but, qui a disputé sept saisons à Montréal, est décédé mardi, à l’âge de 75 ans.

Décès de Bob Bailey, une des premières vedettes des Expos

Bob Bailey, l’une des premières vedettes des Expos de Montréal, est décédé mardi à l’âge de 75 ans. La cause du décès n’a pas été divulguée. Il a rendu l’âme à Las Vegas, où il résidait avec sa femme des 55 dernières années, Karen.

«Il a été l’un des premiers joueurs à obtenir un boni à la signature de son contrat», s’est rappelé Claude Raymond, qui a été son coéquipier chez les Expos. «Il avait obtenu 175 000 $US de la part des Pirates, alors je vous dis qu’on avait hâte de voir ce qu’il pouvait faire. Pour ma part, j’ai toujours eu beaucoup de difficultés à l’affronter. Dans mes souvenirs, je prends toujours deux prises contre lui, mais il finissait toujours par se retrouver sur les buts!»

Né le 13 octobre 1942, Robert Sherwood Bailley, le «Babe Ruth de Long Beach» a signé un premier contrat professionnel avec les Pirates de Pittsburgh en 1961. Après un séjour avec les Dodgers de Los Angeles, où il avait été échangé pour Maury Wills — qu’il retrouvera à Montréal — il passe aux Expos, qui ont acheté son contrat en octobre 1968.

Le 8 avril 1969, il réussit le tout premier coup sûr de l’histoire des Expos. Son double après deux retraits en première manche face à Tom Seaver lui permet également d’obtenir les deux premiers points produits de l’histoire du club. Gary Sutherland et Mack Jones se trouvaient sur les sentiers à la suite d’une erreur et d’un but sur balles.

Les Expos avaient signé un gain de 11-10. Bailey avait conclu la rencontre avec deux coups sûrs en quatre présences dans cette victoire contre les Mets à New York.

Meilleur avec un bâton qu’avec un gant

Bailey passera sept saisons avec les Expos, disputant 951 rencontres. Employé principalement au troisième but, mais aussi au premier coussin, il a connu quelques bonnes saisons à Montréal, notamment en 1970 (28 circuits, 84 points produits) et en 1973 (26 circuits, 86 points produits).

«Ça a été l’un des premiers grands frappeurs de puissance de l’histoire du club», a souligné Jacques Doucet, qui l’a d’abord côtoyé comme journaliste, avant d’être affecté à la description des matchs à la radio. Dans les premières années des Expos, à part Rusty Staub et Coco Laboy, il n’y avait que Bob Bailey pour frapper la longue balle de façon régulière.

«Au départ, il était un peu déçu de s’amener à Montréal», poursuit Doucet. «Mais il est tombé sur un gérant, Gene Mauch, qui préférait de loin se fier à des vétérans qu’à des recrues, alors ça a été très bon pour lui. C’était par ailleurs un type charmant, qui adorait jaser de baseball.»

Bailey a disputé 17 saisons dans les majeures, remportant notamment la Série mondiale en 1976 avec les Reds de Cincinnati, aux côtés de Johnny Bench, Pete Rose et Joe Morgan.

Il a toujours été très apprécié de ses coéquipiers dans le vestiaire. «C’est un gars qui avait toujours le sourire aux lèvres, qu’il soit 0 en 4 ou 5 en 5», raconte Raymond, qui conserve d’excellents souvenirs de Bailey «Alors que j’étais commentateur, il avait frappé une balle au dernier balcon à l’Astrodome, je pense qu’il ne sont que trois à avoir réussi cet exploit.»

Défensivement, les souvenirs qu’il a laissés sont plus modestes. «Ce n’est pas de lui manquer de respect que de dire que ce n’était pas le plus agile qui soit», indique Doucet. «Une saison, il avait été le troisième-but ayant commis le moins d’erreurs, mais probablement celui qui avait regardé le plus de balles passer près de lui! Mais il ne se défilait jamais. Il disait : “On me paie pour frapper, pas pour gagner des Gants d’Or! ”»