Le maire de Québec Régis Labeaume s’interroge sur le réel besoin économique pour les Hurons-Wendat de passer par un casino pour augmenter leurs revenus.

Casino privé à Québec: «Je trouve ça dangereux», dit Labeaume [VIDÉO]

«Je le souhaite du fond de mon cœur que ça n’arrive pas. Je trouve ça dangereux. Je trouve ça inutile.»

Le maire Régis Labeaume promet une farouche opposition à tout projet de casino privé de la nation huronne-wendat. Il a précisé sa pensée lundi sur les raisons de ses craintes même si vendredi, le grand chef Konrad Sioui réfutait l’information parue le matin même selon laquelle il voudrait construire un casino à Sainte-Foy, advenant que le fédéral lui cède les terrains vacants de la Défense nationale sur le boulevard Hochelaga.

«Depuis le début, j’anticipe ce problème potentiel là, reconnaît le maire. Konrad est très intègre, mais je ne connais pas les suivants [ses successeurs]. Je ne suis pas sûr. Je ne suis plus sûr. S’il y a un prochain chef, qu’est-ce qu’il va penser? On n’a pas le goût de prendre de chance. La meilleure garantie que ça n’existe pas c’est de mettre la main dessus», indique celui dont l’administration convoite aussi les terrains.

Plus encore, M. Labeaume rejette l’idée même d’un casino privé, même s’il était situé sur les terres autochtones. Il craint notamment les problèmes de criminalité qui pourraient en découler. «Wendake peut faire ce qu’il veut sur son territoire. Mais je m’opposerai toujours à tout casino privé ou géré par les communautés. Je vais dire à la population de Wendake de dire non parce que je ne comprends pas la nécessité. En plus, on va ramasser les dommages collatéraux. Wendake n’est pas équipé pour ça.»

Le maire s’interroge sur le réel besoin économique pour les Hurons-Wendat de passer par un casino pour augmenter leurs revenus. «On en veut toujours plus, c’est sûr. Mais les autochtones qui sont dans la misère, ils ne sont pas à Wendake. Je connais les problèmes de Maliotenam près de Sept-Îles et des Innus Naskapi à Schefferville. Ce n’est pas ce qui est vécu ici», soutient-il.

Régis Labeaume compte bien discuter du sujet lors d’une éventuelle rencontre avec M. Sioui. «Je trouve ça très délicat. J’ai dit à Konrad qu’il y a une acceptabilité sociale à obtenir. Tout projet de casino doit être géré par Loto-Québec. Un casino privé, c’est le pire des moyens de réconciliation. On est un exemple de bonne entente. Pourquoi créer une brèche là-dedans», conclut le maire. 

Sioui n’a plus d’allié

Le grand Chef Konrad Sioui persiste avoir été mal cité dans l’article initial du Journal de Québec. «Tout le monde connaît notre plan de développement pour les terrains de Sainte-Foy. C’est du résidentiel, du logement social et du commercial. Il n’a jamais été question d’un casino», soutient-il.

Dans ce contexte, il estime que le maire Labeaume tente de le discréditer pour faire bonne figure auprès du fédéral. «S’il veut mettre la main sur ces terrains pour obtenir plus de taxes qu’il le dise clairement. Je pense que je n’ai plus d’allié», se désole M. Sioui, en parlant du maire de Québec.

Lightbound contre

Le député sortant dans Louis-Hébert et candidat libéral, Joël Lightbound, partage l’avis du maire quant à son refus de voir poindre un casino à Sainte-Foy. «Il est hors de question. Ça n’a d’ailleurs jamais fait partie des discussions avec la nation huronne-wendat ou tout autre groupe. Je suis heureux des explications du grand chef après la parution de l’article», a-t-il commenté. Mis à part les Hurons, la communauté innue de Mashteuiatsh au Lac-Saint-Jean revendique aussi ces terrains.

«Avant d’octroyer ces terrains à un des groupes intéressés, on va avoir des garanties que ça respecte le plan particulier d’urbanisme. Nous, on priorise l’habitation, le logement social», ajoute-t-il encore, soulignant que le processus de cession en est encore à ses tout débuts.