Le camion-restaurant traditionnel est aménagé en fonction des plats servis. Pas besoin des mêmes outils pour faire des sushis que pour se spécialiser dans la friture et les hamburgers.

Apprendre la cuisine de rue... à l’école

La mode des camions de cuisine de rue gagne le milieu de l’éducation. Le Centre de formation professionnelle Fierbourg est en train d’en aménager un pour éduquer ses cuisiniers en devenir.

«On veut toujours se tenir à jour des nouveautés, des choses qui intéressent les jeunes», explique au Soleil la gestionnaire administrative, Dominique Lessard. «Et on veut se coller toujours au besoin du marché du travail. Comme on voyait qu’il y avait un engouement pour les camions de rue, on s’est dit que ça pourrait être une bonne façon de former nos élèves pour être le plus prêts à affronter le marché du travail par la suite.»

«Je pense qu’au Québec on est le seul centre de formation professionnelle à se munir d’un camion de rue», ajoute-t-elle. Dans la région de la capitale, à tout le moins, ce sera le seul «à 100 % sûr». «On va être précurseur, innovateur.»

En fait, précisons tout de suite que ce n’est pas tout à fait un camion à proprement parler. Il existe plusieurs genres de véhicules destinés à la gastronomie extérieure. Pour des raisons pratiques, Fierbourg a opté pour une grosse remorque qui sera tractée par une camionnette. 

«Ce n’est pas un genre de camion de lait comme on est habitué de voir parce que ça prend une classe de permis particulière pour conduire ça.» Avec la remorque, élèves et professeurs n’auront qu’à emprunter une camionnette aux camarades du programme d’arboriculture et horticulture pour déplacer leur cuisine mobile.

Le «camion» de Fierbourg différera cependant quelque peu de ses congénères de même modèle. «Étant donné que c’est un food truck qui va être vraiment pédagogique […] il doit être équipé d’une façon différente qu’un food truck commercial.» 

Pourquoi? Le camion-restaurant traditionnel est aménagé en fonction des plats servis. Pas besoin des mêmes outils pour faire des sushis que pour se spécialiser dans la friture et les hamburgers, illustre-t-elle. Sauf que celui de Fierbourg devra être complet pour que les étudiants puissent toucher à tous les types de popotes réalisables dans ces cuisines au format réduit. «Ils doivent vraiment voir tout ce qui peut être fait dans un camion de rue.»

En plus, il faut être capable d’y loger environ 10 élèves à la fois pour qu’ils observent et pratiquent les techniques enseignées par les profs. 

Le véhicule sera donc «sur mesure». Notamment avec des sections qui s’étireront sur les côtés — un peu comme sur certaines caravanes de camping — pour accroître la surface de travail à l’intérieur.

Pas sur la rue

Ne vous attendez toutefois pas à croiser le resto ambulant de Fierbourg, ni à goûter à sa production. D’abord parce qu’il n’y a pas de cours l’été. 

Ensuite, parce que «ce qu’on vise, c’est beaucoup de faire des activités corporatives avec notre commission scolaire [Premières-Seigneuries]», précise Mme Lessard. «On n’ira pas sur un coin de rue pour faire des activités commerciales. On ne sera pas en compétition avec les camions de rue existants des restaurateurs de la région de Québec.»

Le centre de formation aimerait cependant offrir ses services aux restaurateurs propriétaires d’un camion-restaurant ou à ceux qui songent à en acquérir un. Ceux-ci pourraient envoyer leurs employés à l’école.

La remorque et son aménagement coûteront environ 160 000 $ auxquels s’ajoutera la facture pour la peinture extérieure, le lettrage. Elle devrait être prête en avril.