Le BEI enquête sur la mort de Maxime Drouin au palais de justice de Trois-Rivières.

Décès au palais de justice de Trois-Rivières: aucun défibrillateur dans le quartier cellulaire

Trois-Rivières - Est-ce que la présence d’un défibrillateur dans le quartier cellulaire du palais de justice de Trois-Rivières aurait permis de sauver la vie de Maxime Drouin?
Maxime Drouin

Il faudra attendre les conclusions du coroner ou du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) pour éclaircir cette question. En effet, pour la deuxième fois en moins d’une semaine, le BEI va se pencher sur un décès qui s’est produit en Mauricie. Il a annoncé, mercredi matin, qu’il allait enquêter sur la mort de Maxime Drouin, survenue mardi midi, au palais de justice de Trois-Rivières.

L’homme de 41 ans s’est effondré dans le quartier cellulaire du palais de justice après son passage devant le juge. Les agents des services correctionnels ont alors constaté qu’aucun défibrillateur ne se trouvait sur place. Une situation dénoncée par leur syndicat. 

«Les agents ont cherché un défibrillateur, ce qui est navrant c’est qu’il n’y en a pas dans le pavillon cellulaire. Le ministère de la Sécurité publique n’a pas jugé bon d’en mettre un. C’est aberrant parce que c’est un outil qu’on connaît et qu’on sait utiliser comme intervenant de première ligne. Les agents ont été obligés de demander aux constables d’amener celui qui est dans le palais de justice», dénonce Mathieu Lavoie, président national du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels (SAPSCQ-CSN).

En effet, deux défibrillateurs se trouvent dans le palais de justice qui est sous la responsabilité du ministère de la Justice, mais aucun dans le quartier cellulaire qui est régi par le ministère de la Sécurité publique. «Il y avait un besoin et on n’avait pas l’outil nécessaire. Il a fallu demander celui du palais de justice, ce qui est assez ridicule», souligne M. Lavoie.

Selon les informations préliminaires obtenues par le BEI, le résident de Bécancour a été arrêté, lundi, par deux agents de la Sûreté du Québec en vertu de plusieurs mandats.

Il a alors été conduit au poste de Shawinigan de la Sûreté du Québec pour être détenu en attendant sa comparution prévue mardi. Les deux mêmes policiers l’ont amené au palais de justice où il a été remis aux agents des services correctionnels. Mais Maxime Drouin ne collaborait pas avec les agents des services correctionnels, il était voire même violent. «Il n’obtempérait pas. Il était agressif. Il a d’ailleurs essayé d’agripper un des agents», raconte M. Lavoie.

Est-ce qu’il était intoxiqué ou en crise en raison de troubles mentaux? Quoi qu’il en soit, le juge ainsi que les autres personnes présentes ont tout de suite remarqué qu’il n’allait pas bien du tout. Dans l’enregistrement sur le passage de Maxime Drouin devant la cour, on entend d’ailleurs le juge David Bouchard déclarer d’entrée de jeu que «monsieur est mal en point». Il a émis une ordonnance pour évaluer son aptitude à comparaître en mentionnant notamment que l’individu est «amoché complètement». 

Sa présence devant le tribunal n’a même pas duré deux minutes. «Il y avait une problématique. Le juge le voyait et les agents aussi en étaient conscients dans l’attitude de la personne, dans l’agressivité qu’elle démontrait. Par la suite, elle a été ramenée aux cellules, et à ce moment-là, les agents ont remarqué sa détresse. Ils sont donc intervenus au niveau des premiers soins», mentionne M. Lavoie.

Neuf enquêteurs du BEI sont chargés de ce dossier. Le BEI a fait appel au Service de police de la Ville de Montréal pour agir comme corps de police de soutien. Le BEI demande à quiconque aurait été témoin de cet événement de communiquer avec lui via son site web au www.bei.gouv.qc.ca.

Maxime Drouin compte plusieurs dossiers judiciaires notamment possession de méthamphétamine, entrave au travail des policiers, bris d’engagement. Il avait fait l’objet d’un avis de recherche en mars. Il ne donnait plus de nouvelles à ses proches qui s’inquiétaient pour sa santé et sa sécurité. Il avait été retrouvé sain et sauf, à Trois-Rivières.

Rappelons que le BEI mène aussi une enquête sur le décès de Benoit Chabot abattu par des policiers de la Sûreté du Québec, vendredi soir, dans le secteur Grand-Mère, de Shawinigan. L’homme de 26 ans, qui était en possession de couteaux, n’aurait pas obtempéré aux ordres des policiers de lâcher ses armes. Les agents auraient d’abord tenté de l’immobiliser à l’aide d’un pistolet à impulsion électrique mais sans succès.

Ce décès rappelle celui de Gilles Cassivi survenu, le 21 août dernier, alors qu’il sortait d’un fourgon cellulaire pour retourner à la prison de Trois-Rivières après sa comparution au palais de justice de Shawinigan. Le ministère de la Sécurité publique mène une enquête sur ce décès ainsi que le coroner.

Avec la collaboration de Nancy Massicotte