Le message des deux survivants de la tuerie de la Grande Mosquée sera livré à Ottawa par Boufeldjah Benabdallah, président et cofondateur du Centre culturel islamique de Québec.

Armes à feu: des survivants de la tuerie de la Mosquée entendus à Ottawa

Deux survivants de la fusillade de la Grande Mosquée de Québec seront à Ottawa, mardi, afin de réclamer l’interdiction complète des armes d’assaut au pays.

Nizar Ghali et Mohamed Khabar ont été blessés par des balles provenant de l’arme de poing utilisée par Alexandre Bissonnette lors de l’attaque du 29 janvier 2017. Le premier a reçu un projectile à l’abdomen et l’autre vit toujours avec les conséquences de ses blessures à une jambe. 

Les deux survivants agiront comme témoins devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale, mardi à l’édifice Wellington, dans le cadre de l’étude du projet de loi C-71 modifiant certaines lois et un règlement relatifs aux armes à feu. 

Leur message sera livré par Boufeldjah Benabdallah, président et cofondateur du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ). En entrevue au Soleil lundi, ce dernier a rappelé qu’Alexandre Bissonnette avait en sa possession une carabine semi-automatique CSA-VZ58 de calibre .223. L’arme s’est enrayée avant le drame qui a fait six morts, forçant le tireur à utiliser un pistolet Glock 9mm. 

M. Benabdallah s’interroge encore à savoir quel aurait été le bilan si l’arme semi-automatique avait fonctionné. Il réclame maintenant une interdiction mur à mur des fusils d’assaut. «Il ne faut pas que ces armes circulent, a-t-il lancé. Les armes d’assaut doivent être retirées du marché. Ce sont des armes qui tuent des gens, elles ont été fabriquées pour tuer.»

Mohamed Khabar vit toujours avec les conséquences de ses blessures à une jambe.

M. Benabdallah estime que le projet de loi déposé par le gouvernement de Justin Trudeau, en mars, ignore complètement la question de l’accès légal aux armes d’assaut comme celle que possédait Bissonnette. 

Il souhaite également la mise en place de programmes «d’éducation civique, d’éducation sociétale, où on intéresserait les gens à ne pas s’aventurer dans ces dédales de fusil, d’entraînement en forêt ou d’en faire un sport». «Tout ce qu’on souhaite, c’est que notre société québécoise et canadienne retrouve sa quiétude», a-t-il ajouté.

Heidi Rathjen, coordonnatrice de Polysesouvient et témoin du drame de Polytechnique en 1989, figure également parmi les invités de la commission, tout comme Michel Leroux, dont le fils Thierry Leroux est mort en service, abattu par arme à feu alors qu’il effectuait une intervention policière dans la communauté autochtone de Lac-Simon en 2016.