André Gauthier

André Gauthier serait extradé d’Oman vers les Émirats, selon son fils

MONTRÉAL - Le fils d’un Québécois de 65 ans accusé de fraude au Moyen-Orient soutient qu’André Gauthier est sur le point d’être extradé d’Oman vers les Émirats arabes unis, où il a été condamné à huit ans de prison.

Alexis Gauthier a indiqué mardi que son père avait quitté la prison où il était détenu à Oman et devrait être transféré mercredi à Dubaï, où il est accusé d’une fraude de 30 millions $.

La famille d’André Gauthier et ses avocats ont fait appel au premier ministre Justin Trudeau pour que le Canada le rapatrie. Ils estiment que le ressortissant canadien risque d’être victime de violations de ses droits et qu’il a peu de chances d’obtenir un procès juste et équitable aux Émirats arabes unis.

M. Gauthier affirme que son père, un expert de l’industrie minière originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, s’est impliqué dans l’entreprise Gold AE en 2013, lorsqu’il en est devenu un actionnaire minoritaire. Les problèmes de M. Gauthier auraient commencé lorsqu’il a décidé de signaler aux autorités des pratiques suspectes, après quoi il aurait fait l’objet de plaintes criminelles des actionnaires, qui ont mené à son arrestation à la fin de 2015.

Après avoir passé 18 mois en prison aux Émirats arabes unis sans être accusé, André Gauthier a été libéré, pour être ensuite formellement accusé et condamné à huit ans de prison relativement à la fraude. Ses proches soutiennent que M. Gauthier a porté le chapeau pour la fraude lorsque les véritables auteurs ont pris la fuite.

Alexis Gauthier a déclaré mardi que son père gardait le moral malgré tout et que le soutien des Canadiens l’encourageait. La famille ne renonce pas à le ramener à la maison.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré mardi matin que son gouvernement était préoccupé par le cas de M. Gauthier et qu’il continuerait à suivre le dossier, sans toutefois donner plus de détails. «On est préoccupés par tout Canadien qui se trouve en situation consulaire difficile, a-t-il dit à son arrivée au parlement. Ça fait longtemps qu’on est engagés avec lui, avec son dossier, avec sa famille, on va continuer d’être actifs à ce niveau-là pour assurer qu’on est en train de respecter les droits des Canadiens.»

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a réaffirmé mardi que son gouvernement était bien au fait du dossier depuis un certain temps et que sa secrétaire parlementaire, Pamela Goldsmith-Jones, demeurait en contact étroit avec la famille et avec les autorités d’Oman. «Nous apportons un soutien au détenu, comme nous le faisons pour tous les Canadiens», a-t-elle dit.