Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, était de passage à Arvida, au Saguenay, dans le cadre de sa tournée régionale. Les députés bloquistes de Lac-Saint-Jean et de Jonquière, Alexis Brunelle-Duceppe et Mario Simard, l’accompagnaient en point de presse.
Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, était de passage à Arvida, au Saguenay, dans le cadre de sa tournée régionale. Les députés bloquistes de Lac-Saint-Jean et de Jonquière, Alexis Brunelle-Duceppe et Mario Simard, l’accompagnaient en point de presse.

Blanchet propose un fonds sectoriel pour la transformation de l'aluminium

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, propose la création par Ottawa d’un fonds sectoriel pour soutenir les projets de deuxième et troisième transformation de l’aluminium.

Yves-François Blanchet est revenu sur la proposition formulée vendredi par les députés bloquistes de Jonquière et de Lac-Saint-Jean, Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe, lors de la poursuite de sa tournée régionale mercredi à Saguenay.

Le financement du fonds proviendrait du «résiduel des tarifs» tiré des représailles tarifaires d’Ottawa imposées en 2018, en réplique aux premiers tarifs douaniers américains imposés sur l’aluminium et l’acier canadiens.

Il estime que le solde résiduel des tarifs punitifs dépasse les 200 M$ sur les quelque 1,2 G$ perçus qu’Ottawa avait promis de retourner à l’industrie. «On nous dit à peu près 200 M$, mais dans le milliard qui aurait été engagé, il y aurait notamment des prêts», a-t-il soutenu, lors d’un point de presse tenu au Carré Davis, à Arvida, en compagnie des deux députés bloquistes régionaux.

«On veut au moins que le gouvernement découvre le sens du mot transparence et nous donne un portait réel de ce qui est arrivé avec cet argent-là et combien il en reste», a de nouveau réclamé le chef bloquiste.

Il ne s’agit pas de la première demande des bloquistes formulée en ce sens à Ottawa dans les dernières années. Le parti a cependant décidé de miser dans son approche sur la transformation, au fil de ses discussions avec des acteurs de l’industrie.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, est ici accompagné des députés bloquistes de Lac-Saint-Jean et de Jonquière, Alexis Brunelle-Duceppe et Mario Simard.

«Tout ce qui se transforme sur le territoire québécois est moins vulnérable aux marchés internationaux et aux interventions intempestives du président américain ou de quiconque», a affirmé M. Blanchet, au sortir d’une rencontre avec des intervenants de l’industrie.

Soutenir la recherche et les projets

Ce fonds sectoriel permettrait de soutenir la recherche ainsi que les projets et entreprises en transformation de l’aluminium. Il serait dédié aux grappes en deuxième et troisième transformation.

Le chef bloquiste se dit ouvert dans sa réflexion à ce qu’un tel fonds puisse également soutenir des projets d’aluminium «vert», comme le projet de production d’aluminium carboneutre Elysis, dont le centre de recherche est situé à Arvida.

Les sommes réclamées pour un tel fonds seraient suffisantes pour donner l’impulsion nécessaire à certains projets, estime-t-il. «Des projets qui ont besoin de 5, 15 ou 32 M$, il y en a, il y en a beaucoup. Pour de toutes petites institutions de développement économique, ce sont des sommes qui ne sont pas envisageables.»

Un fonds sectoriel aurait selon lui un effet semblable au fonds de diversification économique lancé par le Parti québécois après la fermeture de la centrale nucléaire de Gentilly, alors qu’il était ministre de l’Environnement sous le gouvernement Marois.

«On va juger l’arbre à ses fruits»

Le chef bloquiste a par ailleurs accueilli avec un léger sourire en coin la nomination du député de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, comme lieutenant québécois du Parti conservateur.

«Je le félicite, et je dirais sans ironie que je nous en félicite aussi, on est quasiment contents», a-t-il laissé tomber lorsque questionné à ce sujet en point de presse.

«On va juger l’arbre à ses fruits», s’est-il contenté d’ajouter.