La ministre de la Famille, Mathieu Lacombe (à gauche) a annoncé la création de 2700 places subventionnées en garderie et en CPE, jeudi. Il était accompagné de Pierre-Philippe Foucher (au centre), directeur général des CPE Saute-Mouton et Les Petits collégiens, à Trois-Rivières, et du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet (à droite).
La ministre de la Famille, Mathieu Lacombe (à gauche) a annoncé la création de 2700 places subventionnées en garderie et en CPE, jeudi. Il était accompagné de Pierre-Philippe Foucher (au centre), directeur général des CPE Saute-Mouton et Les Petits collégiens, à Trois-Rivières, et du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet (à droite).

2700 nouvelles places en garderie pour les parents étudiants

TROIS-RIVIÈRES — Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a annoncé jeudi la création de près de 2700 places en garderie subventionnée et en centre de la petite enfance (CPE) dans l’ensemble du Québec. La plupart de ces places seront dédiées aux parents étudiants.

Sur les 2684 places créées, 1522 le seront en CPE et 670 en garderie subventionnée. Les 492 autres places créées le seront par le biais de l’optimisation du réseau des services de garde. Cette annonce fait suite à un appel de projets lancé en mars 2019 par le ministère de la Famille. Le ministre Lacombe espérait alors que cet exercice mènerait à la création de 2500 places.

«Compte tenu de la qualité des projets et des grands besoins que nous avons constatée, il y aura 184 places de plus que prévu», a annoncé le ministre, lors d’une conférence de presse tenue dans un CPE situé à côté du Cégep de Trois-Rivières.

Les projets ont été évalués par des comités consultatifs mis sur pied dans chaque région du Québec à la demande du ministère de la Famille. Des intervenants composant ces comités sont des représentants de municipalités régionales de comté, des centres intégrés de santé et de services sociaux, de commissions scolaires, de CPE, de garderies subventionnées et non subventionnées et d’organismes communautaires, entre autres.

Les CPE et garderies dont le projet a été retenu auront un délai maximal de 24 mois pour concrétiser la création de ces nouvelles places.

S’il a priorisé les parents étudiants dans son appel de projets, le ministre Lacombe indique avoir agi ainsi en raison de la pénurie de main-d’œuvre à laquelle fait face le Québec. Il a dit ainsi souhaiter que davantage de parents puissent compléter leur formation pour ensuite intégrer le marché du travail. Le ministre de la Famille a d’autre part indiqué que les places créées ne sont pas réservées uniquement aux parents étudiants. Une fois les demandes de ces derniers comblées, les places restantes, s’il y en a, pourront être attribuées à d’autres parents.

«Il pourrait y avoir une priorité aux employés ou aux gens du quartier. Ce sera à chaque CPE d’établir sa politique d’admission», a-t-il illustré.

Le ministère de la Famille diminue également de 25 % la contribution financière exigée des CPE dans le cadre du programme de financement des infrastructures. Dans les territoires considérés comme étant en déficit de places, cette contribution a carrément été abolie. Selon le ministre Lacombe, ces mesures accéléreront la réalisation de places.

La création de ces nouvelles places subventionnées représente des subventions récurrentes d’environ 3,4 millions $, auxquelles s’ajoute un investissement de 3,7 millions $ dans les infrastructures des CPE de la part de Québec.

Inéquité

L’automne dernier, le ministre Lacombe avait annoncé le retour à un tarif unique à 8,25 $ par jour pour une place subventionnée en garderie. Des parents dont les enfants fréquentent un milieu de garde non subventionné avaient alors lancé une pétition réclamant un tarif unique pour tous les services de garde, critiquant le fait de devoir payer plus cher que les autres parents. Cette pétition a recueilli plus de 23 000 signatures, selon le site internet de l’Assemblée nationale.

À savoir s’il comptait s’attaquer à cette inéquité, le ministre Lacombe a répondu que son projet-pilote de conversion de places non subventionnées en places subventionnées contribuera à le faire.

«On va faire la conversion de places non subventionnées en places subventionnées. Il faut seulement qu’on prenne le temps de le faire, mais on va le faire», a-t-il promis.

Le ministre de la Famille n’était toutefois toujours pas en mesure d’indiquer le nombre de places qui seront converties.

«On doit d’abord établir les critères, déterminer quelle sera la grille d’analyse sur laquelle on va se baser pour accepter ou non un projet. Ça ne s’est jamais fait, alors il faut créer ça. On le fait avec les associations qui représentent ces garderies et ensuite, il pourrait y avoir un appel de projets. Le nombre de places reste à définir, mais j’ai clairement indiqué que ce sera fait au cours de cette année-ci», a-t-il promis.

La région déficitaire

La Mauricie et le Centre-du-Québec bénéficieront en tout de 332 places, soit environ 12 % des places créées, dont 239 en Mauricie. Si les deux régions apparaissent être favorisées par le ministère de la Famille, c’est qu’il est particulièrement difficile d’y trouver une place en garderie, selon le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

«C’est mon collègue, le ministre Lacombe, qui m’avait sensibilisé à la problématique des places en garderie. Il m’avait dit que le déficit de places en Mauricie est l’un des plus importants au Québec», a-t-il mentionné lors de la conférence de presse de jeudi.

Le directeur général des CPE Saute-Mouton, où avait lieu l’annonce, et Les petits collégiens, Pierre-Philippe Foucher, se réjouit de la création d’autant de nouvelles places, tant chez lui que dans d’autres CPE de la région. «Pour la région, c’est (presque) 250 places. Ça va être majeur. Je suis persuadé que ça va avoir un impact significatif», a-t-il salué.

Parmi les projets retenus en Mauricie, pour le volet parents-étudiants, 80 places sont attribuées au CPE Saute-Mouton, qui compte construire de nouvelles installations sur le campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Le CPE Les Petits collégiens disposera pour sa part de 80 nouvelles places également. Le CPE Premier pas créera 37 places à Trois-Rivières et le CPE Les Recrues du cégep en créera 26 à Shawinigan. Pour le volet optimisation, six CPE de la Mauricie se partagent 16 places.

Au Centre-du-Québec, les 93 places créées sont attribuées à des CPE et une garderie subventionnée de Drummondville, Princeville, Saint-Samuel et Villeroy.