La pénurie de main-d’œuvre serait criante au Centre d’hébergement Roland-Leclerc, selon les proches de certains bénéficiaires.

Criant manque de personnel au Centre d'hébergement Roland-Leclerc

TROIS-RIVIÈRES — Le personnel se fait rare au Centre d’hébergement Roland-Leclerc, s’il faut en croire les témoignages de proches de bénéficiaires recueillis par Le Nouvelliste, dimanche en fin de journée. «Ils m’ont dit qu’ils étaient en bris de services», raconte Lise Vadeboncoeur. L’ancienne infirmière, qui veille sur sa mère, soutient que dans le jargon du métier, cela veut dire que même les services essentiels ne sont plus assurés.

Les personnes rencontrées sur place sont unanimes: le service offert par le personnel est exceptionnel, mais les effectifs sont toujours manquants.

Lise Vadeboncoeur indique avoir avisé le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CUISSS MCQ) de la situation, les sommant de faire quelque chose, à défaut de quoi, elle contacterait les médias. On lui aurait répondu que l’on était au courant du manque d’effectifs, mais que l’on ne pouvait pas faire l’impossible.

C’est la deuxième fois que Mme Vadeboncoeur se tourne vers les médias pour attirer l’attention sur la situation qui prévaut au Centre d’hébergement Roland-Leclerc.

La première fois, en décembre dernier, elle avait obtenu une rencontre avec Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, tandis que celle-ci était de passage dans la région. La ministre avait alors soutenu que l’amélioration de la situation était prioritaire.

Lise Vadeboncoeur raconte qu’elle n’ose plus laisser sa mère à elle-même. Celle-ci a 91 ans et devient très anxieuse lorsqu’elle est seule pendant de longues périodes, explique-t-elle. «Je ne pars plus, je suis inquiète, très inquiète», confie-t-elle.

Lise Vadeboncoeur déplore le manque d’effectifs qu’elle constate au Centre d’hébergement Roland-Leclerc, où réside sa mère.

Pour Helen Wilson, dont la mère de 92 ans réside au Centre Roland-Leclerc depuis cinq ans, la situation actuelle est la goutte qui fait déborder le vase. Celle qui n’a que de bons mots pour le personnel soignant déplore que celui-ci ait à travailler dans de telles conditions.

Elle s’indigne qu’à l’heure actuelle, sa mère ne puisse même pas bénéficier d’un bain hebdomadaire, tant le personnel en a plein les bras. «Je ne faisais pas de plaintes pour ne pas nuire au personnel, mais là je vais le faire, je pense que ça peut peut-être les aider, finalement», indique-t-elle.

De son côté, Lise Brouillette, relate que l’obtention d’une place pour son mari au Centre Roland-Leclerc est arrivée comme un soulagement. Celui-ci est à un stade avancé de la maladie d’Alzheimer et nécessite l’attention de professionnels. Il reçoit maintenant des soins qu’il n’obtenait pas auparavant, alors qu’il s’est promené entre trois résidences privées avant d’avoir la place qu’il a maintenant.

«Ici, ils sont formés, ils sont dévoués, en plus ils ont le sourire», commente-t-elle.

Or, Mme Brouillette constate elle aussi la pénurie de personnel. Elle dit passer beaucoup de temps auprès de son mari pour tenter de soulager le personnel d’un surplus de travail. Elle vante la débrouillardise des travailleurs qui pallient le manque de ressources par une organisation efficace de leurs tâches.

«Roland Leclerc, c’est un bel établissement. Il manque de personnel, mais on va faire en sorte que les gens aient envie de travailler dans le milieu», avait déclaré la ministre Blais lors de son passage dans la région, en décembre dernier.

Il n’a pas été possible dimanche de joindre le CIUSSS MCQ ni le Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS MCQ pour obtenir leurs commentaires.