La construction de la rue de l’Escaut a engendré une coupe importante d’arbres dans le domaine Chambourg sur le Lac, à Waterloo.
La construction de la rue de l’Escaut a engendré une coupe importante d’arbres dans le domaine Chambourg sur le Lac, à Waterloo.

Coupe massive d’arbres à Waterloo: la Ville propose un reboisement

Un peu plus d’un mois après le début de l’imposant déboisement dans le domaine Chambourg sur le Lac, à Waterloo, la Ville est à la recherche de solutions afin de réparer les pots cassés. Un comité regroupant des représentants des divers groupes concernés sera créé afin que des mesures, notamment un possible reboisement, soient sélectionnées.

Une première réunion a été organisée lundi, enclenchant les discussions entre les différents partis. La Ville de Waterloo était représentée par le maire, Jean-Marie Lachapelle, le directeur général, Louis Verhoef et le directeur de l’urbanisme, Marc Cournoyer.

Le directeur général des Entreprises Lachance, Patrick Lachance, de même que des citoyens mécontents du déboisement étaient du rendez-vous. Les Ami(e)s du bassin versant du lac Waterloo et le Regroupement du Chambourg waterlois avaient également envoyé des représentants sur place.

Marie Bolduc Béliveau, l’une des trois personnes à l’origine d’une pétition dénonçant la coupe des arbres, s’est dite satisfaite de cette première rencontre, bien qu’elle semblait peu organisée, sans ordre du jour ni prise de notes.

«La Ville n’a cessé de dire que tout a été fait de bonne foi, révèle la résidente de Chambourg sur le Lac. Le directeur de l’urbanisme [Marc Cournoyer] rappelait que M. Lachance était en règle.»

Malgré tout, elle considère que cette discussion d’une durée d’environ une heure a été bénéfique et témoignait «d’une ouverture et d’une volonté de réparer les erreurs» commises.

Le directeur général de la Ville de Waterloo, Louis Verhoef, croit quant à lui que la discussion n’était pas toujours axée dans la bonne direction. «Je pense que ça a dérapé un peu, déplore-t-il. On ne regardait pas toujours en avant pour trouver des solutions, mais un peu à l’arrière.»

Il concède tout de même que les échanges sont demeurés «polis et civilisés».

À la recherche de solutions

Bien que rien ne soit encore confirmé, M. Verhoef a mentionné un possible reboisement de 25% de la superficie où les arbres ont été coupés. «On en avait déjà discuté avec le promoteur, c’est l’une des solutions plausibles et faisables», indique-t-il.

Selon lui, la plantation d’arbres serait «systématique sur les terrains qui n’ont pas déjà du boisé». Les essences privilégiées seraient du bois noble, comme de l’érable. M. Verhoef n’a toutefois pas voulu s’avancer sur une future implication de la Ville au niveau du reboisement, laissant la balle dans le camp des propriétaires des terrains dénudés, soit les Entreprises Lachance.

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Marie Bolduc Béliveau estime qu’il s’agit d’une proposition intéressante, même si un reboisement de 50% de la surface était souhaité. Le groupe à l’origine de la pétition regroupant désormais plus de 160 signatures a plusieurs autres revendications en tête.

Il souhaiterait notamment que «les gens les plus affectés par la coupe soient dédommagés», par exemple par la plantation de haies d’arbres près de leurs terrains afin que leur intimité soit préservée.

«On aimerait vraiment que la ville se dote d’un plan environnemental, d’un plan d’avenir pour Waterloo», ajoute Mme Bolduc Béliveau. La création d’un parc dans le nouveau développement du domaine Chambourg sur le Lac figure aussi parmi les demandes du groupe.

Un comité composé d’un nombre restreint de personnes se rencontrera prochainement pour mettre au point une liste de solutions.

La question délicate du déboisement a aussi été abordée lors de la période de questions de la dernière séance du conseil municipal ayant eu lieu mardi soir. «Le maire [Jean-Marie Lachapelle] a fait preuve de transparence», souligne Marie Bolduc Béliveau.

Cependant, un problème persiste, selon la citoyenne. Les Entreprises Lachance ont obtenu la permission d’effectuer cette déforestation à la suite d’un addenda adopté par le conseil municipal, lors de la séance du 28 mai. À ses yeux, c’est donc la Ville elle-même qui a contrevenu à ses propres règlements. «Alors à qui on donne l’amende?» s’interroge la citoyenne.

Elle est tout de même convaincue qu’un tel déboisement ne se reproduira pas dans le futur. «Je pense vraiment que les choses vont changer à Waterloo», confie-t-elle.