L’équipe mexicaine Ice Dome, qui a remporté le Tournoi international de hockey bantam de Granby dans la catégorie A, a été sous-classée par les organisateurs, ce qui a soulevé la grogne chez des parents des autres équipes.

Colère dans les gradins lors du Tournoi bantam de Granby

L’ambiance était plus que tendue dans les estrades du centre sportif Léonard-Grondin lorsque le Ice Dome du Mexique était sur la glace, au Tournoi international de hockey bantam de Granby. Des spectateurs n’ont en effet pas été des plus accueillants envers les joueurs mexicains, qui auraient eu peur pour leur sécurité.

Une erreur de bonne foi dans le classement de l’équipe, basée sur les performances de la formation lors des deux dernières années, pourrait être à l’origine du chahut.

« C’est la responsabilité du tournoi de s’assurer de bien mettre les équipes dans les bonnes catégories, analyse Normand Côté, président du tournoi. On fait les recherches qu’on peut pour bien catégoriser les équipes, mais on a appris durant le tournoi que des jeunes, dans l’équipe du Mexique, joueraient dans un calibre beaucoup plus fort en Ontario. »

Les recherches se poursuivent, mais l’organisation sait maintenant que c’est le cas pour au moins un des joueurs de la formation.

Cette information s’est répandue chez les parents des équipes qu’a affrontées la formation mexicaine, ce qui a provoqué une certaine colère. « [Le sous-classement de l’équipe] est l’erreur du tournoi, je le prends sur moi, glisse M. Côté, déçu de la tournure des événements. On va avoir des devoirs à faire avec toutes les équipes qui viennent au tournoi à l’avenir. »

Grogne

C’est un secret de polichinelle : les proches des joueurs peuvent être violents dans les tournois de hockey. Le sujet a régulièrement fait parler dans les médias.

Les parents présents au tournoi bantam n’ont pas fait exception, au point où les jeunes joueurs mexicains craignaient de sortir du vestiaire à certains moments, rapporte une source à La Voix de l’Est.

Un match a même dû être interrompu en raison de la violence démontrée par certains parents, samedi. « Je pense qu’il restait quelques secondes à jouer, mentionne le président du tournoi. Les coordonnateurs de glace ont la possibilité, en voyant l’ambiance dans les estrades et ce qui se passe sur la glace, d’arrêter le cadran. »

L’organisation a rencontré les entraîneurs des équipes adverses à propos du sous-classement du Ice Dome, et a fait son mea culpa, même s’il était trop tard pour changer les choses. « Les coachs comprenaient, mais les gens dans les estrades ne le savaient pas. »

« Quand on a vu la tournure des matchs, on ne prenait pas de chance, ajoute M. Côté. Vers la fin du match, j’appelais le poste de police en prévention, pour calmer les ardeurs des gens. »

Le porte-parole du Service de police de Granby, Guy Rousseau, confirme que des patrouilleurs se sont rendus à l’aréna à deux reprises, soit samedi et dimanche, mais que le calme était déjà revenu à leur arrivée.

Confrontation

Un groupe de jeunes locaux, composé notamment d’immigrants et de Québécois, est venu encourager l’équipe mexicaine, ce que n’ont pas non plus apprécié des parents des autres équipes.

« Les parents mexicains qui étaient là n’ont rien fait, assure le président du tournoi. Ce sont des locaux qui accompagnaient l’équipe mexicaine qui excitaient les gens des autres équipes. Et ça grimpait, ça grimpait. Ils montraient qu’ils étaient contents pour le Mexique, mais en même temps, il y avait des joueurs beaucoup trop fort pour le bantam A. Il y a eu des gestes qui ont fait grimper l’ambiance déjà un peu chaude. »

D’un côté comme de l’autre, les partisans ont pu se sentir confrontés. Daniel, un Québécois qui encourageait les Mexicains, raconte qu’une mère les filmait pendant qu’ils encourageaient leur équipe favorite du tournoi.

« Tout ce qu’on a fait, c’est d’encourager le Mexique et ses joueurs, argue l’adolescent, qui était avec des amis pour la majorité d’âge mineur. Il y a des parents qui n’ont pas trop aimé ça. Le premier match, j’ai vu une femme nous filmer sans notre consentement. Comme si c’était de la provocation. Un de mes amis a réagi. Mon ami s’est approché d’elle en faisant semblant de la filmer. Elle a continué à le filmer et quand il est revenu vers nous, elle a voulu lui donner un coup de pied. »

Daniel ne fait que rapporter la réaction de son ami, sans toutefois le cautionner. « On est juste des enfants, on ne sait pas comment réagir », ajoute-t-il, affirmant au passage avoir aussi été témoin de propos racistes.

Il assure qu’ils n’ont lancé aucune insulte, même s’ils en ont encaissé.

L’équipe mexicaine aurait démontré un intérêt à revenir, malgré l’ambiance négative durant leur passage, précise Normand Côté. Aucune décision n’est prise à l’heure actuelle, mais la formation devra jouer cartes sur table pour être classée dans la bonne catégorie la prochaine fois.