Depuis plusieurs semaines, de nombreux campeurs clandestins se sont installés sur les plages gaspésiennes.  
Depuis plusieurs semaines, de nombreux campeurs clandestins se sont installés sur les plages gaspésiennes.  

Camping sauvage en Gaspésie : Grande-Rivière établit un camping de débordement 

Afin d’éviter de voir la crise du camping sauvage empirer, la Ville de Grande-Rivière a décidé de transformer un terrain vague en camping de débordement. La Ville veut agir en amont pour ne pas perdre le contrôle de ses plages et des terrains municipaux.

Installé en bordure d’un terrain de sport, le terrain aménagé pour les campeurs a une capacité de 30 tentes ou petits véhicules récréatifs. «Il y avait une demande avec l’explosion du tourisme en Gaspésie cette année, explique le directeur général de la ville, Kent Moreau. On veut donner une alternative aux campeurs qui n’ont pas pu faire de réservation».

Si le site tombe à point cet été, alors que la Gaspésie est plus prisée que jamais, le terrain de camping de débordement de la municipalité n’est pas là pour rester. Grande-Rivière souhaite exploiter l’endroit uniquement lors de la haute-saison touristique, et seulement si les campings privés avoisinants sont au maximum de leur capacité. «C’est un site de débordement. On n’est absolument pas là pour venir en concurrence déloyale avec nos campings qui sont là depuis des années», explique M. Moreau.

Chaque matin, la municipalité s’assure que les campings privés sur son territoire n’ont pas de place disponible pour des campeurs avant d’accepter des visiteurs sur le site de débordement. «S’il y a une place dans un “vrai’’ camping, on va envoyer les gens là-bas. C’est beaucoup plus agréable qu’ici où il n’y a pas de service», note le directeur général.

Pour éviter les désagréments liés au camping sauvage, le service d’incendie de Grande-Rivière patrouille les différents lieux les plus susceptibles de servir de terrains de camping improvisés, comme les plages ou les abords de la rivière. Les voyageurs qui se retrouvent sans endroit où dormir ou qui se font interpeller sur les plages sont donc invités à se rendre sur le terrain aménagé pour y passer la nuit pour une quinzaine de dollars. Tout l’argent amassé sera redistribué à La Fabrique Grande-Rivière, un organisme communautaire.

Avec les locaux

Depuis de nombreuses années, la Ville de Grande-Rivière peut compter sur le soutien de certains propriétaires qui acceptent que les touristes arpentent certaines parties de leurs terrains, par exemple les plages, au cours de la journée.

Voyant que cette collaboration était de plus en plus fragile, notamment à cause de quelques événements malheureux au fil des ans, la Ville a décidé de mettre les bouchées doubles afin de s’assurer que tout se passe bien entre voyageurs et locaux. «On veut réduire au maximum les chances de dérapages, surtout quand c’est chez un particulier qui a la gentillesse de prêter son terrain», dit M. Moreau.

Pour ce faire, chaque printemps, l’équipe municipale installe de la signalisation ainsi que certains éléments de villégiature — bancs, tables et toilettes — sur ces espaces prisés. La ville organise aussi une journée de corvée où les employés municipaux enlèvent le bois des plages prêtées pour décourager les visiteurs d’y passer la soirée autour d’un feu. «Ça marche assez bien, les gens sont respectueux, et quand on a un problème, on peut rapidement le régler», se réjouit Kent Moreau.

«On a beaucoup de touristes cette année, on n’avait jamais vu ça venir. Il faut le voir comme une opportunité, pas un problème», conclut M. Moreau.