Le centre désigné de dépistage (CDD) de Sherbrooke, qui est situé au 500, rue Murray, accueille de nombreux enfants chaque jour depuis environ deux semaines.
Le centre désigné de dépistage (CDD) de Sherbrooke, qui est situé au 500, rue Murray, accueille de nombreux enfants chaque jour depuis environ deux semaines.

Beaucoup d’enfants fiévreux à cause d’un «simple rhinovirus»

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Un virus de la famille des rhinovirus circule en ce moment dans les camps de jour et les milieux de garde du Québec. Ce virus, un « simple rhume », cause de la fièvre et des maux de gorge importants aux enfants, à leurs parents et aux adultes qui prennent soin d’eux. Résultat : les enfants et leurs proches se rendent en grand nombre dans les centres désignés de dépistage (CDD) pour se faire dépister pour le coronavirus.

Au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, on a d’ailleurs remarqué au cours de la dernière semaine une affluence beaucoup plus élevée d’enfants venus passer le test de la COVID-19. Même chose à l’Hôpital Sainte-Justine de Montréal.

Le CHUS Sainte-Justine a effectué des tests supplémentaires sur des gens malades négatifs à la COVID-19 afin de savoir à quel virus les enfants – et leurs proches – avaient affaire. Résultat : un virus de la famille des rhinovirus.

« On voit la présence de ce virus depuis deux ou trois semaines, depuis la réouverture des camps de jour en fait. C’est un simple rhinovirus », indique la Dre Caroline Quach, pédiatre, microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine à Montréal.

« Ce n’est pas surprenant de voir un rhinovirus circuler en ce moment, c’est un virus d’été », mentionne-t-elle.

Les jeunes Québécois profitent généralement d’un répit pendant la période estivale et sont moins malades. « C’est le cas quand il y a eu de l’école durant l’hiver. Ici à Montréal, les enfants ne sont pas retournés en classe depuis le mois de mars, alors il n’y a eu aucun échange de virus pendant tout l’hiver. Maintenant que les camps de jour sont rouverts et qu’il y a une augmentation des contacts, ce n’est pas surprenant de voir un rhinovirus circuler », soutient l’infectiologue du CHU Sainte-Justine.

Les différentes mesures mises en place dans les services de garde et les camps de jour, comme l’hygiène des mains, la distanciation physique et le port du masque, ne sont donc pas suffisantes pour freiner la propagation de ce virus du rhume. Est-ce que cela inquiète l’infectiologue pédiatrique? « C’est sûr que c’est embêtant, mais bon, c’est un rhume, c’est la vie, ça circule ces virus-là », indique-t-elle.

La Dre Caroline Quach suit évidemment ce qui se passe ailleurs dans le monde. L’Australie est maintenant plongée en hiver et vit le début de la saison de l’influenza. « Ils ont peu de cas de COVID et d’influenza en Australie, mais les mesures n’ont rien changé à la transmission des rhinovirus », explique-t-elle.

Ce rhinovirus a la particularité de probablement très bien survivre sur les surfaces, y compris en pleine chaleur, ce qui le rendrait particulièrement contagieux.

« Les décisions de la Santé publique de fermer les parcs et les espaces de jeux, durant le confinement, étaient basées sur des données de transmission du rhinovirus », met-elle en contexte.

« Probablement que des mesures d’hygiène des mains encore plus strictes pourraient faire une différence, mais bon, on ne se lave pas les mains non plus aux trois secondes. Les enfants portent souvent leurs mains à la bouche en plus », indique la Dre Caroline Quach.

La Dre Quash rappelle que la COVID-19 n’a pas de symptômes spécifiques et qu’il est absolument nécessaire de passer le test de dépistage pour s’assurer que l’on n’est pas infecté par ce nouveau type de coronavirus.

La Santé publique demande aux parents de cesser d’envoyer leurs enfants dans les services de garde et les camps de jour s’ils font de la fièvre ou qu’ils ont mal à la gorge. Après un résultat négatif de COVID-19, et quand la fièvre est tombée, les enfants peuvent retourner jouer avec leurs amis même si le nez coule toujours. 

Depuis le début de la pandémie, les enfants de 0 à 9 ans représentent 5 % des cas positifs confirmés, et 7 % des cas confirmés sont des jeunes de 10 à 19 ans. Aucun enfant de 0 à 19 ans n’a toutefois été hospitalisé ou n’est décédé des complications de la maladie.