La Fédération des employés du préhospitalier du Québec a attribué au manque d’ambulances trois décès survenus à Québec entre le 16 et le 19 novembre.

Ambulances utilisées à 127% de leur capacité: un standard, selon Barrette

Pour le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, des véhicules ambulanciers utilisés à 127% de leur capacité, comme c’est le cas dans la Capitale-Nationale, «ce n’est pas un débordement, c’est un standard».

Le ministre Barrette a fait cette déclaration en chambre, jeudi, alors qu’il répondait à une question de la péquiste Diane Lamarre, qui lui demandait comment il pouvait accepter depuis plusieurs mois que la population de Québec «soit en danger par un manque d’ambulances, malgré les délais dramatiques et des surplus budgétaires». 

La députée de Taillon faisait référence à un classement provincial des charges de travail par zone ambulancière produit en mars 2016 par le ministère de la Santé, qui démontre une surcharge dans la région de la Capitale-Nationale, alors que les véhicules ambulanciers y sont utilisés jusqu’à 127% de leur capacité.

Le ministre a d’abord souligné qu’il pouvait arriver que «dans une période donnée, il y ait certains dépassements», mais que pour «toutes les autres zones ambulancières [on en compte 179 au Québec], on est très, très loin d’une surcharge».

Puis il a entrepris d’expliquer «la mécanique du fonctionnement» du réseau préhospitalier. «Il faut comprendre que 100%, c’est une activité ambulancière de 50% du temps. Sur une heure, ça veut dire que l’ambulance transporte des patients pendants 30 minutes. Alors, 127%, ce n’est pas un débordement, c’est une question de standard, tout simplement», a-t-il formulé.

À la députée de Taschereau, Agnès Maltais, qui expliquait que «parce qu’il n’y avait pas d’ambulance disponible, au coin de Hamel et Marie-de-l’Incarnation, un appel pour un arrêt cardiaque a pris 12 minutes et la personnes est décédée», le ministre Barrette a répondu qu’il trouvait «gênant, comme parlementaire, de faire de telles affirmations qui inquiètent inutilement la population, parce que rien ne peut indiquer une relation de cause à effet». 

Trois décès récents

La Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ) a attribué au manque d’ambulances trois décès survenus à Québec entre le 16 et le 19 novembre. Des cas qui, selon le ministre de la Santé, ont été vérifiés et pour lesquels «les protocoles ont été suivis». «Non, il n’y a pas eu de situations qui ont mis la situation des patients en danger», a-t-il dit. 

«Les documents [du Ministère de la Santé] montrent qu’il y a un réel manque de véhicules ambulanciers [à Québec]. Il est impossible de nier l’évidence: le ministère le sait depuis longtemps et rien n’a été fait», a déclaré par voie de communiqué jeudi Jean-François Gagné, représentant en relation de travail pour la FPHQ – Division Dessercom Est.