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« Refuser l’entrée à quelqu’un pour ses convictions politiques, non. Refuser un événement organisé dans notre dos sans notre accord, oui », voilà ce qu’on peut lire sur la page Facebook de la Microbrasserie l’Hopera.
« Refuser l’entrée à quelqu’un pour ses convictions politiques, non. Refuser un événement organisé dans notre dos sans notre accord, oui », voilà ce qu’on peut lire sur la page Facebook de la Microbrasserie l’Hopera.

Affaire Éric Duhaime: l’Hopera remet les pendules à l’heure après une pluie d’insultes

Solveig Beaupuy
Le Quotidien
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Après l’esclandre provoqué par le refus de certains restaurateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean à recevoir un rassemblement du Parti conservateur du Québec (PCQ) et son chef, Éric Duhaime, la Microbrasserie Hopera a avoué, sur sa page Facebook, essuyer une vague massive de salissage et de messages haineux.

« Je vais te trouver et te couper la tête ! » Voilà le genre de message qu’a reçu le copropriétaire de la microbrasserie de Jonquière, Vladimir Antonoff, après avoir annoncé sur ses réseaux sociaux personnels qu’il ne cautionnait pas la venue du PCQ et de son chef dans son établissement.

Au total, près de 250 commentaires et messages haineux ont été déversés dans la boite courriel de l’entreprise, sur Messenger ou encore par téléphone à l’encontre de l’entreprise et de ses employés, avec menaces de mort et dégradations matérielles chez l’un des collaborateurs de Vladimir Antonoff.

« Je pense que les gens qui nous menacent n’ont pas bien pris le temps de comprendre nos motivations. Si Éric Duhaime veut venir manger à l’Hopera avec les membres de son parti, il n’y a aucun souci, mais nous ne voulons pas qu’il fasse un rassemblement public pour parler de politique alors que nos valeurs ne rejoignent pas les siennes », a expliqué dimanche en entrevue téléphonique le copropriétaire.

Une réservation avait été faite pour huit personnes par l’organisateur du parti dans la région, Jimmy Voyer, mais celui-ci avait omis de mentionner la venue d’Éric Duhaime et les réelles raisons de sa présence.

« Ils ont organisé cet événement de rencontre militante sans nous prévenir ! L’Hopera est un lieu public, certes, mais ça reste une entreprise privée qui peut décider des événements qu’elle souhaite tenir », a rajouté Vladimir Antonoff.

Pour remettre les pendules à l’heure, la Microbrasserie Hopera a publié un texte sur sa page Facebook, dans lequel on peut lire : « Refuser l’entrée à quelqu’un pour ses convictions politiques, non. Refuser un événement organisé dans notre dos sans notre accord, oui. La demande de transparence du gouvernement vient avec sa propre transparence. »

« On nous taxe d’être contre la liberté d’expression, mais ça inclut que nous, on n’ait pas de liberté d’expression, a commenté Vladimir Antonoff. Il faut que ça aille des deux bords. Notre liberté d’expression, c’est de dire que nous ne sommes pas d’accord avec les propos de M. Duhaime. »

Si pour l’instant l’équipe de l’Hopera « prend un break » dans les messages haineux, elle se remettra au travail lundi pour faire du tri, « et peut-être monter un petit dossier pour la police », a suggéré le copropriétaire de l’établissement, qui reste choqué face à tant de haine.

La publication de dimanche a provoqué une nouvelle vague de commentaires, mais cette fois, les internautes étaient pour la majorité d’accord avec cette mise au point et surtout, la position de la microbrasserie.

Pas le premier à avoir commencé

Lors d'un entretien avec Le Quotidien dimanche en fin de journée, Éric Duhaime a souhaité préciser que c’était Vladimir Antonoff qui avait mis le feu aux poudres en publiant sur son Facebook personnel un message dans lequel il qualifiait le chef du Parti conservateur «d’osti de cave rétrograde», avant même d’aviser Jimmy Voyer de son refus de voir le PCQ dans son établissement. 

Dimanche matin, Éric Duhaime a lancé un appel au calme sur sa page Facebook, dans lequel on peut lire : «Je dénonce l’intimidation et la menace de restaurateurs. La dernière chose à faire est de contre-attaquer avec d’autres menaces ou plus d’intimidation à leur égard. [...] Des deux côtés, si vous avez dépassé les bornes, rétractez-vous, effacez vos commentaires et excusez-vous. Ça fera baisser la tension et aidera tout le monde.»