Blocus des chemins de fer: Produits forestiers Résolu met 167 travailleurs à pied à Dolbeau

La papetière Produits forestiers Résolu (PFR) va mettre temporairement 167 travailleurs à pied à son usine de Dolbeau en raison de son incapacité à expédier sa production aux différents clients en Amérique du Nord qu’elle dessert habituellement par le chemin de fer du Canadien National (CN).

Le porte-parole de l’entreprise, Karl Blackburn, a confirmé l’information au Quotidien, mercredi. L’entreprise a évalué la situation de son usine et fait surtout face à un problème d’entreposage du papier, en raison de la crise ferroviaire au pays.

« Nos entrepôts de Dolbeau sont pleins et il n’y a pas d’autre solution que de procéder à une fermeture temporaire de nos installations, a indiqué M. Blackburn. Nous avons informé nos travailleurs de la décision au cours des dernières heures. »

L’entreprise n’est pas en mesure pour le moment de déterminer la durée de la fermeture de l’usine. Les services logistiques de Résolu évaluent en général qu’il faut deux journées pour récupérer un arrêt d’un jour du réseau du CN. Il ne faut toutefois pas conclure que la fermeture de l’usine pourrait durer 40 jours. Résolu travaille étroitement avec le CN afin de s’assurer d’un retour à la normale le plus rapidement possible.

La fermeture de Dolbeau s’ajoute à celle de trois scieries dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue. Ces fermetures ont déjà entraîné la mise à pied de 200 travailleurs. Ces scieries ont été fermées pour les mêmes raisons que la papeterie de Dolbeau. 

L’industrie des pâtes et papiers est l’un des principaux utilisateurs du réseau du CN pour ses exportations vers les États-Unis et à l’intérieur du Canada.

Scieries

Résolu n’a toujours pas annoncé de fermeture pour ses usines de sciage au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le porte-parole Karl Blackburn explique que les cours des scieries sont pleines et que l’entreprise doit tenir compte de certains facteurs dans la gestion des installations.

Les usines de sciage produisent des copeaux. Ces copeaux sont dirigés vers les usines de papier, et surtout l’usine de pâte kraft de Saint-Félicien. Résolu ne peut pas se permettre une pénurie de copeaux dans les procédés de fabrication de ses usines de pâtes et papiers.

Le porte-parole de l’entreprise affirme que la situation est évaluée chaque jour. Pour PFR, comme pour les autres producteurs de bois d’œuvre, cette situation a des impacts sur les liquidités de l’entreprise. Le bois qui n’est pas expédié chez les clients n’est pas payé. L’entreprise doit donc supporter un inventaire important dans les cours de ses scieries.

D’autre part, la papetière Résolu a développé, au cours des dernières années, des partenariats avec plusieurs communautés autochtones en Ontario et au Québec. Selon Karl Blackburn, l’entreprise compte sur ses partenariats et espère une solution rapide du conflit en cours.

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BRUNELLE-DUCEPPE «EN BEAU MAUDIT»

Le député bloquiste de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, a vivement réagi à la fermeture de la papeterie de Dolbeau provoquée par la paralysie du réseau ferroviaire canadien.

« Je suis en beau maudit. C’est à cause de la nonchalance du premier ministre depuis le début de la crise qu’on se retrouve là aujourd’hui. Personne ne bouge et nous sommes les seuls, au Bloc québécois, qui proposent une solution concrète et pacifique. En ce moment, seul Yves-François Blanchet ressort comme un vrai chef d’État dans cette affaire, pendant que les conservateurs entretiennent un discours va-t-en-guerre irresponsable », a déclaré le député dans un communiqué.

Au cours d’un entretien téléphonique, Alexis Brunelle-Duceppe a ironisé sur le fait que le seul leader politique qui se distinguait aux Communes était son chef Yves-François Blanchet. Selon le député, le chef de la formation souverainiste a présenté une solution qui a été saluée partout et qui permettrait de calmer le jeu, en plus de donner du temps à la négociation.

M. Blanchet a proposé la suspension temporaire des travaux de construction du gazoduc Coastal GasLink, « en échange de quoi on pourrait demander en toute légitimité aux gens des Premières Nations de lever les différentes barricades ».

« On voit bien que la solution proposée par le Parti conservateur d’envoyer les policiers n’a fait qu’empirer les choses avec la multiplication des points de blocage partout. »

Le député de Lac-Saint-Jean déplore surtout que les gens de la classe moyenne écopent pour cette crise, laquelle a des effets dans les régions avec des arrêts de production dans les usines.

« Il nous parle toujours de la classe moyenne, mais il ne la comprend pas : quand une voie ferrée est bloquée assez longtemps pour fermer une papeterie, ça veut dire des mises à pied et des familles qui n’ont plus de revenus. C’est ça, le résultat de leur inaction », plaide le député.