La directrice de l’usine, Nicole Coutu

C’est l’impasse à l’ABI

Alors que la rencontre devant le conciliateur, après deux mois de lock-out à l’ABI, donnait droit à tous les espoirs, c’est plutôt l’impasse qui perdure à la suite d’une courte séance devant le médiateur, jeudi, à Trois-Rivières. Non seulement l’employeur retire-t-il son offre finale, mais son comité de négociation s’est présenté à la table sans mandat.

«L’usine a besoin de changements fondamentaux pour réussir à long terme», a déclaré la directrice de l’usine, Nicole Coutu, moins d’une heure après le début de la rencontre qui avait été provoquée par la ministre responsable du Travail, Dominique Vien.

Celle-ci a rappelé que les objectifs constants de la direction d’ABI «au cours des longues négociations de l’année dernière» étaient d’assurer la pérennité de l’usine et de parvenir à une entente négociée. «Cependant, les moyens de pression du syndicat durant ces négociations ont causé une détérioration importante des conditions d’opération dans l’usine, créant des dangers pour les employés, mettant les biens en péril, menaçant l’approvisionnement des clients et affectant négativement le rendement financier», a précisé l’employeur dans un communiqué de presse.

Ainsi, dit-il, le rejet par le syndicat d’une offre équitable et concurrentielle n’a laissé d’autre choix à la direction d’ABI que de prendre des mesures pour protéger ses employés et les actifs de l’usine. «En conséquence, l’offre rejetée ne peut plus servir de base pour un règlement futur», a annoncé Mme Coutu en point de presse.

À son avis, ABI n’est pas aussi compétitive qu’elle devrait l’être et cette situation doit être améliorée pour réussir à long terme. Par conséquent, la structure opérationnelle d’ABI doit être réévaluée, dit-elle, en visant l’amélioration significative de la productivité et de l’organisation de la main-d’œuvre afin d’assurer une constance pour ses clients.

«La direction d’ABI est ouverte à travailler avec le syndicat pour développer ces solutions et l’invite à fournir des idées qui permettront d’atteindre ces objectifs. La direction prépare des propositions qui incluront les changements nécessaires pour assurer l’avenir d’ABI, tout en demeurant disponible à rencontrer le syndicat. La coopération est vitale pour le succès de l’usine», a-t-elle ajouté.

«La direction d’ABI est sensible à l’impact qu’a la situation actuelle sur les employés, les familles, les clients, les fournisseurs et la communauté. C’est pourquoi les parties doivent se concentrer sur la productivité et la compétitivité de l’usine pour assurer un avenir durable et prospère à ABI», renchérit Mme Coutu.

Selon le président de la section locale 9700 des Métallos, Clément Masse, «on avait raison de rester prudent». «C’est une vengeance de leur part de retirer leur offre. On part de où et on discute avec qui? C’est complètement aberrant de faire porter le conflit sur le dos du syndicat», a-t-il lancé en point de presse.

Le syndicat entend donc «continuer à mettre de la pression» sur les propriétaires pour que les membres du comité de négociation aient un mandat de négocier. Aucune autre rencontre n’est prévue pour l’instant.