Khalid Gakmakge à son arrivée au palais de justice de Gatineau durant son premier procès, en 2011.

Coupable une deuxième fois du meurtre de son ex-femme

Deuxième procès, autre jury, même résultat.

L’ex-conjoint d’une femme tuée à coups de couteau de cuisine, il y a dix ans, a été reconnu coupable de meurtre sans préméditation pour une deuxième fois, à Gatineau.

Le jury a rendu son verdict mercredi, au terme d’un procès houleux qui aura duré deux mois, au palais de justice de Gatineau.

Le 12 décembre 2008, sur la rue des Framboisiers. Lucia Medeiros, 32 ans, appelle au 9-1-1 et dit « mon mari vient de me tuer ». La femme gît sur le sol de la cuisine lorsque les premiers répondants arrivent sur la scène. Elle a été poignardée à plusieurs reprises. Un couteau de cuisine ensanglanté est saisi par la police.

Dans la chambre principale, le mari, Khalid Gakmakge, est allongé sur le lit. Il est ensanglanté, mais vivant.

La police de Gatineau l’accuse du meurtre sans préméditation.

Selon la Couronne, le tueur s’est infligé ses propres blessures, avec un couteau.

Selon la défense, les lacérations sont le résultat d’une attaque initiée par la femme.

Lucia Medeiros voulait rompre avec l’accusé. Khalid Gakmakge a su, peu de temps avant le drame, qu’il y avait un autre homme dans la vie de Mme Medeiros.

Mercredi, la juge Catherine Mandeville a averti tous ceux qui étaient dans la salle d’audience de ne pas se laisser aller à des éclats émotifs, peu importe la décision que s’apprêtaient à rendre les 11 jurés.

L’accusé est resté de glace quand la présidente du jury a prononcé « coupable de meurtre au deuxième degré », dans une salle pleine du palais de justice de Gatineau. La peine de prison à vie est automatique.

Les trois sœurs de Mme Medeiros, assises au fond de la salle d’audience, ont quand même laissé échapper un souffle de soulagement. L’affaire dure depuis dix ans.

« On s’en va voir maman », ont déclaré, émotives et souriantes, les trois sœurs interpellées par Le Droit à leur sortie de la salle d’audience.

Certains débats hors jury ont causé des flammèches, ces dernières semaines, entre la Couronne et l’avocate de la défense, Me Élise Pinsonnault. La patience de la magistrate a été mise à rude épreuve.

Deuxième procès

Khalid Gakmakge a reçu un premier un verdict de culpabilité le 11 mars 2011.

La défense avait aussitôt annoncé son intention d’appeler de ce verdict. Elle a remporté son pari. La Cour d’appel a ordonné la tenue d’un deuxième procès, en 2015.

La défense affirmait que l’accusé n’avait pas eu un premier procès juste et équitable.

Elle soutenait qu’un témoin expert avait changé sa version sur la séquence des coups de couteau, entre l’enquête préliminaire et le procès.

La Cour d’appel a confirmé que le juge avait commis une erreur de droit en autorisant que ce témoignage soit retenu en preuve.

Le débat sur la période d’admissibilité à une libération conditionnelle de M. Gakmakge aura lieu la semaine prochaine.