Michel Giroux et Vincent Carrières.
Michel Giroux et Vincent Carrières.

Agressions sexuelles: surprise au palais de justice de Gatineau

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Une des pires histoires de viols de femmes droguées au GHB survenue en Outaouais est si grave, «sauvage» et préoccupante que le juge qui entend l’affaire a décidé de prendre du recul avant d’accepter un règlement survenu entre la Couronne et la défense, vendredi.

L’histoire impliquant Michel Giroux et son complice Vincent Carrières a fait beaucoup de bruit depuis 2018. Ces derniers, avec deux autres jeunes hommes, sont accusés d’avoir agressé des femmes après les avoir intoxiquées à la «drogue du viol» dans le cadre de rencontres fortuites dans des bars de la région, ou après des échanges sur des applications de rencontres.

Vendredi, les accusés Giroux et Carrières ont plaidé coupable à une série de chefs d’agression sexuelle, dont certaines causant des lésions sérieuses aux femmes. Huit victimes ont d’ailleurs témoigné avec beaucoup de courage, vendredi, au palais de justice de Gatineau.

Pendant la même audience, les procureurs au dossier ont proposé au juge Gaston Paul Langevin des peines de pénitencier de 7 ans pour Michel Giroux et de 5 ans pour Vincent Carrières.

Le juge peut toujours refuser ou accepter les peines proposées. Il existe un principe qu’il doit les accepter si elles sont considérées comme étant raisonnables et négociées par des avocats expérimentés.


« Je ne suis pas prêt à accepter la proposition commune (tout de suite). Ce n’est pas comme si c’était une banale amende. »
Le juge Gaston Paul Langevin

Le juge Langevin a provoqué une certaine surprise, vendredi, en annonçant qu’il désirait prendre du recul avant de rendre sa décision finale.

«Je ne suis pas prêt à accepter la proposition commune (tout de suite), a-t-il dit. Ce n’est pas comme si c’était une banale amende.»

Ancien procureur de la Couronne, le juge Langevin a rappelé au tribunal qu’il avait déjà plaidé dans un dossier d’agression sexuelle dans lequel les accusés avaient reçu des peines de huit ans de pénitencier. Il s’agissait d’une affaire d’agression sexuelle et de passage à tabac d’une prostituée dans la région de Québec. «Mais (l’agression) n’était pas aussi sauvage qu’ici (dans le dossier actuel).»

Le juge Langevin a pris l’affaire en délibéré jusqu’au mois d’août. «Je vais réfléchir.»