Hugo Tousignant demeure détenu jusqu’à son retour en cour, mercredi prochain.
Hugo Tousignant demeure détenu jusqu’à son retour en cour, mercredi prochain.

«C’est à soir que je te passe»: des antécédents troublants pour Hugo Tousignant

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — «C’est à soir que je te passe!» «Je vais t’ouvrir du trou de cul jusqu’à la tête, grosse vache!» «Je pognerai 25 ans, mais toi tu crèveras en enfer!» Voilà le genre de propos qui ont déjà été tenus par Hugo Tousignant à l’endroit de deux de ses ex-conjointes. Cet individu de 33 ans, arrêté mercredi à Shawinigan alors qu’il se trouvait en compagnie de sa conjointe qui venait de porter plainte contre lui, a comparu jeudi matin par voie téléphonique au palais de justice de Shawinigan. L’homme accusé d’agression armée contre Véronique Vennes demeurera détenu jusqu’à son retour en cour prévu mercredi prochain, le 2 septembre. 

On savait que l’homme avait des antécédents en matière de violence conjugale. Or, les enregistrements de l’audience du 3 juillet 2019, audience durant laquelle il a été condamné à 18 mois de prison pour des gestes de violence portés à l’endroit de deux de ses ex-conjointes, donnent froid dans le dos.

Dans le résumé des faits qui étaient reprochés à Hugo Tousignant à l’époque, on entend la procureure de la Couronne, Me Catherine Vincent, relater plusieurs gestes commis à l’endroit de ces femmes, qui ont finalement porté plainte contre lui. Au printemps 2018, à Drummondville, l’une d’elles avait tenté de mettre fin à la relation qu’elle entretenait avec Tousignant depuis quelques mois, ce qui lui a valu une série de textos menaçants, au point où elle a craint pour sa vie et celle de ses deux enfants, qu’elle avait eus d’une union précédente. «Je vais t’ouvrir du trou de cul jusqu’à la tête, grosse vache», lui avait notamment écrit Tousignant.

Par ailleurs, une seconde victime, cette fois à Shawinigan, avait porté plainte contre lui en avril 2019, à la suite de plusieurs événements. On relate notamment que Tousignant s’en serait pris à elle après qu’elle eut refusé de lui prêter son véhicule parce qu’elle en avait besoin pour aller travailler. L’accusé s’était alors rendu à son domicile, avait coupé la ligne téléphonique et causé des méfaits un peu partout, avant de la menacer avec un bâton de baseball.

Lors de sa comparution par téléphone, Hugo Tousignant se trouvait toujours au poste de police de Shawinigan. Il a par la suite été transféré vers la prison.

Quelques mois plus tard, toujours en relation avec cette femme, il serait entré chez elle par effraction après une dispute et l’aurait frappée, rentrée dans le mur et séquestrée en sous-vêtements, le temps qu’il vérifie le téléphone de cette dernière. «C’est à soir que je te passe», avait-il déclaré à cette ex-conjointe, avant de s’excuser et de vouloir embrasser les blessures qu’elle avait sur les bras.

Hugo Tousignant avait reconnu les faits lors de cette audience, et avait été condamné à une peine de 18 mois de prison, assorti d’une probation de deux ans avec suivi. Il avait mentionné à la juge être désolé, vouloir passer à autre chose et vouloir bénéficier des services qui allaient lui être offerts en prison.

Tousignant avait également des antécédents criminels en matière de vols dans des commerces et des institutions financières, des délits pour lesquels il avait été condamné à 39 mois de pénitencier en 2016.

Détenu pour ces deux histoires de violence conjugale, Hugo Tousignant avait été libéré sous conditions en avril dernier, et était sous le coup d’une probation pour laquelle il devait garder la paix, avoir une bonne conduite et ne pas posséder tout type d’arme pendant 10 ans.

Détenu

Rappelons que l’homme s’en serait pris à sa conjointe Véronique Vennes samedi soir, à l’aide d’une arme à plombs dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides. Il aurait par la suite pris la fuite et une plainte a été déposée contre lui. Or, lundi, Véronique Vennes a été portée manquante par des proches et un avis de recherche a été lancé afin de la retrouver, alors qu’on craignait pour sa sécurité. Le couple a finalement été retrouvé mercredi matin à proximité de l’île Marchesseault, où ils s’étaient réfugiés. Hugo Tousignant a été placé en état d’arrestation.

Jeudi matin, il a brièvement comparu par téléphone devant le juge Jacques Rioux. Il fait face à des accusations de voies de fait, voies de fait armées, méfaits sur un véhicule et bris de conditions. 

La procureure Me Marie-Ève Patry s’est objectée à sa remise en liberté, compte tenu de la gravité des accusations et de ses nombreux antécédents judiciaires. L’accusé, représenté par Me Jean-Sébastien Gladu, reviendra en cour mercredi à Shawinigan pour son enquête sur remise en liberté.