Dans une formule intimiste réunissant une soixantaine de spectateurs, 2Frères a redonné vie à l’Amphithéâtre Cogeco jeudi soir dans une fort agréable simplicité.
Dans une formule intimiste réunissant une soixantaine de spectateurs, 2Frères a redonné vie à l’Amphithéâtre Cogeco jeudi soir dans une fort agréable simplicité.

2Frères à l’Amphithéâtre Cogeco: comme avant...

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Était-ce la satisfaction d’enfin retrouver l’atmosphère irremplaçable d’un spectacle bien vivant ou la brise, nettement plus douce que ce à quoi on pouvait s’attendre, ou encore le confort inattendu d’un amphithéâtre presque vide? Ou bien s’agissait-il tout simplement d’un bien bon spectacle? Qu’importe, la prestation de 2Frères à l’Amphithéâtre Cogeco jeudi soir a été un très agréable moment.

Dans une configuration minimale avec une soixantaine de spectateurs répartis sur une trentaine de tables hautes à la façon d’un bistro tout juste devant la scène, l’amphithéâtre s’est donné des airs de Boîte à chanson d’un autre siècle. Or, le déguisement rendu obligatoire par les normes sanitaires lui va, ma foi, plutôt bien. On aurait presque pu se faire croire que c’est une vocation légitime et planifiée pour ce géant.

L’aménagement réalisé à l’intérieur de l’édifice, quoique frugal, a été judicieux. Depuis l’entrée principale, un corridor a été aménagé par l’installation de simples guirlandes d’ampoules et quelques plantes pour mener les gens à leur table installée là où normalement, on retrouve les premiers sièges de l’amphithéâtre. Les tables, bien distantes les unes des autres, couvrent tout l’espace devant la large scène surélevée.

C’est d’ailleurs un des rares éléments qui trahit le travestissement du lieu. Le duo de guitaristes occupait jeudi un tout petit espace au milieu d’une scène toujours immense. Ce détail insignifiant a été très rapidement gommé par l’atmosphère très sympathique que les musiciens ont créée pour cette prestation de 60 minutes.

À deux guitares, les deux frangins ont comblé l’espace dans une totale simplicité. Leur musique folk et étrangère à toute prétention se prêtait à merveille à cet exercice de dépouillement. Parce que, justement, ils n’ont pas cherché à donner à leurs chansons une autre dimension que celle de leur touchante sincérité.

Aussi bien les éclairages que l’écran en fond de scène ont été utilisés avec doigté, évitant de donner trop d’ampleur aux effets techniques. Le son, le plus souvent dépourvu d’effets inutiles, était impeccable, simplement mis au service des guitares, de la voix d’Érik et des harmonies de Sonny.

Pour un peu, ils nous auraient fait oublier les derniers mois et croire que tout était redevenu comme avant. Assurément, ils ont donné aux spectateurs ravis l’envie d’y croire et de s’amuser simplement. Dans les circonstances, c’est énorme.

Le duo offrait deux représentations d’une heure chacune jeudi soir et reprend la formule vendredi soir à 19 h et à 21 h 30. Si la température est aussi favorable que jeudi à 19 h, voilà un bien salutaire divertissement pour effacer en quelques minutes à peine ce qu’on a pu endurer de frustrations depuis mars.

Pour quatre représentations en deux soirs, ce n’est guère plus de 200 spectateurs, rien pour espérer remplir les coffres de l’Amphithéâtre. Quel est donc l’intérêt de l’exercice? «Il y a trois choses, explique Marie-Michelle Mantha, directrice générale adjointe de la Corporation des évènements de Trois-Rivières. C’est notre vocation de présenter des spectacles et de faire travailler nos employés saisonniers, les techniciens, etc. C’est important de conserver nos employés. On le fait aussi pour que les musiciens puissent recommencer à donner des spectacles, à gagner leur vie.»

«Également, nous sommes conscients que les spectacles qu’on présente permettent aux restaurants ou aux établissements hôteliers situés à proximité de l’Amphithéâtre d’en tirer profit également. Ça fait partie de notre vocation d’attirer une clientèle touristique et d’en faire profiter d’autres intervenants. Même des spectacles de petite envergure ont un impact sur le centre-ville et contribuent à ce que ça bouge. C’est pour ces raisons que c’était essentiel pour nous de présenter des spectacles aussitôt qu’on était en mesure de le faire.»

Selon elle, la réponse du public a non seulement été excellente mais immédiate. «On a vu que les gens avaient envie de sortir et les ventes sont excellentes. Ils sont manifestement très heureux de revenir assister à un spectacle et la formule des deux représentations par soir fait que plusieurs vont aller manger au centre-ville après la première à 19 h alors que ceux qui viennent à 21 h 30 sont souvent allés manger avant.»

«La formule intimiste nous a été un peu imposée par les circonstances mais elle fonctionne vraiment très bien. L’artiste est tellement proche du public, ça crée quelque chose de très chaleureux. C’est très relax et je pense que les artistes sont extrêmement heureux de retrouver la scène: ça paraît dans le contact qu’ils créent avec le public.»

Cette série dite En toute intimité se poursuit non seulement ce vendredi avec 2Frères mais également samedi avec France D’Amour. Le Trifluvien Steve Hill sera sur scène les jeudi et vendredi 13 et 14 août alors que Ludovic Bourgeois y viendra le samedi 15 août.