Des immeubles à logements en construction à Gatineau.

Bâtiments verts à Gatineau: l’industrie de la construction se tourne vers les tribunaux

L’industrie de la construction de l’Outaouais n’a toujours pas digéré l’imposition par la Ville de Gatineau de nouveaux règlements  pour favoriser la construction de bâtiments plus verts et durables.

L’Association de la construction du Québec (ACQ) a convoqué les médias pour une conférence de presse, mardi, au cours de laquelle elle expliquera sa décision de se tourner vers les tribunaux pour tenter de faire reculer la Ville dans ce dossier. L’industrie conteste la façon dont les nouveaux règlements ont été adoptés par le conseil il y a quelques semaines. 

L’entrepreneur Sylvain Bertrand, de BBL Construction, a déposé, vendredi, une demande en pourvoi judiciaire et une demande de sursis devant la Cour supérieure du Québec. L’ACQ a également déposé un avis de contestation de la conformité des nouveaux règlements de la Ville à la Commission municipale du Québec. 

En vertu du nouveau règlement adopté par une forte majorité au conseil, le 21 janvier dernier, toute construction d’une superficie de 2000 m2 et plus devra prévoir un minimum de 20 % de toit végétal. Les stationnements de plus de 20 cases devront être alvéolés ou comprendre des mesures de perméabilité pour l’eau de pluie et avoir une canopée de 40 %. Les cours d’école devront comprendre beaucoup plus de verdure et les nouvelles maisons et les multilogements devront être munis de bornes de recharge pour les voitures électriques. 

Sur quelque 90 000 bâtiments déjà construits à Gatineau, la nouvelle réglementation, si elle avait été en application, n’aurait touché que 367 d’entre eux. 

L’industrie de la construction a dénoncé à maintes reprises au cours des derniers mois des manquements dans l’exercice de consultation de la Ville dans ce dossier. La présidente de la commission sur le développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement (CDTHE), Maude Marquis-Bissonnette, n’a cependant jamais cessé de marteler que l’industrie avait été consultée.

Elle affirmait, en janvier dernier, qu’elle était prête à maintenir un dialogue avec l’industrie de la construction, mais qu’il n’était pas question pour la Ville de faire marche arrière.