Baseball majeur: il faudra s'adapter au son du silence dans les stades

Tim Booth
Associated Press
Depuis la mise en pause des ligues majeures, Tom Murphy, receveur des Mariners, publie sur Instagram des entraînements à partir de chez lui, dans le nord de l'État de New York. Rester en forme est une priorité, mais Murphy pense également à l'avenir. Si les équipes doivent jouer dans des stades vides, la stratégie du jeu pourrait devoir changer.

«Ça va apporter un nouvel aspect aux matchs», a résumé Murphy.

On pourrait décrire ce nouvel élément comme le son du silence.

Le «crac» du bâton et le «pop» du gant, échos riches et profonds, évoquent la nostalgie. Ne jouer que devant famille et amis, au baseball mineur. Ou un peu plus vieux, quand le bruit principal au stade était le contact de l'aluminium sur la balle, ou l'emportement d'un parent un peu trop zélé.

Pour les pros, un stade calme annonce une atmosphère très différente.

«Ça va être bizarre, c'est sûr. Très bizarre. Nous sommes tellement habitués à avoir des partisans dans les gradins, a dit le gérant des Nationals, Davey Martinez. Je suis dans le baseball professionnel depuis 1983. Ce sera une première mais si la saison démarre, ça va faire partie du jeu.»

Normalement, il y a le murmure général de la foule. La musique dans le stade. La clameur du public, après un jeu excitant ou un point marqué.

Murphy pense aussi à ce qu'un frappeur pourrait entendre, à quelques centimètres d'où le receveur prend place.

Le mouvement subtil pour donner une cible ou essayer d'avoir un appel favorable de l'arbitre - des éléments essentiels au succès, pour un artilleur. Les mouvements seront-ils trop faciles à déceler?

«Je ne pense pas que les gens aient beaucoup pensé à ça, a dit Murphy. Ça me trotte dans la tête. Je me demande à quel point on ne pourra plus autant dissimuler ces choses-là.»

Les discussions sans filtre du passé, sur le terrain ou dans l'abri, pourraient être audibles.

Vu le langage qui peut être utilisé, certaines remarques ou conversations auront besoin d'un éditeur en studio, d'un délai de plusieurs secondes ou d'un bouton «silence».

«Il faudra être très prudents quand on parle fort et pendant qu'on s'adresse aux arbitres, a dit le gérant des Pirates, Derek Shelton. Tout le monde pourra entendre.»