Pierre Verrette

18 mois de prison dans la collectivité pour avoir fraudé Buromax pour plus de 100 000 $

Trois-Rivières — Pierre Verrette a été condamné à 18 mois de prison qu’il pourra purger dans la collectivité pour avoir fraudé l’entreprise Buromax d’une somme d’au moins 100 000 $ alors qu’il y occupait les fonctions de contrôleur.

En tenant compte de la jurisprudence, il aurait pu se voir imposer de la prison ferme pour avoir volé et fraudé son ex-employeur pendant trois ans et ainsi brisé le lien de confiance, et ce, avec toutes les conséquences que cela représente pour l’entreprise et les employés.

Cependant, le juge Simon Ricard a conclu que la suggestion commune émise par les avocats n’était pas déraisonnable et contraire à l’intérêt public puisque Pierre Verrette a plaidé coupable, qu’il a remboursé à l’entreprise les 100 000 $, qu’il s’est bien intégré à son nouvel emploi et qu’il a toujours respecté ses conditions de remise en liberté.

Alors qu’il occupait les fonctions de comptable/contrôleur pour Buromax, il a détourné à son actif plusieurs milliers de dollars pour rembourser des dettes personnelles et pour soulager son «anxiété de la performance», selon le rapport présentenciel.

Comme l’a expliqué le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, il a notamment détourné des fonds à son avantage, s’est octroyé des versements de salaire non autorisés et a produit de fausses facturations pour se verser des allocations. Les délits ont été commis entre janvier 2013 et 2016 pendant que l’entreprise était confrontée à des difficultés financières. Un contrat d’accord de travail partagé avait d’ailleurs été conclu avec Emploi et développement social Canada dans le but d’éviter des pertes d’emploi, de redresser les finances et d’assurer la survie. Cette entente prévoyait que les employés devaient réduire leur semaine de travail de 40 à 32 heures. Pierre Verrette en a plutôt profité pour augmenter son salaire sans autorisation.

Après son départ volontaire en février 2016, les vérifications comptables menées par la nouvelle contrôleure, Johanne Normandin, ont permis de relever plusieurs irrégularités et anomalies dans sa comptabilité.

Selon des représentants de Buromax, qui étaient d’ailleurs présents au palais de justice de Trois-Rivières, les détournements de fonds atteindraient près de 200 000 $. Cependant, au terme d’une procédure civile, il a reconnu avoir fraudé une somme de 100 000 $ qu’il a par la suite remboursée, ce qui a ensuite donné lieu à une quittance. Ce même montant a également été accepté au niveau criminel.

Dans le cadre des procédures criminelles, il a plus tard plaidé coupable aux chefs de vol et d’utilisation de faux documents. Pendant son sursis dans la collectivité, il sera assigné à sa résidence 24 heures sur 24 les neuf premiers mois. Il devra ensuite respecter un couvre-feu de 22 h à 6 h sauf pour des exceptions liées au travail, à la santé, l’entraînement physique et les achats essentiels, entre autres. Il devra ensuite se soumettre à une probation pendant deux ans avec l’obligation de suivre les recommandations de son agent relatif à un suivi sur sa réinsertion sociale. Pendant toute cette période, il lui sera interdit de communiquer avec les employés de Buromax et de se rendre sur les lieux.

Les représentants de Buromax n’ont pas caché qu’ils auraient aimé une sentence plus sévère. D’un autre côté, le procureur de la Couronne leur a expliqué que Pierre Verrette aurait eu droit à une libération conditionnelle bien avant l’expiration de sa peine s’il avait été condamné à la prison ferme, ce qui n’est pas le cas avec ses 18 mois dans la collectivité. «Disons que la sentence est bonne mais elle ne ramènera pas la confiance, le climat de travail et les pertes financières», ont indiqué Johanne Normandin, Lyne Bernier, conjointe du propriétaire de Buromax et Geneviève Doucet, chargée de projets.

En fait, les impacts de cette fraude sur l’entreprise et le personnel ont été désastreux selon elles. «Il a tellement vidé les comptes qu’il a créé un déficit», a précisé Mme Normandin.

Cette situation a entraîné beaucoup de fatigue, d’anxiété chez les employés, des difficultés psychologiques sans compter la détérioration du climat de travail consécutive à la perte de confiance, la suspicion et une charge de travail plus élevée.

Au niveau financier, l’entreprise a même dû vendre une partie de ses actions pour récupérer des liquidités. Et, pendant trois ans, les employés n’ont eu droit à aucune hausse de salaire.

De son côté, Pierre Verrette a été invité à prendre la parole avant le prononcé de la sentence. «J’ai lu les déclarations des victimes. Je trouve ça dommage et je regrette les conséquences et tout ce qui s’est passé. C’est une erreur que moi-même j’ai créée. J’ai la chance aujourd’hui d’avoir mon épouse, un entourage et un employeur. Je ne prendrai plus de chance et je promets de marcher droit», a-t-il déclaré.