Mario Lemery a été réintégré à la présidence de Hockey Outaouais.

Cellule de gestion de crise imposée à Hockey Outaouais

Des canaux de communication déficients ont exposé des centaines de hockeyeurs entre les mains d’un présumé prédateur sexuel pendant au moins trois semaines en Outaouais au mois d’octobre, mais devant son incapacité à identifier la source du problème, Hockey Québec a réinstauré Mario Lemery dans son rôle de président de Hockey Outaouais vendredi.

Ce dernier avait été suspendu de ses fonctions en attendant le résultat d’une enquête de Hockey Québec. Même si le leadership de Mario Lemery a été contesté dans sa façon de gérer l’épineux dossier d’un entraîneur suspendu de la structure intégrée de l’Intrépide de Gatineau inc., la Fédération québécoise a plutôt choisi d’imposer la création d’une cellule de gestion de risque et de surveillance dans la région.

Une semaine avant de rendre cette décision, les dirigeants de Hockey Québec avaient rencontré Mario Lemery à Gatineau afin d’obtenir sa version des faits. Son organisme avait été critiqué pour avoir tardé à intervenir après la suspension d’un entraîneur de l’Intrépide midget AAA pendant que l’équipe était en route vers Rivière-du-Loup le 6 octobre dernier.

Cet entraîneur avait été mis à la porte de l’autobus parce que l’équipe le soupçonnait d’inconduite sexuelle auprès de ses joueurs. Suspendu de toutes ses activités dans la structure de l’Intrépide, il avait pourtant continué à travailler dans des cliniques de hockey mineur de la région jusqu’à la médiatisation du scandale.

Trois plaintes auraient été portées à la police contre l’entraîneur visé, mais aucune accusation n’a encore été portée contre lui.

Depuis la suspension de M. Lemery, Hockey Québec a communiqué avec divers administrateurs bénévoles du hockey mineur en Outaouais, les responsables de la structure de l’Intrépide, la Ligue de hockey midget AAA du Québec et d’autres membres d’associations du hockey mineur.

« Après nos discussions, il a été impossible de démontrer, hors de tout doute, que Mario Lemery a manqué au code d’éthique de la Fédération », a indiqué Paul Ménard,  directeur général de Hockey Québec.

Cependant, dans l’audition du 17 novembre avec Mario Lemery, son avocat, deux membres de son conseil d’administration et une employée permanente de Hockey Outaouais, Ménard a constaté un « manque flagrant et important de communication à l’intérieur de la région, limitant la capacité de réaction des bénévoles régionaux. »

Paul Ménard a ajouté qu’il avait entendu plusieurs versions contradictoires dans son enquête.

« Le ballon a été échappé quelque part. Nous ne sommes pas parvenus à savoir où, mais ce n’est pas normal que ça prenne trois semaines pour agir et que des actions soient prises », a ajouté Paul Ménard.

Dans sa rencontre, Mario Lemery a affirmé avoir pris connaissance de la nature des allégations qui pesait sur l’entraîneur seulement le 3 novembre, ce qui entre pourtant en contradiction avec l’entrevue accordée par le vice-président de Hockey Outaouais Albert Renaud au 104,7 FM à la fin du mois d’octobre.

Afin d’éviter une répétition du scénario, Hockey Québec imposera un comité de gestion de risque et de surveillance qui devra être mis en place avant les Fêtes. Il devra comprendre un membre de l’équipe midget AAA ou de sa structure intégrée, un membre du conseil d’administration de Hockey Outaouais, un membre d’une association de hockey mineur de la région, deux parents qui ont un enfant dans une équipe régionale et le relationniste qui sera embauché par Hockey Outaouais.

« Nous avons réalisé que les bénévoles sont désarmés dans une situation inhabituelle comme celle-ci. Il y a eu de la confusion par rapport aux allégations alors que depuis plusieurs années, on demande à nos organisations de nous rapporter immédiatement ce genre de problématique. Nous voulons que ça devienne un réflexe parce que nous sommes mieux outillés pour intervenir et guider les gens », a conclu M. Ménard.