« Un bébé qui pleure, même s’il pleure jusqu’à s’époumoner, ne sera jamais en danger s’il est dans un lit. Il ne va pas en mourir », assure Gaëlle Simon, chef de l’unité de néonatalogie au CHUS.

Bébés secoués: la colère doit lancer un signal d’alarme

Que doit-on faire quand un bébé pleure et pleure sans cesse et que ses parents, épuisés, se sentent à bout de ressources? Avant d’en arriver à poser un geste comme celui de secouer son bébé, il existe des solutions pour soulager les parents lorsqu’ils sentent monter la colère en eux.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS s’affaire depuis deux ans à prévenir ce genre de drame en offrant une formation aux parents qui viennent de donner naissance à un poupon — même s’il ne s’agit pas de leur premier bébé.

La formation se décline en trois fiches offertes aux parents dans le cadre d’une formation qui se veut axée sur les explications et l’éducation. La première fiche explique les pleurs de bébé. La seconde : la colère des parents. La troisième : le syndrome du bébé secoué.

« Au départ, on parle des moyens à mettre en place quand le bébé pleure. Les pleurs sont le langage du bébé, mais ça prend quand même du temps aux parents pour apprendre à décoder ce que signifient les pleurs », explique Gaëlle Simon, chef de l’unité de néonatalogie au CHUS.

Ensuite, on leur parle de la colère qui monte chez les parents. « Car ce n’est pas vrai qu’on est calme et qu’on va secouer son bébé la seconde d’après. Il y a un crescendo. La colère monte parce qu’on est fatigués, parce qu’on est épuisés, parce qu’on n’a pas de relais », soutient Mme Simon.

Un père de 19 ans est accusé d'avoir secoué son bébé à Sherbrooke.

La présence de la colère doit être prise comme un signal d’alarme.

« Quand la colère monte, il faut mettre en place des moyens pour sécuriser son enfant », ajoute la chef de l’unité de néonatalogie.

« La première chose à faire, c’est d’aller déposer le bébé dans son lit, les barreaux relevés, et de quitter la pièce. Un bébé qui pleure, même s’il pleure jusqu’à s’époumoner, ne sera jamais en danger s’il est dans un lit. C’est important de savoir qu’il ne va pas en mourir », tient à préciser Mme Simon.

Ensuite, le parent doit retrouver son calme. À chacun de trouver les façons qui l’aideront le plus.

« On conseille de prendre une douche, de boire un grand verre d’eau, d’écouter de la musique et surtout, d’appeler un proche ou un ami pour demander de l’aide. Il y a aussi la ligne Info-Parents (1 800 361-5085) disponible en tout temps pour les gens qui ont besoin de parler sans se sentir jugés », cite en exemples Gaëlle Simon.

Mme Simon conseille aux proches de jeunes parents qui se sentent épuisés de leur offrir de l’aide sans porter de jugement. « Les commentaires comme “voyons, moi j’ai eu trois enfants et je m’en suis sortie”, ce n’est pas aidant. Les parents se sentent souvent jugés quand ils demandent de l’aide. »

Il n’existe pas de statistiques sur le nombre de parents qui secouent leur bébé. Il n’y a pas non plus de prévalence entre le nombre de pères et de mères qui posent ce geste. « Qu’on soit un homme ou une femme, la fatigue est identique », souligne Mme Simon.