Alexandra Stréliski sort grande gagnante de ce gale de l'ADISQ.

41e Gala de l’ADISQ: Stréliski prophète en son pays

Il est plutôt rare de voir un projet instrumental dominer le tableau des nominations au gala de l’ADISQ, généralement plus orienté vers la chanson. Alors que son album Inscape lui a valu son tout premier Félix mercredi, la pianiste Alexandra Stréliski a joliment continué à s’inscrire dans l’exception au grand gala de dimanche soir en étant sacrée compositrice et révélation de l’année.

Avec une carrière internationale bien lancée, la nouvelle sensation du néo-classique a été prophète en son pays, dimanche, pendant le gala animé une nouvelle fois par l’humoriste Louis-José Houde. Les 12 derniers trophées Félix de la cuvée 2019 y ont été distribués.

«On dit tout le temps ça, mais je ne m’attendais vraiment, vraiment pas à ça. Comme quoi il ne faut pas sous-estimer la force de la douceur. Je suis une femme qui joue de la musique instrumentale. Ça fait que je veux quand même le souligner. Il y a tellement de beaux albums de femmes qui se sont faits cette année. Bravo, continuez à briller, on en a besoin», a avancé Alexandra Stréliski en acceptant le trophée de la révélation.

Lui aussi parti favori en début de course, le Lévisien Vincent Roberge, alias Les Louanges, a quitté la cérémonie les mains vides, dimanche, mais l’honneur est plus que sauf pour celui qui a réussi un tour du chapeau mercredi (album alternatif, choix de la critique et arrangements) avec La nuit est une panthère.

Alaclair Ensemble a renouvelé son doublé de 2017 en raflant les prix de la vidéo de l’année pour La famille et de l’album rap pour Le sens des paroles. «Merci beaucoup, c’était une sacrée belle catégorie rap cette année. Honnêtement, je vous avoue que je n’aurais pas su à qui le remettre», a noté le rappeur Eman avant de rendre hommage aux autres nommés : FouKi, Koriass, Loud et Souldia.

La colorée bande, qui se décrit comme une «troupe de post-rigodon bas-canadienne», a toutefois dû — tout comme 2Frères, Les Cowboys Fringants et Les Trois Accords — concéder la victoire à Bleu Jeans Bleu dans la catégorie groupe de l’année. Il n’y a pas de doute, l’effet du phénomène Coton ouaté s’est fait sentir dans le vote populaire… Et ce même si le tube ne figurait pas dans la liste des chansons de l’année, où Roxane Bruneau a été désignée gagnante pour Des p’tits bouts de toi

Coeur de pirate est l'interprète féminine de l'année.

Éric Lapointe absent

Accusé de voies de fait dans une histoire de violence conjugale, Éric Lapointe n’était pas présent au gala de dimanche. Nommé dans la prestigieuse catégorie de l’interprète masculin de l’année, il a de toute manière été dépassé par le rappeur Loud, qui a accepté les honneurs... vêtu de coton ouaté (décidément, c’était dans le thème du gala). «J’aimerais noter que je suis l’interprète masculin le plus confortable de la soirée», a-t-il illustré.

Du côté des dames, Cœur de pirate a été choisie par le public. Elle a aussi vu son album En cas de tempête, ce jardin sera fermé remporter les honneurs dans la catégorie pop. Elle a reçu ce dernier prix des mains de Pierre Lapointe, qui a profité de sa tribune pour interpeller les élus présents. Racontant avoir reçu un maigre 500 $ pour un million d’écoutes de sa chanson Je déteste ma vie sur la plateforme Spotify, il a exhorté les politiciens à agir contre les multinationales qui «volent» les artistes depuis 20 ans. «On veut que ces compagnies-là paient des impôts et participent à la création de nouveaux contenus canadiens», a-t-il tonné.

Remis pour la première fois, le Félix de l’artiste autochtone est revenu au vétéran Florant Vollant. Le trophée lui a été remis par la poète Joséphine Bacon et le chef Ghislain Picard et a été accepté en compagnie des autres nommés : Elisapie, Maten, Matiu et Shauit. 

«En ce moment historique, nous sommes tous gagnants, a mentionné Vollant. Merci à l’ADISQ de nous avoir fait cette place. Soyez sans crainte, on va la prendre. On n’est pas ici juste parce qu’on est autochtones. On est ici parce qu’on est bons.»

Ginette Renaud a remporté le Félix de l'album contemporain de l'année.

Doublés de Reno et Rivard

Déjà déclaré meilleur vendeur mercredi dernier, À jamais de Ginette Reno s’est démarqué dimanche parmi les projets dits «adultes contemporains». «J’ai regardé dans le dictionnaire. “Contemporain”, ça veut dire “vieux”, je pense. Donc à soir, j’ai invité mon ami qui est coroner. Si j’ai une crise cardiaque, il va pouvoir constater le décès», a lancé la chanteuse, visiblement émue, qui a plus sérieusement remercié Diane Juster «parce qu’il y a 40 ans, elle m’a sauvé la vie avec Je ne suis qu’une chanson».

Michel Rivard a aussi doublé sa récolte de Félix pour 2019 en ajoutant celui du spectacle de l’année (auteur-compositeur-interprète) à celui du meilleur script pour la proposition hybride à la fois musicale et théâtrale L’origine de mes espèces. 

Le toujours populaire Fred Pellerin a de son côté ajouté une statuette à une collection déjà bien garnie grâce à Après, qui s’est démarqué parmi les albums folk.

Bleu Jeans Bleu est sacré groupe de l'année
Loud a été nommé interprète masculine de l'année