L’entraîneur-chef de l’équipe masculine de volleyball  du Rouge et Or, Pascal Clément, et son adjoint, Gino Brousseau, semblaient bien heureux d’annoncer la venue de l’équipe nationale du Canada au PEPS.  

Après les Raptors, au tour de l’équipe nationale de volleyball de s'amener au PEPS

Après les basketteurs des Raptors de Toronto l’an dernier, ce sont les volleyeurs de l’équipe nationale qui viendront s’entraîner au PEPS de l’Université Laval du 7 au 10 mai afin de se préparer pour les Jeux olympiques de Tokyo.

L’équipe nationale reviendra à Québec pour la première fois depuis 2010, alors qu’elle y avait affronté Cuba avant le championnat mondial qui avait lieu en Italie. Maintenant classée dixième au monde, l’équipe dirigée par le Sherbrookois Glenn Hoag s’est qualifiée pour les Jeux de Tokyo après avoir pris la cinquième place aux Jeux de Rio en 2016.

Le point culminant de la visite de l’équipe nationale à l’Université Laval sera un match intraéquipe disputé devant public le 9 mai en soirée. «C’est un événement rare qui ne reviendra pas souvent. Je m’attends à ce que ça fasse salle comble», a déclaré l’entraîneur-chef de l’équipe masculine du Rouge et Or, Pascal Clément, en conférence de presse mardi.

En marge de ces entraînements, Clément et Hoag offriront aussi le 8 mai au PEPS une conférence axée sur les défis de la gestion d’une équipe sportive en 2020.

Grâce à Brousseau

La présence dans le personnel d’entraîneurs de l’équipe canadienne de l’adjoint de Clément, Gino Brousseau, qui prendra l’an prochain la relève comme entraîneur-chef du Rouge et Or, n’est d’ailleurs pas étrangère à cette visite.

«C’est une belle opportunité pour l’équipe nationale de faire un peu de promotion, de montrer le niveau de nos joueurs, qui évoluent tous dans les rangs professionnels. Les amateurs verront du jeu spectaculaire, de la vitesse dans les attaques, les services, les blocs», indique Brousseau à propos de l’escouade canadienne dont les joueurs s’alignent avec des équipes d’Europe, d’Asie et d’Afrique.

Le séjour à Québec servira aussi de préparation à Équipe Canada pour les tournois de la Volleyball Nations League (VNL) qui auront lieu à Pittsburgh, en Italie, en Slovénie, au Japon et à Calgary et qui mettent en scène les équipes nationales des pays participants.

Brousseau signale que l’équipe canadienne se présentera aux Jeux olympiques avec le même noyau qu’à Rio auquel se sont greffés quelques jeunes joueurs talentueux. «Quand on se rend aux J.O., tout peut arriver, surtout avec un noyau qui a déjà participé aux Jeux. L’expérience, ça ne s’achète pas et on voit la différence quand un groupe de vétérans décide de prendre une équipe sous son aile.»

Sport à découvrir

L’entraîneur adjoint d’Équipe Canada ne cache pas non plus que la promotion du volleyball, qui demeure un sport méconnu au Canada, fait partie des objectifs de cette visite à l’Université Laval.

«Les jeunes qui aiment le basket peuvent voir les Raptors de Toronto à la télé toutes les fins de semaine. Même chose pour les amateurs de hockey, qui ont des matchs télévisés presque tous les jours. Malheureusement, le volleyball n’est pas télévisé, alors cette visite sera une occasion de leur montrer des modèles», explique-t-il.

Les spectateurs de Québec auront entre autres la chance de voir en action des joueurs spectaculaires comme le central Lucas Van Berkel, d’Edmonton, qui fait 6 pieds 11 pouces, l’attaquant-réceptionneur Nicholas Hoag, fils de l’entraîneur et unique Québécois de la formation, ainsi que l’opposé ontarien Sharone Vernon-Evans, capable de sauter à plus de 12 pieds dans les airs.

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UNE AFFAIRE DE GÉNÉTIQUE?

Selon l’entraîneur-chef du Rouge et Or de l’Université Laval Pascal Clément, le fait qu’on ne retrouve qu’un seul Québécois parmi les 16 joueurs de l’équipe canadienne de volleyball masculin pourrait être une affaire de génétique.

«C’est un facteur réel, et c’est comme ça depuis 1977... Génétiquement, il y a plus d’athlètes avec un gabarit impressionnant en Ontario et dans l’Ouest. Au Québec, génétiquement, nous avons été peuplés par des Normands et des Bretons qui ne sont pas reconnus pour être de grande taille. Dans l’Ouest, ils ont bénéficié de l’immigration de pays comme la Hollande (où la grandeur moyenne des hommes est de 5 pi 11 po)», analyse-t-il, citant entre autres le central de l’équipe nationale Daniel Jansen Van Doorn, qui fait 6 pi 10 po et dont les ancêtres proviennent des Pays-Bas.

Un seul Québécois

L’attaquant réceptionneur Nicolas Hoag, le seul Québécois d’Équipe Canada, fait 6 pi 7 po, mais il est loin d’atteindre la taille d’un Van Doorn ou de Lucas Van Berkel (6 pi 11 po), un autre volleyeur de l’Ouest au patronyme néerlandais.

Évidemment, le nombre de participants est également un facteur, selon Clément. «Il y a 12 équipes universitaires de volleyball masculin en Ontario alors qu’il y en a seulement trois au Québec, où la conférence est complétée par deux équipes des Maritimes. Oui, il y a eu des cycles où il y a eu plus d’athlètes, mais pour l’instant, la participation au sport est restée stable.»

Pascal Clément entretient cependant beaucoup d’espoir pour l’avenir avec des programmes sports-études en volleyball comme celui de l’école Cardinal-Roy. «Quand ce programme avait débuté, il y avait une quinzaine de participants. Et maintenant, il y en a 70», fait remarquer l’entraîneur-chef du Rouge et Or qui quittera son poste après 28 saisons au terme des championnats canadiens.