Un patient réclame 380 000 $ à son chirurgien qui a, selon lui, failli à son obligation d’information avant l’opération.

À moitié aveugle après une chirurgie... aux dents

Rémi Labonté voulait un plus beau sourire. Il est devenu aveugle d’un œil en plus d’avoir subi un arrêt cardiaque lors de la chirurgie dentaire. Il poursuit le spécialiste pour près de 400 000 $.

Entrepreneur en construction de Saint-Narcisse en Beauce, Rémi Labonté, 49 ans, consulte, en octobre 2014, le Dr Steve Bernier, chirurgien buccal et maxillo-facial à l’Hôtel-Dieu de Lévis.

Selon la poursuite déposée en Cour supérieure, le spécialiste propose alors une correction dentaire chirurgicale en plusieurs étapes.

Une première intervention est prévue le 25 novembre 2014. Le patient subira alors une ostéotomie du maxillaire supérieur (une opération qui repositionne le maxillaire supérieur), l’extraction de quatre dents ainsi qu’une greffe osseuse. Une seconde ostéotomie et la pose d’implants seraient faites ultérieurement.

Rémi Labonté est opéré sous anesthésie générale le jour prévu. À son réveil, le patient constate une perte de vision complète de son œil droit. Selon les allégations de la requête, cette cécité serait permanente.

Après la chirurgie, le Dr Steve Bernier aurait informé son patient que l’intervention pratiquée comportait un risque de cécité avec atteinte oculomotrice. Rémi Labonté allègue que c’est la première fois qu’il entendait son chirurgien parler d’un tel risque de complication.

Rémi Labonté apprend aussi avec stupeur que son coeur s’est arrêté durant près de 20 secondes durant l’opération et qu’un massage cardiaque a dû être pratiqué.

L’entrepreneur en construction dit avoir refusé toutes les autres interventions prévues au plan de traitement. Il allègue que, s’il avait été informé lors de la consultation de tous les risques qu’il encourrait, «il aurait refusé catégoriquement d’être opéré», d’autant plus que les interventions étaient électives et non-urgentes, dit-il.

Incapable d'accepter cette perte

Trois ans plus tard, Rémi Labonté se dit encore incapable d’accepter cette perte. Il affirme avoir perdu la vision en trois dimensions en plus de souffrir maintenant de strabisme. Il dit avoir encore des douleurs à l’œil droit ainsi que des maux de tête et des vertiges.

L’entrepreneur en construction a dû cesser de travailler pendant un an. Rémi Labonté affirme avoir aujourd’hui plus de difficultés à effectuer des tâches en hauteur ou nécessitant la manipulation d’outils dangereux. De même, il allègue éprouver du stress à conduire une automobile et avoir dû dire adieu à certains sports comme le golf.

Le patient réclame 380 000 $ au chirurgien qui a, selon lui, failli à son obligation d’information.