Fred Pellerin était au Centre des arts de Shawinigan, dimanche, pour une entrevue conviviale devant public organisée par les Bibliothèques de Shawinigan.

Collaboration entre Fred Pellerin et Saint-Élie-de-Caxton: «J’ai terminé. Je me retire»

SHAWINIGAN — Malgré l’offre du député de Maskinongé, Simon Allaire, de servir de médiateur entre Fred Pellerin et la Municipalité de Saint-Élie-de-Caxton, le conteur affirme ne pas vouloir revenir sur sa décision de mettre fin à sa collaboration avec l’autorité municipale. Le conteur assure cependant qu’il continuera à s’impliquer dans sa communauté en tant que citoyen, ce qu’il faisait déjà.

«Moi, j’ai terminé. Je me retire, car je vis mal avec cette chose-là. Il y a eu plein de démarches faites à travers les années pour que ça ne se brise pas, mais là, moi, j’ai terminé», maintient-il, à la sortie d’une entrevue devant public qui avait lieu dimanche midi au Centre des arts de Shawinigan.

Le conteur remercie le député de vouloir s’impliquer, mais annonce qu’il ne changera pas d’avis. «Ce tuyau-là (la Municipalité), je le lâche, je n’emprunterai plus cette bretelle-là, mais il y en a beaucoup d’autres», ajoute-t-il.

Le conteur a fait parvenir cette semaine une lettre à ses concitoyens dans laquelle il leur annonce que ses relations avec la Municipalité sont devenues compliquées, au point où il a préféré mettre un terme à plusieurs projets. Il souhaitait également les rassurer sur ses intentions.

«La lettre que j’ai écrite aux gens du village, c’est parce que les titres (dans l’actualité), c’était: Fred et Saint-Élie, c’est fini, illustre-t-il. Si on lit juste le titre, ça fait triste. Des gens m’appelaient pour me dire: ‘‘merci pour toutes ces années. Vas-tu déménager?’’ Pour moi, il fallait clarifier aux gens du village, leur dire que ce n’est pas ça.»

M. Pellerin précise également qu’il ne compte pas reprendre sa collaboration avec la Municipalité, même si celle-ci a à sa tête un nouveau maire en 2021. Il indique juger trop risqué de «travailler avec une structure qui change aux quatre ans».

Rappelons que depuis plusieurs mois, le village de Saint-Élie-de-Caxton a défrayé la chronique pour l’ambiance oppressante qui y règne, en raison des conflits qui opposent la Municipalité, plus particulièrement son maire, Robert Gauthier, au conteur, mais également à des employés municipaux et des citoyens.

Implication au quotidien

À titre d’exemple de ce à quoi ressemble déjà son implication citoyenne à Saint-Élie-de-Caxton, le conteur mentionne avoir contribué à l’organisation et au bon déroulement de nombreuses activités au fil des ans, comme des interventions artistiques, ou d’autres événements où c’est plutôt son huile de coude que sa verve qui était requise.

«La buvette caxtonienne, quand il y a eu une fête fin août, il a fallu aller la brancher chez Anne-Claude. Elle était partie en camping, alors c’est moi qui suis entré par le soupirail de la cave pour qu’on ait accès à son branchement de poêle. La veille, je suis allé avec mon tracteur, décharger le blé d’Inde chez Donald parce qu’on recevait les 14 poches de blé d’Inde et qu’il fallait les mettre quelque part. Ce n’est pas un truc abstrait ou théorique, mon implication dans le village. C’est là, au quotidien, chaque jour», soutient-il.

Cette aide, il ne pourra cependant la donner qu’entre deux représentations de son spectacle. Le conteur doit encore faire 150 représentations de son spectacle Un village en trois dés, ce qui fait en sorte que son agenda est bien rempli au moins jusqu’en 2020. Il a également confié à la centaine de personnes venues le voir et l’entendre dimanche qu’il attend une réponse pour le financement de l’adaptation cinématographique de son conte L’Arracheuse de temps. «Le film est déposé: le scénario est barré et le casting est fait», a-t-il annoncé.

Lors de cette entrevue conviviale, animée par Patricia Powers et organisée par les Bibliothèques de Shawinigan dans le cadre des Journées de la culture, le conteur a parlé de son enfance à Saint-Élie-de-Caxton et de ses premiers pas comme conteur, anecdotes et humour à l’appui. Il a également parlé de sa vie en tournée, notamment en France, de ses projets - il travaille notamment avec le groupe Salebarbes, composé notamment des frères Jonathan et Éloi Painchaud, ex-membres d’Okoumé - et de son processus de création.

Une représentation de son spectacle avait ensuite lieu, en après-midi, toujours au Centre des arts de Shawinigan.

Il sera le 11 octobre à La Tuque, avant de s’envoler en novembre pour quelques représentations en Suisse et en France.