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Le directeur de la santé publique gaspésienne, l'épidémiologiste Yv Bonnier-Viger
Le directeur de la santé publique gaspésienne, l'épidémiologiste Yv Bonnier-Viger

Cinq questions au directeur de la santé publique gaspésienne, Yv Bonnier-Viger

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
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Il y a cinq mois, Le Soleil vous présentait un portrait du directeur de la santé publique gaspésienne, le Dr Yv Bonnier-Viger. Épidémiologiste reconnu, il fascine par ses nombreuses implications et ses méthodes axées sur la collaboration. Nous l’avons rencontré dans le cadre de la série «Cinq questions à», alors que s’amorce la campagne provinciale de vaccination.

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1. On  est enfin sorti de la deuxième vague qui a duré une bonne partie de l’hiver. Est-ce que cette vague était inévitable ? Qu’est-ce qui aurait pu être mieux préparé ? 

«Oui, c’était assez inévitable. Tout le monde savait qu’il y aurait une deuxième vague, même si on l’avait un peu oublié pendant l’été. En septembre, quand il y a une montée rapide des cas, on a remarqué un certain effet de surprise dans la population. Par contre, en l’absence de vaccin, je ne crois pas qu’on aurait pu être mieux préparés, sauf si on avait choisi une stratégie de répression beaucoup plus agressive comme on a vu en Australie, par exemple.»

2. Plus les semaines passent, plus on sent que l’adhésion du public aux mesures est difficile. Quel est le risque de ne pas donner assez de corde lors des annonces? 

«Ce qu’on entend, c’est qu’il y a effectivement de plus en plus de gens qui sont à leur limite, très près de décrocher. C’est pourquoi il faut prendre des mesures qui sont cohérentes avec la situation épidémiologique. Il faut justifier nos mesures, et c’est de plus en plus difficile à faire si elles sont trop sévères pour notre situation. Évidemment, on vient tout juste de donner un peu de liberté en passant en zone jaune, maintenant le défi est de maintenir la courbe basse et montrer qu’il y a moyen de rouvrir sécuritairement.»

3. Il y a beaucoup de reportages et d’informations qui circulent à propos du vaccin d’AstraZeneca, même si toutes les études montrent qu’il est efficace et sécuritaire. On sent qu’il y a une certaine crainte de ce vaccin ; est-ce que c’est un problème de communications ou un problème politique ? 

«Il va falloir que des historiens se penchent là-dessus ! C’est vraiment étrange. C’est un vaccin qui a été développé en Angleterre, qui est beaucoup plus démocratique, plus facile à distribuer et moins cher. Effectivement, il a une très mauvaise presse et semble ne pas avoir le même traitement médiatique et politique que les autres. Il a la vie dure malgré ses grandes qualités. En tout cas, moi, je le prendrai demain matin s’il m’était offert.»

4. La menace des variants est de plus en plus présente dans la région. Est-ce que c’est inévitable qu’ils arrivent ici et est-ce que, selon vous, ce sont les variants qui risquent de propulser une troisième vague ? 

«S’il y a une troisième vague, c’est certain qu’elle est provoquée par les variants. On fait le jeu de vacciner le plus vite possible pour diminuer les risques de transmission. C’est vraiment une course contre la montre pour éviter que ces souches plus contagieuses se développent, et surtout se propagent, dans nos régions. Heureusement, les quantités de vaccins disponibles commencent à augmenter.»

5. Le monde a beaucoup changé dans la dernière année. Selon vous, avec le peu de recul qu’on a, qu’est-ce qu’on a appris ou réalisé collectivement ? 

«Dès le début de la crise, on a senti une certaine solidarité qui s’est créée, un effort supplémentaire de penser aux autres. Maintenant, on ne sait pas si ça va être durable, mais c’est connu qu’une crise fait ressortir le caractère d’un peuple. La pandémie a mis en lumière la solidarité des Québécoises et des Québécois. 

Il y a aussi eu une prise de conscience du rôle de la science. Juste voir ce qui s’est fait en un an en épidémiologie et en vaccinologie, c’est incroyable.»