L’auteur de la publication rappelle que la ministre de la Santé, Danielle McCann, a reconnu ces dernières semaines que l’apport des cliniques d’hiver n’était pas suffisant et qu’il fallait allait «beaucoup plus loin».
L’auteur de la publication rappelle que la ministre de la Santé, Danielle McCann, a reconnu ces dernières semaines que l’apport des cliniques d’hiver n’était pas suffisant et qu’il fallait allait «beaucoup plus loin».

380 000 Québécois repartis des urgences sans être soignés l’an dernier

Près de 380 000 Québécois — soit plus de 1000 patients par jour — se sont présentés l’an dernier à l’urgence d’un hôpital et en sont ressortis sans avoir été pris en charge par un médecin, montre une publication lancée mercredi par l’Institut économique de Mont­réal (IEDM). Un cinquième de ces patients avaient pourtant été classés au triage comme des cas «très urgents» ou «urgents».

L’auteur de la publication, Patrick Déry, souligne que c’est plus d’un patient sur 10 qui se présente à l’urgence et qui en repart sans être soigné.

Selon les données obtenues par l’IEDM auprès du ministère de la Santé, sur les 378 438 patients qui se sont présentés à l’urgence en 2018-2019 et qui en sont ressortis sans prise en charge médicale, 20,6 % [ou 77 953] avaient reçu au triage une cote de priorité 3 [urgent] et 1,3 % [4902], une cote de priorité 2 [très urgent]. Cela signifie que «leur condition pouvait mettre leur vie en danger», souligne l’analyste de l’IEDM.

Patrick Déry rappelle dans sa publication que la ministre de la Santé, Danielle McCann, a reconnu ces dernières semaines que l’apport des cliniques d’hiver n’était pas suffisant et qu’il fallait aller «beaucoup plus loin».

«En somme, notre système de santé ne suffit plus à la demande alors que le vieillissement de la population commence à peine à produire ses effets», résume M. Déry.

Selon l’analyste du think tank de droite, «si le gouvernement souhaite voir une amélioration des choses, il n’a pas d’autre choix que d’utiliser ses ressources limitées de la façon la plus efficiente possible et de tout mettre en œuvre pour abaisser les barrières qui empêchent les patients d’accéder aux soins, quitte à déplaire à certains groupes d’intérêts».

Champ de pratique

Pour Patrick Déry, il est clair que l’élargissement du champ de pratique des professionnels de la santé, notamment des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) et des pharmaciens, pourra faire une différence à court terme. Il considère toutefois que malgré les récentes avancées, leur autonomie est encore «inutilement restreinte». Il estime également que les compétences des infirmières non praticiennes pourraient être mises davantage à profit, «comme c’est le cas depuis plusieurs années dans le Nord québécois».

L’analyste de l’IEDM estime par ailleurs qu’en plus de la réforme du paiement à l’acte des médecins, le gouvernement doit mettre fin aux quotas d’admission en médecine. 

Québec doit aussi, selon lui, profiter de l’implantation prochaine du financement à l’activité dans les hôpitaux pour «confier la gestion de quelques-uns d’entre eux à des entrepreneurs, tout en maintenant le caractère universel de notre système de santé, comme cela se fait dans la plupart des pays développés». 

Cette combinaison permet de produire à ressources égales d’aussi bons résultats, voire de meilleurs, «tout en consommant moins de ressources publiques», plaide M. Déry.