Les travaux devraient commencer en 2021 et permettre de maintenir ou de créer 400 emplois au chantier naval de Lévis.

Contrat de 500 M$ pour Chantier Davie

Le gouvernement Trudeau confirmera mardi l’octroi d’un contrat de 500 millions $ au Chantier Davie pour des travaux de réparation et d’entretien de trois frégates de la Marine royale canadienne.

Les travaux devraient commencer en 2021 et permettre de maintenir ou de créer 400 emplois au chantier naval de Lévis. 

Les chantiers Irving (Halifax) et Seaspan (Victoria) obtiennent des contrats similaires, chacun pour trois frégates de classe Halifax. 

Quant aux trois autres frégates des douze que compte la flotte, le contrat d’entretien sera attribué plus tard selon le rendement, le respect des délais et la performance des navires après les travaux.

En d’autres mots, le gouvernement fédéral entend mettre les trois chantiers maritimes canadiens en concurrence directe pour l’obtention de la dernière tranche de contrat. Il s’agit d’une approche relativement nouvelle.

La confirmation de contrats d’entretien de frégates au Chantier Davie n’est pas nouvelle en soi. Le gouvernement en avait déjà fait l’annonce l’automne dernier.

Ce qui n’était pas connu encore, c’était les montants en jeu et la répartition du nombre de bateaux attribués à chaque chantier. Le gouvernement a choisi de traiter les chantiers sur le même pied. 

Le plus important

Les précisions étaient attendues depuis l’automne dernier. Elles arrivent finalement à quelques mois des prochaines élections. Le ministre Jean-Yves Duclos, le secrétaire parlementaire Joël Lightbound et le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, devraient normalement être présents pour l’annonce. 

Ce contrat de 500 millions $ est un des plus importants jamais accordé à Davie par le gouvernement fédéral. Sa valeur pourrait aller au-delà du montant initial prévu. 

Plusieurs au Québec en espéraient davantage et seront sans doute déçus. 

Ils auraient voulu que Davie obtienne une part plus grande pour compenser les années de vaches maigres du gouvernement de Stephen Harper où le chantier de Lévis avait été écarté du plan de match fédéral.

«Si nous n’obtenons que trois frégates, on pourra conclure que ce sont des miettes», disait craindre la présidente du Conseil central de régional de la CSN, Ann Gingras. 

La difficulté actuelle des chantiers Irving et Seaspan à livrer en temps à cause de carnet de commandes fédérales surchargé pourrait favoriser Davie. 

Rien n’est cependant acquis. Il faudra voir quels critères retiendra le gouvernement fédéral pour l’octroi des contrats des trois dernières frégates.  

Le chantier Davie, qui dispose de 50 % de la capacité de production de l’ensemble du Canada, aurait été en mesure de faire les travaux pour toutes les frégates, avait fait valoir le vice-président affaires publiques chez Davie, Frédérik Boisvert. 

Jusqu’à 2000 employés pourraient y travailler, mais seulement 200 ont été mobilisés pour le travail sur les brise-glace de la Garde côtière (contrat de 610 millions $).   

Le gouvernement prévoit dépenser 2 milliards $ en cinq ans pour la remise à niveau et l’entretien de ses frégates. 

Au total, la valeur de ces contrats pourrait atteindre 7,5 milliards $ d’ici les années 2040, date prévue de l’entrée en service d’une nouvelle génération de bateaux.  

Les travaux incluent la modernisation des plates-formes, la mise à niveau des systèmes, l’acquisition d’équipements (radar de pointe; système de guerre électronique; systèmes de communication; missiles améliorés et intégrés dans un nouveau système de gestion de combat).

Les frégates avaient été conçues à l’époque pour la guerre anti-sous-marine et les combats en haute mer.

Le gouvernement canadien a prévu les remplacer par 18 nouveaux navires devant être construits dans les chantiers de Victoria (16) et Halifax (2). Leur valeur est provisoirement estimée à 15,7 milliards $. Plus tôt ce printemps, le premier ministre Justin Trudeau a laissé entendre que le chantier Davie pourrait aussi être mis à contribution. Histoire à suivre.