Le Collectif St-Luke souhaite acquérir l’église historique de la rue de la Cour pour en faire un centre multifonctionnel à vocation culturelle.
Le Collectif St-Luke souhaite acquérir l’église historique de la rue de la Cour pour en faire un centre multifonctionnel à vocation culturelle.

À Waterloo, l’église St-Luke fait rêver

Waterloo possède un véritable joyau, solidement posé dans son écrin de verdure de la rue de la Cour depuis 150 ans. Mise en vente en 2018, l’église St-Luke pourrait voir son avenir compromis. À moins que le Collectif St-Luke réalise son rêve de transformer l’ancien édifice en centre multifonctionnel.

Le Comité pour la préservation de l’Église St-Luke souhaite en effet rallier la population à ce projet collectif, qui pourrait notamment abriter un centre d’art. Les citoyens s’y donneraient rendez-vous pour participer à diverses activités artistiques et culturelles. Une partie de la nef actuelle servirait de salle d’exposition en arts visuels et des réceptions pourraient s’y tenir, explique le président du comité, Frédéric Drapeau.

Dans le chœur, on pourrait également proposer une expérience muséale sur l’histoire de l’église et de Waterloo.


« Je ne dis pas que ce sera facile, mais la Ville et les citoyens de Waterloo sont conscients de l’importance de développer le volet culturel de la municipalité »
Frédéric Drapeau, président du Comité pour la préservation de l’Église St-Luke

Sur son site Web, l’organisme décrit le projet comme «un laboratoire à la fois physique et virtuel, misant sur l’expérimentation, l’innovation, l’apprentissage, la cocréation et le partage, pour repousser les limites de l’imagination et surtout, donner vie à la créativité!».

Présentement installée à l’hôtel de ville, situé juste en face, la Télévision communautaire de Waterloo aurait la possibilité d’occuper une partie de l’espace, ajoute M. Drapeau, en précisant que la location permettrait de générer des revenus. «On ne serait pas fermés à accueillir d’autres locataires.»

Monument historique

Selon lui, des négociations sont en cours avec le Diocèse anglican de Montréal pour acquérir le bâtiment d’inspiration néogothique à peu de frais.

Conçue par le réputé architecte de l’époque Thomas Seaton Scott et construite entre 1867 et 1870, l’église St-Luke est classée monument historique depuis 1978.

Dans la fiche qui lui est consacrée, le Répertoire du patrimoine culturel du Québec s’attarde sur sa valeur architecturale, tant extérieure qu’intérieure. Outre son volume et ses matériaux, on y relève notamment la qualité de ses vitraux. Elle possède également un orgue Casavant datant de 1918.

Son statut exceptionnel pourrait aider le Collectif St-Luke à obtenir l’aide financière et le soutien nécessaires pour assurer sa conservation. «C’est un gros projet; pour le changement de vocation de l’église, on reçoit le soutien du ministère de la Culture et des Communications du Québec, qui chapeaute le Conseil du patrimoine religieux du Québec. On travaille avec eux pour monter tout ça.»

Besoin de nombreux travaux

Il faut dire que l’église nécessite de nombreux travaux de restauration. D’autant plus que le classement patrimonial de l’édifice ne permet pas d’y faire n’importe quoi. Toutes les interventions sont rigoureusement encadrées pour éviter de dénaturer le site et ses origines.

«Je ne dis pas que ce sera facile, mais la Ville et les citoyens de Waterloo sont conscients de l’importance de développer le volet culturel de la municipalité. Il se passe de belles choses chez nous et l’église St-Luke peut faire partie de ce renouveau», affirme M. Drapeau, un amateur d’architecture qui habite à «deux coins de rue» de l’église.

Soucieux de l’avenir du vénérable bâtiment, il conçoit difficilement que ce dernier puisse être laissé à l’abandon. «Avec son architecture et sa grande histoire, ce serait vraiment triste de le perdre.»

Mais avant toute chose, précise M. Drapeau, il importe de lancer la phase de préfaisabilité, incluant le «bilan de santé» à jour de l’immeuble. «On va se baser là-dessus pour la suite», dit-il, en saluant le soutien de la municipalité lors des démarches préliminaires.

Il invite par ailleurs les citoyens à manifester leur appui à la transformation de l’église, en visitant le site collectif-stluke.ca et en inscrivant leur nom sous l’onglet «J’appuie le projet».

Frédéric Drapeau insiste cependant : il n’est pas question ici de faire concurrence aux activités de la Maison de la culture de Waterloo, située à quelques pas de l’église. «On veut œuvrer de concert avec eux. On ne veut pas jouer dans leurs plates-bandes.»

Dans ses rêves les plus fous, il imagine le futur centre multifonctionnel ouvrir ses lourdes portes en bois massif au public à l’automne 2021. Il avoue que cet échéancier est probablement un peu irréaliste, mais qui ne rêve à rien n’a rien!