Durant le temps des Fêtes et lors de la production des impôts, il y a une hausse marquée du nombre de fraudes.

Avant les Fêtes, les fraudeurs s'activent

Ça recommence! Le temps des Fêtes arrive, les fraudeurs s’activent. Des membres d’institutions financières, entre autres chez le Mouvement Desjardins et la Banque de Montréal, ont reçu au cours des derniers jours par messagerie texte des informations indiquant que leur compte bancaire avait été bloqué.

Dans l’une des missives au nom de Desjardins, les arnaqueurs invitent les victimes à accéder à un faux compte sur une plateforme similaire à celle d’AccèsD afin de régler le problème. Les différences entre la reproduction de l’interface du portail et le site transactionnel de la coopérative sont très minimes. Il y a entre autres la couleur de certains caractères et les liens qui sont inactifs. Il est toutefois facile de s’y méprendre, car chaque année des millions de dollars s’envolent vers l’étranger.

D’ailleurs, devant l’augmentation du nombre de tentatives d’hameçonnage des derniers jours, Desjardins a émis vendredi dernier un avertissement sur les réseaux sociaux afin de sensibiliser ses membres.

«Les gens sont plus fébriles durant le temps des Fêtes. C’est une période où il y a beaucoup plus de transactions. Les gens ont besoin d’avoir accès à leurs fonds. Le blocage, même hypothétique, d’un compte bancaire entraîne une réaction. D’un point de vue psychologique, il s’agit d’un bon timing», explique au Soleil le président de la compagnie de sécurité Sirco, Claude Sarrazin. Ce dernier traque depuis 1992 avec son équipe les fraudeurs du Web à travers la planète. Il a entre autres, au cours des dernières années, retracé jusqu’en Israël un arnaqueur qui sévissait au Canada. 

L’expert en sécurité rappelle que le Mouvement Desjardins et plusieurs autres banques à travers la province avaient été victimes d’une fraude similaire l’an dernier. Selon ses recherches, les arnaqueurs provenaient d’«un ancien pays de l’Union soviétique».

Chaque année, le Bureau de la concurrence et le Centre antifraude du Canada (CAFC) enregistrent des milliers de plaintes en lien avec des arnaques en ligne. Pour 2016, c’était plus de 20 000. Ce sont 40 millions $, provenant des poches de 8000 victimes, qui se sont envolés vers d’autres continents.

«Certaines périodes sont plus successibles à connaître une hausse du nombre de fraudes. C’est cyclique», indique M. Sarrazin, notamment durant le temps des Fêtes et lors de la production des impôts. «Les gens sont alors plus vulnérables à un envoi de courriel de Revenu Québec ou de l’Agence du revenu du Canada. Ils sont plus nerveux. Ils vont parfois cliquer plus rapidement sur des liens qui s’avèrent des arnaques», poursuit-il, précisant que malgré la prévention, les fraudeurs font encore beaucoup d’argent. 

Donc, si vous recevez un message texte au nom d’une institution financière et que vous doutez de la provenance, un petit coup de fil chez votre banquier avant d’ouvrir le lien pourrait éviter bien des maux de tête.

Chez Desjardins, la conseillère en prévention de la fraude, Stéphanie Gohier-Coulombe, affirme être au courant de cette situation. Elle indique que chaque jour, des responsables travaillent à faire fermer ces fausses pages.

Fausse livraison de colis

«Durant le temps des Fêtes, les gens font beaucoup d’achats en ligne et les fraudeurs le savent», souligne-t-elle, concédant que parfois «des vérifications sont effectuées par messagerie texte auprès des membres» par le Mouvement. «Par contre, nous ne les redirigeons pas vers le site transactionnel d’AccèsD et nous ne demandons pas des informations personnelles», poursuit-elle, assurant que lors d’un vol d’identité, l’établissement rembourse les sommes perdues.

Afin d’obtenir davantage de billets verts, les fraudeurs utilisent plusieurs autres stratagèmes en cette période de l’année. L’un d’eux est en lien avec les services de livraison de colis. Le fraudeur transmet alors un message au consommateur soulignant que sa commande lui a été livrée, mais qu’il n’était pas présent pour la recevoir. Il l’invite à cliquer sur un lien pour obtenir plus d’informations. 

Selon des données du Bureau de la concurrence, entre janvier 2014 et décembre 2016, on estime que les Canadiens ont perdu plus de 290 millions $ aux mains des fraudeurs. De ce nombre, près de 28 millions $ ont été récoltés dans le portefeuille de gens entre 60 et 79 ans.