Le major Duquette a été rétrogradé au rang de capitaine. 
Le major Duquette a été rétrogradé au rang de capitaine. 

Coupable d’avoir touché les fesses d’une subalterne, le major Duquette rétrogradé au rang de capitaine

Le major Éric Duquette, reconnu coupable d’agression sexuelle, d’abus d’une subordonnée et de conduite préjudiciable au bon ordre et à la discipline pour avoir empoigné les fesses d’une militaire lors d’un party de Noël à la base militaire de Bagotville, a été rétrogradé au rang de capitaine. Le militaire, qui compte 30 ans de services dans les Forces armées, a reçu sa sentence, jeudi, à la Cour martiale. Son nom sera également inscrit au registre des délinquants sexuels de la Défense nationale.

  Éric Duquette avait subi son procès devant le juge militaire, le lieutenant-colonel Louis-Vincent d’Auteuil, en novembre dernier, à Bagotville. Il avait été déclaré coupable d’agression sexuelle pour un événement qui s’était produit en décembre 2018, lors d’une activité de Noël organisée pour les membres de la 2e Escadre de Bagotville. Au cours de la soirée, il avait touché délibérément les fesses d’une militaire, qui était sa subalterne, en lui disant qu’elle était « fucking hot ». Le major a toujours nié les faits et il a déjà annoncé son intention de porter le verdict en appel. Toutefois, en justice militaire, il faut attendre le prononcé de la sentence avant de déposer une demande d’appel, contrairement à la justice civile. 

L’avocat d’Éric Duquette, Me Sylvain Morissette, avait demandé l’absolution inconditionnelle pour son client, lors des observations sur la peine, qui s’étaient tenues au début du mois de juin. Quant au Directeur des poursuites militaires, la procureure Me Élisabeth Baby-Cormier avait plaidé pour que le major perde son titre et soit rétrogradé au rang de capitaine. 

Le juge a rendu sa décision mardi, revenant sur toute cette histoire qui aura, selon ses propres dires, causé des répercussions importantes au sein de la 2e Escadre, notamment en perturbant la cohésion des troupes. 

Le magistrat a rejeté la demande de la défense, estimant qu’une absolution ne répondait pas aux critères du présent dossier, surtout en raison de sa nature sexuelle.

« Les Forces tentent d’opérer un changement de culture, il m’apparaîtrait incongru que la cour accepte une telle demande », a souligné le juge, faisant ainsi référence à l’Opération Honour, qui vise à mettre un terme aux cas d’inconduite sexuelle au sein de l’armée canadienne.


« Malgré votre statut d’officier supérieur, vous n’avez pas hésité à violer l’intégrité physique d’une militaire qui était, en plus, votre subordonnée »
Le juge Louis-Vincent d’Auteuil

Il a toutefois convenu que le geste reproché à Éric Duquette, soit un touché de la fesse, figurait au bas de l’échelle en termes de gravité et qu’une peine d’incarcération n’a jamais été envisagée.

Le juge d’Auteuil a également retenu les conséquences sur la victime comme facteur aggravant, notamment le fait qu’elle se soit sentie honteuse et en colère et qu’elle ait fait l’objet de remarques désobligeantes durant les procédures judiciaires. Le juge a d’ailleurs salué son courage de s’être présenté en cour.  

Le magistrat a répété à plusieurs reprises que ce genre de comportement à caractère sexuel n’avait pas sa place au sein des Forces armées canadiennes et qu’il était nécessaire de les dénoncer. 

Le major Duquette est donc revenu au rang de capitaine, un titre qu’il a porté durant 22 ans avant d’être promu major, il y a quelques années. C’était la première fois qu’il faisait l’objet d’une plainte.

Son nom figurera également au registre des délinquants sexuels de la Défense nationale pour une période de 20 ans, a ordonné le juge d’Auteuil. 

« Il ne restera pas capitaine longtemps », promet son avocat.

Le militaire, qui est en congé maladie depuis plusieurs mois, a entrepris un programme de transition vers la vie civile, afin de se trouver un nouvel emploi. C’est notamment pour cette raison qu’il espérait obtenir une absolution, afin de ne pas avoir de casier judiciaire.

Ses avocats préparent présentement la demande d’en appeler du verdict. Si elle est acceptée, Éric Duquette aura droit à un nouveau procès. 

L’un des avocats du militaire, Me Charles Cantin, promet d’ailleurs d’envoyer son mémoire d’appel très bientôt.

« Il ne restera pas capitaine longtemps », a déclaré le criminaliste.