Actualités

Céline Dion, Xavier Dolan et plusieurs autres célébrités s'unissent pour les enfants

OTTAWA — UNICEF Canada s'associe à plusieurs célébrités canadiennes pour une campagne visant à faire du Canada le meilleur endroit du monde où grandir d'ici 2030.

Un récent rapport de l'UNICEF comparant le bien-être des enfants dans les pays les plus riches du monde a classé le Canada au 25e rang sur les 41 pays évalués. Le classement du Canada ne s'étant pas amélioré depuis plus d'une décennie, UNICEF Canada a décidé qu'il était temps d'agir.

La campagne rassemble sur une vidéo des dizaines de célébrités canadiennes dont Céline Dion, Xavier Dolan, Denis Villeneuve, Marc-André Grondin, Sugar Sammy, Keanu Reeves, Avril Lavigne, et Eugenie Bouchard.

En affirmant «Canada, il faut qu'on se parle», tous ces artistes ouvrent la voie à une conversation à propos des enfants qui vivent dans la pauvreté, des taux de suicide élevés chez les jeunes, de l'intimidation et d'autres aspects de la vie où le Canada a besoin de s'améliorer.

La campagne renvoie la population vers le site Web d'UNICEF Une jeunesse Canada. Elle encourage les Canadiens à se fixer des objectifs plus élevés pour améliorer le bien-être des enfants et des jeunes.

Le Canada se classe au 32e rang sur 41 pays en ce qui concerne les enfants qui vivent sur le seuil ou sous le seuil de la pauvreté, ce qui correspond à un enfant sur cinq. Classé au 37e rang sur 41 pays, le Canada est presque bon dernier en matière de sécurité alimentaire chez les enfants. En fait, un enfant canadien sur six vit chaque jour avec un certain degré d'insécurité alimentaire. Le Canada se classe au 31e rang relativement au taux de suicide chez les jeunes, un taux supérieur à celui des États-Unis.

Exposition

Grèce: une exposition sur le «Beau» à travers l'Antiquité

ATHÈNES — Une exposition sur «les différents aspects du Beau» a ouvert ses portes au public en fin de semaine au musée archéologique national à Athènes, invitant les visiteurs à s'interroger sur la notion de la beauté à travers les diverses périodes de l'Antiquité.

Du néolithique (6500-3200 avant J-C) à l'époque hellénistique (323 av. J-C jusqu'au 30 de notre ère), le musée, l'un des plus importants du pays, appelle les visiteurs à utiliser «tous leurs sens».

L'exposition, qui va durer un an, comprend statues, céramiques et bijoux provenant des collections du musée et l'idée pour sa réalisation émane du précepte de cette institution : «cultiver l'amour des arts» et donc du «Beau», une notion largement élaborée par les philosophes de l'époque classique grecque.

«Habituellement, les livres ou les autres expositions sur le sujet ne présentent qu'un type de beauté, celui de la Grèce classique, des corps athlétiques et sveltes», explique à l'AFP Maria Lagoyiannis, directrice du musée archéologique.

«Mais en vérité, il existe plusieurs aspects du Beau, ils sont indénombrables et dépendent de chaque individu», poursuit-elle.

Le visiteur est invité à parcourir quatre sections. Premièrement, celle de «l'esthétique éternelle» où lui sont présentés des accessoires de beauté de la vie quotidienne dans l'Antiquité : miroirs, peignes, bijoux, vases à parfums...

Ensuite vient «le bon et le souhaitable», qui analyse les préférences esthétiques des sociétés anciennes par rapport aux mythes grecs dont notamment celui de la déesse de l'amour Aphrodite.

La troisième partie est centrée sur «la promotion du corps», qui retrace l'évolution de l'idéal physique à travers les âges.

Et la dernière section, ensemble d'oeuvres intitulé «une recherche sans fin», interroge les visiteurs sur la notion du beau faisant référence aux philosophes grecs.

Les odeurs

«Les femmes modernes n'ont rien inventé. Dès l'Antiquité, les femmes portaient du rouge sur les lèvres, copiaient les coiffures des statues comme maintenant les jeunes filles s'inspirent des magazines, elles avaient même des sortes de wonderbras pour mettre en valeur leur poitrine», note amusée Maria Lagoyiannis.

Parmi les 340 objets exposés, le plus spectaculaire est un parfum intitulé «rose d'Aphrodite», confectionné par la marque des cosmétiques naturelles grecques Korres s'inspirant des fragrances portés dans l'Antiquité.

«Il nous a fallu un an et demi de recherches, écumer les bibliothèques de Grèce et lire les textes antiques pour trouver une recette», raconte Lena Korres, co-fondatrice de cette marque.

«Le plus difficile a été de retrouver les plantes décrites dans les textes, notamment une racine d'une plante nommée Alkanna et qui nous a permis de donner une couleur rouge au parfum», précise-t-elle.

Pour Maria Lagoyiannis, «c'est un rêve pour les archéologues de pouvoir sentir les odeurs de l'époque».

«Nous voulons que tous les sens des visiteurs soient stimulés, la vue bien sûr, mais aussi l'ouïe avec une bande son reproduisant la musique antique, le toucher avec des ateliers que nous mettons en place pour réaliser des tissages, et aussi l'odorat avec ce parfum», dit-elle.

Comptant 150 ans de vie et situé près du centre-ville, le musée archéologique national a accueilli en 2017 plus de 500 000 visiteurs.

Actualités

Pour l'Alzheimer, Martine Ouellet... et contre Trans Mountain

MONTRÉAL — La 12e édition de la Marche pour l'Alzheimer se tient dimanche dans 31 villes du Québec.

L'événement recueille des fonds pour financer les programmes et services offerts à travers les 20 Sociétés Alzheimer du Québec et soutenir les personnes atteintes de la maladie, leur famille et leurs proches aidants.

L'objectif est d'amasser 1,2 million $.

L'astronaute canadien Steve MacLean a été choisi comme ambassadeur par la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer.

M. MacLean a accompagné, avec sa famille, une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer, soit sa belle-mère. Sa conjointe est devenue proche aidante, mais M. MacLean souligne que toute la famille s'est impliquée.

Plus de 140 000 Québécois sont atteints de la maladie d'Alzheimer ou d'une maladie neurodégénérative. À chaque heure, neuf personnes reçoivent un diagnostic de la maladie, à travers le Canada.

Rassemblement pour Martine Ouellet

Plutôt soumise à la contestation récemment, la chef du Bloc québécois Martine Ouellet aura droit dimanche après-midi à Montréal à un rassemblement de soutien.

Mme Ouellet, dont le leadership et la vision de l'avenir du parti sont mis en doute, assistera à l'événement qui se déroulera au Monument-National.

Fidèles à leur chef, les députés bloquistes Xavier Barsalou-Duval et Marilène Gill seront également présents, ainsi que plusieurs sympathisants comme les artistes Sophie Stanké et Sylvie Legault, la femme politique Andrée Ferretti, et l'écrivaine France Théoret, notamment.

Cette démonstration de soutien survient à cinq jours du début du vote référendaire tenu par le parti concernant la mission du Bloc et le leadership de Martine Ouellet. Les résultats seront dévoilés dimanche prochain, à Montréal.

Manifestation contre Trans Mountain

Membres des Premières Nations, artistes, organisations environnementales et syndicales, ainsi que de simples citoyens participeront dimanche après-midi à Montréal à une manifestation contre le projet d'oléoduc Trans Mountain de la compagnie Kinder Morgan, dans l'ouest du pays.

Le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux, prendra notamment la parole. Selon lui, tout l'argent investi dans ce projet devrait plutôt être utilisé pour favoriser une transition énergétique juste pour les travailleurs et les communautés.

M. Cadieux dénonce par ailleurs l'intervention du gouvernement fédéral qui veut forcer l'adhésion de la Colombie-Britannique au projet albertain. Il estime que cela constitue un affront à la juridiction des provinces à décider «de ce qui est bon pour leur population».

Le projet d'oléoduc de Kinder Morgan vise à construire un nouveau pipeline de 1150 kilomètres entre l'Alberta et la côte ouest de la Colombie-Britannique, ce à quoi s'opposent le gouvernement de cette dernière province. Les Premières Nations et plusieurs groupes environnementaux luttent également contre ce pipeline, qui exporterait le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta.

Environnement

Consigne sur le verre: offensive à l'entrée des SAQ

Des militants et militantes de partout au Québec ont tenu samedi une nouvelle opération de signatures à l'entrée de 25 établissements de la Société des alcools (SAQ). Ces actions ponctuelles surviennent dans le cadre d'une campagne réclamant l'instauration d'une consigne pour le recyclage et le tri du verre dans la province.

La Confédération des syndicats nationaux, le Syndicat canadien de la fonction publique et le Syndicat des Métallos signalent que la vaste majorité du verre placé dans les bacs de récupération québécois est ultimement utilisé dans des sites d'enfouissement, en tant que matériau de recouvrement, entre autres.

Selon Recyc-Québec, seulement 14 % du verre récupéré par les Québécois en 2015 a été recyclé. 

«On sait que la SAQ dispose d’un réseau de distribution efficace et bien implanté dans toutes les régions du Québec. Les camions se rendent remplis de bouteilles dans plusieurs points de vente et de distribution pour ensuite revenir vides vers les entrepôts. On peut facilement penser à un système de consigne intelligent en tirant profit de cet extraordinaire réseau», conclut à ce sujet le président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec), Denis Bolduc.

L'adjoint au directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux, assure que cette idée bénéficie d'un important soutien populaire.
«Trouvez-moi quelqu'un qui est en faveur qu'on enfouisse 180 millions (de bouteilles) annuellement au Québec dans les dépotoirs!», a-t-il lancé en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

À l'approche des élections provinciales, les syndicats veulent profiter de ce qu'ils perçoivent comme une bonne conjoncture, alors que la SAQ s'est montrée ouverte à une telle consigne pour la première fois cette semaine.

C'est le succès de la première séance de signatures, en décembre dernier, qui a poussé les organisateurs à répéter l'expérience ce samedi. «[Ça] nous démontre clairement l'appui de la population à l’instauration d’une consigne sur toutes les bouteilles vendues à la SAQ», estime le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau. 

LIRE AUSSI: Une pétition pour consigner le verre au Québec

Son groupe avait déjà suggéré que la Société des alcools organise la collecte des bouteilles à travers son vaste réseau, grâce à une consigne. Les citoyens auraient ainsi droit à un crédit sur leur carte de fidélité [Inspire] pour chaque bouteille rapportée, par exemple. 

La pétition a maintenant recueilli pas moins de 25 000 signatures, selon le président. «Nous comptons bien en ajouter plusieurs milliers d’ici le dépôt des pétitions à l’Assemblée nationale, avant la fin de la présente session parlementaire, Pour nous, une chose demeure certaine : il faut mettre fin au gaspillage du verre», ajoute-t-il. 

Trop de verre 

Une quantité beaucoup trop grande de verre se retrouverait au sein des sites d'enfouissement au Québec actuellement, juge Dominic Lemieux, adjoint au directeur québécois des Métallos, le syndicat représentant les salariés de l'usine de fabrication de verre Owens Illinois, à Pointe-Saint-Charles. 

«Au même moment, l’usine doit acheter du verre à fort prix dans le reste du Canada et aux États-Unis. Cette situation est totalement absurde», juge-t-il. En utilisant davantage de verre recyclé dans les recettes de fabrication de nouveau verre, on peut réduire les émissions de GES liées au procédé et au transport du verre.»

Autre action symbolique: cette semaine, à l'Assemblée nationale, les 125 députés provinciaux ont reçu une bouteille de vin vide en cadeau. L'objectif: sensibiliser nos élus à l'importance d'instaurer une consigne sur le verre, devant l'absence d'un système de tri et de recyclage adéquat du matériel. Au Canada, Le Québec et le Manitoba demeurent les seules deux provinces à ne pas avoir de consigne sur le verre.

Avec La Presse canadienne

Actualités

De passage à Montréal, Snoop Dogg fait l’éloge de l’industrie canadienne du pot

MONTRÉAL — Le Canada est beaucoup plus avancé que les États-Unis en ce qui concerne son approche par rapport au cannabis, a déclaré le rappeur et entrepreneur Snoop Dogg vendredi devant des centaines de personnes rassemblées dans le cadre du forum sur la technologie C2 Montréal.

Le chanteur américain a déploré que dans son pays natal, certains États comme le Colorado et la Californie avaient légalisé la marijuana alors que d’autres continuaient à interdire la substance, qui est aussi considérée comme étant illégale par les lois fédérales américaines.

De son côté, le Canada a tout simplement décidé de légaliser le cannabis, s’est émerveillé Snoop Dogg, faisant référence au plan du premier ministre Justin Trudeau, qui prévoit réformer le Code criminel et légaliser la marijuana à usage récréatif partout au pays.

Snoop, qui est aussi célèbre pour sa musique que pour son goût insatiable pour le cannabis, est de plus en plus impliqué dans l’industrie naissante du cannabis au Canada.

Canopy Growth, une entreprise ontarienne spécialisée dans la marijuana médicinale qui compte s’attaquer au marché récréatif, a signé un partenariat pour obtenir l’utilisation exclusive de certains contenus et marques appartenant à l’entreprise de Snoop Dogg, LBC Holdings. Le rappeur a également investi dans Trellis, une société torontoise qui fournit un logiciel de gestion d’inventaire pour le cannabis.

Vendredi, Snoop Dogg a affirmé que la marijuana avait un brillant avenir devant elle, soutenant que les compagnies de cannabis auraient un jour la taille et la stature des firmes technologiques et des entreprises figurant au palmarès Fortune 500.

Snoop était accompagné de son partenaire d’affaires, Ted Chung. La discussion était animée par Suroosh Alvi, l’un des fondateurs du média Vice.

Si les échanges ont surtout porté sur les aspects importants de l’industrie de la marijuana, ils ont aussi été fréquemment ponctués d’anecdotes tirées de la vie personnelle du chanteur.

Ainsi, la foule a notamment appris que Snoop Dogg avait fumé son premier joint avec le défunt rappeur Tupac Shakur et que l’une de ses variétés de marijuana préférées actuellement était «bubblegum kush».

Il a également présenté Martha Stewart, avec qui il a coanimé l’émission de téléréalité Martha and Snoop’s Potluck Dinner Party, comme l’une de ses amies.

L’émission, qui a été en nomination aux prix Emmy, a été en partie produite par Merry Jane, une compagnie médiatique cofondée par Snoop et M. Chung.

Actualités

Migrants irréguliers: «dernier entré, premier sorti»

MONTRÉAL — Ottawa change de tactique dans l’espoir de fermer — ou à tout le moins réduire le débit — du robinet de l’immigration irrégulière au chemin Roxham, en Montérégie.

De passage à Montréal, vendredi, le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen, a annoncé que la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) traitera en priorité les dossiers des nouveaux demandeurs, sur le principe du «dernier entré, premier sorti».

«L’approche de «dernier entré, premier sorti» nous permettra de finaliser les dossiers beaucoup plus rapidement, ce qui veut dire que les gens pourront être expulsés plus rapidement», a fait valoir le ministre Hussen à l’issue d’une allocution devant quelque 250 convives réunis par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

L’objectif est d’envoyer un signal clair que l’entrée irrégulière au Canada n’est plus automatiquement un permis de séjour pour plusieurs années pendant que la Commission traite les demandes précédentes; au contraire, ce sera dorénavant une voie rapide vers l’octroi du statut de réfugié ou l’expulsion dans les cas où les demandeurs ne sont nullement des personnes dont la vie est menacée dans leur pays d’origine.

«Les gens à qui l’on dit de venir au Canada pour demander l’asile parce que c’est un billet gratuit et un raccourci sont victimes de désinformation», a martelé le ministre.

«C’est la bonne chose à faire et un geste humanitaire que de leur dire la vérité au sujet de notre système.»

Le ministre Hussen va jusqu’à fixer un objectif de 12 mois entre l’arrivée d’un demandeur et une décision finale, une cible qui apparaît ambitieuse si l’on tient compte qu’un demandeur peut en appeler d’un refus.

Le ministre ajoute cependant que la Commission, une agence indépendante qui traite les revendications du statut de réfugié, bénéficiera également de fonds additionnels de 74 millions $ annoncés dans le dernier budget fédéral et d’un ajout de 64 employés consacrés exclusivement aux demandes d’irréguliers.

«La CISR dédiera plus de la moitié de ses ressources pour s’attaquer aux migrants irréguliers qui ont demandé le statut de réfugié», a-t-il précisé.

Ahmed Hussen affirme que les modifications, l’ajout de fonds et de personnel permettront de traiter 17 000 dossiers additionnels d’ici deux ans, soit au 31 mars 2020.

Couper le flot à la source

Ottawa cherche également à endiguer le flot à la source. Le ministre Hussen s’est récemment rendu au Nigéria pour discuter avec des organismes, les médias locaux et le gouvernement afin d’envoyer le message à leur population que l’immigration irrégulière n’est pas une voie d’entrée au Canada, mais bien souvent un tremplin vers l’expulsion.

«Le ministre nigérian des Affaires étrangères est très préoccupé par le dossier», a dit M. Hussen, affirmant que celui-ci s’est engagé à décourager publiquement les tentatives de migration irrégulière et expliquer le système d’immigration régulière, mais aussi à travailler avec le Canada pour accélérer la délivrance de passeports et de documents de voyage aux Nigérians qui ont échoué dans leur tentative de migration irrégulière et qui seront expulsés chez eux.

De plus, des discussions avec les autorités américaines au Nigéria, qui émettent des visas aux Nigérians qui débarquent aux États-Unis pour ensuite traverser de manière illégale au Canada, ont mené à une réduction de 10% du nombre de visas émis, selon le ministre.

Ottawa a également eu des échanges avec Plattsburgh Cares, un organisme d’aide aux réfugiés qui remettait des dépliants expliquant aux aspirants réfugiés où et comment traverser au Canada, mais qui ne mentionnait nulle part qu’une demande de statut de réfugié risquait fort d’être refusée et le demandeur expulsé.

Le ministre Hussen a ajouté que les multiples rencontres avec des communautés de la diaspora aux États-Unis où l’on explique que les demandeurs sont nourris de faux espoirs sont apparemment très appréciées.

Tiers pays sûrs

Le ministre rejette toutefois catégoriquement l’idée de suspendre l’Entente sur les tiers pays sûrs, en vertu de laquelle un demandeur de statut de réfugié sera refoulé à la frontière s’il arrive d’un pays où sa vie n’est pas menacée, en l’occurrence les États-Unis.

C’est justement à cause de ce refus prévisible — qui touche uniquement les postes frontaliers terrestres — que les demandeurs entrent par une voie irrégulière qui leur permet de contourner les postes frontaliers.

Les tenants de la suspension de l’entente — notamment le Parti québécois — estiment que de permettre le passage aux postes frontaliers répartirait les demandeurs à travers le Canada plutôt que d’envoyer la quasi-totalité d’entre eux au Québec via le chemin Roxham.

Ahmed Hussen réplique qu’une suspension de l’entente «serait complètement irresponsable» puisque cela ne ferait qu’augmenter le nombre de demandeurs aux postes frontaliers.

Il reconnaît toutefois que l’entente, dans sa forme actuelle, pose problème.

«L’entente doit être mise à jour parce qu’elle pas appliquée entre les points d’entrée (postes frontaliers). Nous l’avons signalé aux États-Unis et nous devons travailler ensemble pour corriger cela», a-t-il dit.

Il a affirmé que le Canada a «des discussions» avec les États-Unis sur une éventuelle révision, mais précise qu’aucune négociation formelle n’a été entreprise avec l’administration américaine.

Boxe

David Lemieux échoue à la pesée

David Lemieux a (encore) échoué la pesée. Mais cela ne l’empêchera pas d’affronter Karim Achour samedi, à Québec, dans ce qui devrait toutefois s’avérer son dernier combat chez les poids moyens.

«Après avoir vu ce que j’ai vu cette semaine, j’ai peur pour sa santé. David a tout fait ce qu’il fallait et j’ai vraiment de la misère à le voir souffrir comme ça. Honnêtement, je ne veux pas compromettre sa santé. Je ne veux plus le voir à 160 livres. Faut mettre un plan en place pour la division des 168 livres», a vite tranché son promoteur et président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, aussi organisateur du gala de samedi.

Deux livres. C’est ce que le boxeur québécois de 29 ans avait de trop sous la peau vendredi midi. On l’a inscrit à 162 livres pour une limite de 160, tandis que son adversaire faisait 159.

Les deux heures de sursis ensuite fournies par la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec n’auront pas suffi. À une demi-heure de la seconde pesée et avec toujours 161,6 au compteur, son équipe a jeté la serviette.

Estephan venait de voir son puissant cogneur grimper une première fois sur la balance, dans le grand hall du Centre Vidéotron. Émacié, le joyau de la couronne d’Eye of the Tiger manquait visiblement d’éclat.

Une fois que la décision a été prise de renoncer à cette ultime perte de poids, Lemieux est allé se coucher. Pour reprendre les forces perdues durant une nuit blanche passée à suer.

Plus lourd, moins riche

Faire le poids n’est pas un problème nouveau pour Lemieux. En mars 2016, il avait surpassé la limite de 163 par 2,6 livres et son combat contre James De La Rosa avait été annulé.

Une avenue que le clan Achour n’a pas songé à emprunter. Lemieux devra toutefois verser 20 % de sa bourse à son adversaire, la plus lucrative des deux puisqu’il est le favori, et ne pourra pas enfiler les ceintures WBC internationale et francophone autour de sa taille en fin de soirée samedi, peu importe le résultat de leur affrontement. Les titres demeureront entre les mains du Français ou deviendront vacants.

«Ça change les plans», reconnaît Estephan. «On va refaire le plan de match et monter dans la catégorie des 168 livres. «On en avait parlé à quelques reprises, mais on voulait rester à 160 livres parce que c’est la division intéressante où les grands combats d’envergure sont, avec les Canelo [Alvarez] et [Gennady] Golovkin.

«On va aller dans une autre direction», poursuit le promoteur. «Je vous confirme aujourd’hui que je ne veux plus le voir à 160. Je serais fâché si David n’avait pas tout fait ce qu’il fallait faire. Mais on voit qu’il a de la misère à gérer ça depuis le combat contre Golovkin [en octobre 2015]. On a essayé de plusieurs façons et maintenant, on se rend à l’évidence.»

Catégorie moins glamour

Pour la suite de sa carrière, Lemieux, qui mesure 5’9”1/2, passerait donc dans la catégorie des poids super-moyens. Où dominent des gars de 6’ et plus comme James De Gale, Jose Uzcategui, David Benavidez, Gilberto Ramirez ou encore Callum Smith, ce dernier du haut de ses 6’3”.

Plus grands et moins connus, donc moins payants que ses projets d’un choc contre Saul «Canelo» Alvarez et d’une revanche contre Golovkin, immenses vedettes des 160 livres.

Fort d’une fiche de 38 victoires, dont 33 décrochées avant la fin, en 42 combats professionnels, Lemieux évolue chez les poids moyens depuis 2008, après avoir livré ses 11 premiers affrontements chez les super-mi-moyens (154 lb).

Achour (26-4-3, 4 K.-O.) évolue aussi dans cette catégorie depuis 10 ans, soit l’ensemble de sa carrière professionnelle. Sa force de frappe s’avère par contre moindre que celle de Lemieux, comme en témoignent ses quatre victoires seulement par mise hors de combat.

Actualités

Des cadets du Collège militaire de Saint-Jean accusés d’avoir profané le Coran

OTTAWA — Quatre cadets du Collège militaire royal de Saint-Jean ont été accusés d’avoir profané un Coran avec du bacon et des fluides corporels pendant la longue fin de semaine de Pâques.

L’incident allégué aurait eu lieu lors d’une fête dans un chalet et aurait impliqué en grande partie des étudiants de première année du collège militaire.

«Quatre de ces individus sont allés dormir à un moment donné et quatre autres individus sont restés debout et ont malheureusement profané un Coran, a déclaré le lieutenant-général Charles Lamarre. Ils l’ont profané avec, si je ne me trompe pas, des fluides corporels et il y avait peut-être du bacon aussi.»

Le lieutenant-général Lamarre n’a pas voulu préciser la nature des fluides corporels, mais des sources ont dit à La Presse canadienne qu’il s’agirait de sperme.

Il a dit que des commandants militaires ont été mis au courant des gestes présumés lorsque des vidéos ont été montrées à d’autres étudiants, qui plus tard ont rapporté l’incident.

«Ces cadets ont pris l’initiative de rapporter cela à leurs supérieurs», a déclaré M. Lamarre.

Une enquête lancée par la suite par le commandant du collège a permis de croire que les quatre cadets avaient enfreint les règles de l’armée, mais deux d’entre eux ont depuis fait appel.

Le lieutenant-général Lamarre a ajouté que son bureau se penchait sur le dossier et affirmé que la profanation de tout symbole religieux par un membre des Forces canadiennes ne serait pas tolérée.

«Ça nous attriste vraiment. Cela nous donne l’impression qu’ils ne comprennent tout simplement pas parfois, a confié M. Lamarre. Mais le fait est que la grande majorité d’entre eux comprennent. Et c’est pourquoi j’ai été heureux que ce soient les jeunes cadets eux-mêmes qui ont dit que ce n’était pas correct et qui l’ont rapporté.»

Profaner un Coran est considéré comme blasphématoire par les musulmans et de tels gestes ont déjà déclenché de violentes manifestations et des émeutes meurtrières ces dernières années. Le lieutenant-général Lamarre voit comme une bonne chose le fait que les vidéos de l’incident présumé ne semblent pas avoir été partagées sur les médias sociaux.

«C’était l’une des choses qui nous préoccupaient, car (les vidéos) peuvent être extrêmement choquantes pour un certain nombre de personnes», a-t-il dit.

M. Lamarre a néanmoins déclaré qu’il avait personnellement contacté un imam de Montréal, Hassan Guillet.

L’incident allégué à Saint-Jean est survenu alors que le lieutenant-général Lamarre et d’autres officiers supérieurs tentent d’amener les Forces armées à se diversifier.

Hockey

Péladeau «inapte» à devenir gouverneur de la LNH, dit un actionnaire du Groupe TVA

Un actionnaire minoritaire du Groupe TVA, Luc Proulx, aurait invité la Ligue nationale de hockey (LNH) à se tenir loin du PDG de Québecor, Pierre Karl Péladeau, qu’il considère comme «inapte» à devenir gouverneur d’une équipe.

Le quotidien montréalais The Gazette rapporte que M. Proulx aurait expédié une lettre au bureau des gouverneurs de la LNH, décrivant M. Péladeau comme un «individu à problèmes» qui serait «inapte à devenir gouverneur de la LNH si jamais Québecor se voyait octroyer une équipe».

Même si Luc Proulx a exprimé son appui au retour de la LNH à Québec, il aurait également prétendu dans sa lettre que plusieurs actions posées par Pierre Karl Péladeau laissaient entendre qu’il serait un propriétaire «inapte».

L’actionnaire minoritaire a énuméré la nomination du frère de Pierre Karl Péladeau, Érik, au conseil d’administration de Québecor, son mariage de six mois avec Julie Snyder, la courte durée de sa carrière en politique provinciale et sa réputation litigieuse comme raisons qui feraient de l’homme d’affaires un propriétaire «inapte».

Il a donc sommé la LNH de ne pas accorder d’équipe de la LNH à Québecor «tant que Pierre Karl Péladeau ne procéderait pas à la privatisation du Groupe TVA». Québecor tente depuis 2011 d’obtenir une équipe de la LNH pour l’installer au Centre Vidéotron.

Actionnaire critique

Ce n’est pas la première fois que Luc Proulx se montre critique envers le grand patron de Québecor depuis l’achat du Groupe TVA en 2001. En 2014, dans une lettre d’opinion publiée dans le quotidien La Presse, il avait accusé PKP de continuer d’exercer une influence sur les décisions de Québecor et ses filiales à l’époque où il était le député péquiste de Saint-Jérôme.

Il avait du même coup demandé à Québecor Média de racheter les actionnaires minoritaires de TVA en leur faisant une offre juste et équitable. Ces actionnaires minoritaires détiennent 49 % de l’actionnariat de TVA, mais sans droit de vote.

Québecor Média détient le contrôle du Groupe TVA en possédant 99,97 % des actions de catégorie A, les seules avec droit de vote. Seules les actions de catégorie B, sans droit de vote, sont cotées en bourse.

Actualités

Une économiste en croisade contre des conseils prodigués aux parents

WASHINGTON - Économiste et maman, une universitaire américaine mène depuis des années une croisade contre les mauvais conseils prodigués aux parents. Grands-mères, charlatans et autorités de santé ont été mis à l’amende dans son premier livre sur la grossesse. Ils le seront encore dans son prochain, sur la petite enfance.

«Il y a toujours autant de mauvaises études», se lamente Emily Oster, 38 ans, qui enseigne à l’Université Brown de Providence, près de Boston.

Tout est parti d’un sentiment de frustration lorsque, enceinte de sa fille, elle ne parvenait pas à obtenir des réponses chiffrées sur les risques du café ou de l’amniocentèse... se heurtant au mur des recommandations universelles des médecins.

Alors professeure à l’Université de Chicago, formée aux statistiques lors de son doctorat en économie à Harvard, elle est remontée à la source, aux études sur les risques posés par alcool, café, tabac, charcuterie, sushi, ou encore le jardinage... Parfois les idées reçues ont été confirmées: le tabac est néfaste.

Mais Emily Oster les a plus souvent nuancées ou infirmées: rien ne prouve que boire du café en quantités modérées soit dangereux; manger des sushis expose effectivement aux salmonelles, mais cela n’est pas plus risqué pour une femme enceinte que pour d’autres... et jardiner est à éviter en raison des effets graves de la toxoplasmose sur le foetus.

Le passage sur la consommation d’alcool a fait couler beaucoup d’encre, mais l’économiste est formelle. Une consommation élevée est dangereuse pour le foetus; mais personne n’a prouvé qu’une consommation légère l’était - ce qui contredit les recommandations «zéro alcool» aux États-Unis ou en France.

Son livre, «Expecting Better», s’est vendu à 80.000 exemplaires depuis 2014, et a été traduit en hébreu, chinois, japonais et coréen (la version japonaise a été expurgée du chapitre sur la péridurale, très rare au Japon).

Mauvaises études

Grossesse et enfance sont des champs où les mauvaises études abondent. L’échantillon de participants est parfois trop petit, rendant toute généralisation impossible.

Surtout, rares sont les expériences «randomisées», la référence car elles permettent d’isoler l’effet d’un ingrédient ou médicament en comparant deux groupes statistiquement identiques car choisis aléatoirement.

À cela s’ajoute la mauvaise synthèse faite par certains médecins des derniers résultats de recherche. Pourquoi, par exemple, certains continuent-ils de recommander des grossesses alitées, alors que le consensus est que c’est inutile, voire néfaste?

«Même pour les médecins, il est difficile de remplacer des anecdotes ou leur propre expérience par des données», dit Emily Oster.

En outre, la peur du procès rend les praticiens américains hyperprudents.

Allaitement bénéfique ?

Emily Oster ne dit jamais «c’est vrai» ou «c’est faux». Elle dit: «il n’existe pas de preuve». Une conclusion frustrante pour les parents en quête de certitudes.

Son prochain livre, pour avril 2019, ne les rassurera pas. Il se penchera sur les enfants de un à trois ans.

Cas concret avec l’allaitement. La pratique est recommandée par l’Organisation mondiale de la santé, qui en vante l’impact sur l’intelligence des enfants et l’obésité. Aux États-Unis, un mouvement encourage même les femmes à allaiter le plus longtemps possible.

Mais Emily Oster n’a trouvé qu’une seule étude rigoureuse, à grande échelle et «randomisée»: elle comparait deux groupes de mamans au Bélarus dans les années 1990, le premier ayant été encouragé à allaiter, l’autre non. D’autres études se contentent de comparer le QI des enfants allaités aux autres... Or les femmes qui allaitent sont souvent plus riches, plus diplômées et avec un QI plus élevé, ce qui contribue séparément au QI des enfants.

«Le problème est que les données sont souvent faussées par le fait que les femmes qui allaitent sont différentes de celles qui n’allaitent pas», explique Emily Oster. Pour isoler l’effet de l’allaitement, il faut une expérience «randomisée».

Et la conclusion est claire, dit-elle: le lait maternel réduit les diarrhées et l’eczéma à court terme. «Mais à long terme, les bénéfices ne sont pas vraiment établis», sur le QI et l’obésité.

Pas de manuel universel

Son livre évoquera aussi le sommeil des petits, les vaccins, les méthodes d’éducation ou l’impact des enfants sur le couple.

Elle ne révèle pas ses conclusions... mais en donne un aperçu général.

«Plus encore que dans le premier livre, tout dépend des préférences d’une famille», explique l’auteur, sous-entendant que chaque décision parentale n’aura pas d’effet déterminant, à elle seule. «Si dormir est très important pour vous, alors vous prendrez des décisions différentes de ceux qui s’en fichent».

«Il n’y a pas de recette absolue».

Elle ajoute une exception pour les parents qui hésitent à trop féliciter leurs enfants. «Vous pouvez dire à vos petits qu’ils sont géniaux autant que vous le voulez !» (Jusqu’à preuve du contraire.)