Cori Gauff vole la vedette à Wimbledon, à la deuxième semaine de jeu.

Coco Gauff sous les projecteurs à Wimbledon

LONDRES — Coco Gauff était accompagnée de sa mère et de son père, de deux entraîneurs et d’un partenaire d’entraînement dimanche après-midi à l’All England Club, alors que l’Américaine âgée de 15 ans se préparait pour un autre test difficile à son premier tournoi du Grand Chelem en carrière.

Issue des qualifications et classée 313e au monde, Gauff est la plus jeune joueuse à atteindre la deuxième semaine de jeu à Wimbledon depuis Jennifer Capriati en 1991. Elle a mis l’accent sur son coup droit à l’entraînement, alors qu’un duel avec l’ancienne reine du tennis féminin Simona Halep l’attend au quatrième tour, lundi, lors de la reprise des activités.

«Je ne sais pas grand-chose à son sujet», a dit Halep, championne des Internationaux de France en 2018.

Malgré les exploits de la dernière semaine et demie — incluant une victoire contre Venus Williams — et toute l’attention reçue — des messages sur les réseaux sociaux de la part de Michelle Obama, de la mère de Beyonce et du chanteur Jaden Smith l’ont particulièrement marquée — ce qui frappe le plus quand on observe Gauff, c’est son calme, autant sur le terrain que dans les autres contextes.

«Vous pouvez faire semblant, mais ce n’est pas mon cas», a dit Gauff, qui est originaire de Delray Beach, en Floride.

Le moment n’était pas trop gros pour elle face à Williams, une joueuse qu’elle admire. Elle a noté avoir fait le vide après cette victoire, puis a enchaîné avec un autre gain en deux manches contre une ancienne demi-finaliste à Wimbledon. Puis au troisième tour, sur le court central, Gauff a gardé son sang-froid pour s’imposer après avoir fait face à deux balles de match.

«Mes parents me disent de rester calme, de garder ma concentration, parce que le tournoi n’est pas terminé, a raconté Gauff. Je célèbre le soir après une victoire, mais tout repart à zéro le lendemain à l’entraînement.»

C’est le genre d’attitude qui pourrait lui permettre de transformer une séquence phénoménale en belle carrière.

«C’est la partie facile, a dit Tracy Austin, qui a regardé une portion de l’entraînement de Gauff. Comme elle l’a dit, avant qu’elle affronte Venus, il n’y avait qu’un petit garçon qui lui avait demandé une photo. Après sa victoire face à Venus, tout le monde voulait son autographe. C’est correct, mais ça démontre un changement de la perception du public. Et les attentes vont changer.»

Austin peut comprendre la situation dans laquelle Gauff se retrouve.

Elle a fait le saut chez les professionnelles à l’âge de 15 ans en octobre 1978 et a gagné un premier titre en simple au cours du même mois.

Un an plus tard, à l’âge de 16 ans, elle atteignait les demi-finales à Wimbledon, puis battait Martina Navratilova et Chris Evert en route vers un triomphe aux Internationaux des États-Unis. Elle a gagné ce même tournoi deux ans plus tard.

«J’espère qu’elle a de bonnes personnes dans son entourage, c’est-à-dire ses parents — ils semblent incroyables —, ses entraîneurs, ses agents. Ils doivent s’assurer que les choses ne déboulent pas trop vite. Elle n’a pas besoin de tout saisir, de profiter de chaque opportunité. Elle n’est encore qu’une enfant. Elle doit aussi profiter de cette période», a dit Austin, qui a été intronisée au Temple de la renommée du tennis international à l’âge de 29 ans.

Gauff s’entraîne depuis l’âge de 10 ans au sein de l’académie dirigée par l’entraîneur de Serena Williams, Patrick Mouratoglou. Depuis 2017, l’année où Gauff a atteint la finale junior des Internationaux des États-Unis à l’âge de 13 ans seulement, elle est représentée par l’agence cofondée par Roger Federer et son agent de longue date, Tony Godsick.

Avant chaque match, Gauff dit parler avec l’épouse de Godsick, Mary Joe Fernandez, qui a gagné un match aux Internationaux des États-Unis deux semaines avant de célébrer son 14e anniversaire de naissance et qui a éventuellement atteint trois finales en simple en Grand Chelem et gagné deux titres majeurs en double.

Les deux parents de Gauff étaient des athlètes à l’université, sa mère en athlétisme et son père en basketball.

«Ils ont la plus grande influence sur moi, surtout ma mère. Elle a changé ma manière de voir les choses. Mon père, il est la raison pourquoi je n’ai pas peur de rêver si gros, a affirmé Gauff. Cette force de croire en soi vient de mon père et l’attitude et le calme viennent de ma mère. C’est un bon mélange.»

Et ça fonctionne jusqu’ici.

Djokovic serein

 Novak Djokovic

Le lauréat 2018 affrontera pour la première fois le jeune Français Ugo Humbert en huitième de finale. Vainqueur de Gaël Monfils (abandon), Marcel Granollers puis de la pépite Félix Auger-Aliassime, le Messin réalise un superbe parcours. Pourra-t-il poser des problèmes au «Djoker»?

Dans le sillage de son triomphe à Roland-Garros, Rafael Nadal a lui aussi connu une première semaine sans encombre.

Si l’Espagnol a toutefois dû élever son jeu pour battre Nick Kyrgios au deuxième tour, il a montré une belle dose de sang-froid pour ne pas céder aux provocations du bouillant Australien. Il affrontera lundi le Portugais Joao Sousa, seulement 69e mondial.

Federer méfiant

De son côté, Roger Federer a petit à petit élevé son jeu pour disposer de Lucas Pouille au troisième tour et voir la deuxième semaine londonienne pour la 17fois de sa carrière.

À 37 ans, l’octuple lauréat de Wimbledon s’est ménagé avant d’affronter Matteo Berrettini, 20e mondial. Attention toutefois à l’Italien, qui a remporté le tournoi sur gazon de Stuttgart avant d’atteindre le dernier carré à Halle, où Federer a ensuite triomphé pour la 10e fois!

Le Suisse s’est d’ailleurs montré très méfiant, face à un adversaire qu’il n’a jamais affronté : «Cela rend les choses encore un peu plus difficiles. Je l’ai vu jouer un peu à Halle. J’ai vu son parcours à Stuttgart. Maintenant, il est ici.»

«J’espère qu’il est vidé», a souri le «Maître».  AFP