Jean-Paul Desbiens attend très patiemment jusqu’à samedi matin.

150 heures à attendre sa place pour sa cabane

Six jours, sept nuits et 150 heures ; c’est le temps que passera Jean-Paul Desbiens dans sa camionnette ou dans le pavillon des croisières, à La Baie, afin d’avoir le meilleur emplacement de pêche à l’éperlan dans le secteur de l’Anse-à-Benjamin.

L’an passé, M. Desbiens avait patienté un total de 100 heures. Signe que l’expérience n’a pas été si désagréable, il récidive et attendra même une cinquantaine d’heures de plus.

« Je suis retraité, et vu qu’on ne peut pas l’acheter par ordinateur, je me suis dit que j’allais attendre. Ça ne me fait rien d’attendre longtemps », a mentionné le retraité au Quotidien.

« J’attends dans l’auto, je la fais tourner ou je suis ici sur ma chaise. J’ai une chaufferette pour mettre dehors. »

Pour le moment, M. Desbiens tue le temps seul en écoutant la radio, mais à partir de mardi, un premier copain arrivera et le trio sera complété mercredi. Rock Lessard et Jean-Louis Tremblay se joindront en effet à M. Desbiens et ils patienteront tous ensemble jusqu’à samedi matin, 8 h.

Ce dernier avoue avoir entendu quelques mauvais commentaires, l’an dernier, mais il ne s’en fait pas outre mesure.

« Il y en a qui disent que je suis vieux, que je n’ai rien à faire, que je ne travaille pas... J’ai travaillé toute ma vie, pendant 45 ans, j’ai fait ma part », se défend-il.

L’octogénaire s’attend à ce qu’il y ait une centaine de personnes lorsque la prévente débutera. Mais pourquoi attendre aussi longtemps pour un emplacement de pêche blanche ?

« De ce côté-ci, ce n’est pas comme l’autre côté. À l’Anse-à-Benjamin, il y a moins de bons emplacements pour pêcher l’éperlan. Il y a peut-être une quinzaine de places. Ils placent les cabanes dans 80 pieds d’eau. Donc les meilleures places sont au bord », confie le passionné de pêche qui habite à La Baie depuis quatorze ans... pour se rapprocher de la pêche, rien de moins !

Jean-Paul Desbiens ne manquera de rien, au cours des prochains jours. Il a prévu des sandwichs, des sous-marins et des hot dogs à la Cantine Boivin.

Sa conjointe, qui est aussi une mordue de pêche, n’attend pas avec lui, mais elle sera au rendez-vous dans la cabane pendant les semaines où la pêche blanche est accessible.

« Oui, nous avons fait de belles pêches l’an passé. On se fait deux ou trois bons repas et le reste, on le donne à ceux qui ne peuvent pas venir. »

Internet

Selon M. Desbiens, les premiers emplacements devraient pouvoir se réserver par Internet afin que tout le monde ait la même chance. « Je l’ai demandé et ç’a été étudié par le comité. Comme la demande n’a pas été faite par plusieurs, il y a une prévente samedi matin et ensuite ça se fait sur l’ordinateur. »

L’an passé, l’homme était également le premier à faire son choix, mais « ce n’est pas juste pour tout le monde parce que les gens travaillent ».