Environnement

Protection des océans: le Canada veut l'appui des États-Unis au G7

OTTAWA - Le gouvernement Trudeau aurait convaincu l'administration Trump d'étudier la possibilité de soutenir une initiative liée à la lutte aux changements climatiques qu'il souhaite mettre en évidence au prochain sommet du G7, a appris La Presse canadienne.

La prochaine réunion des leaders du G7, prévue en juin 2018 au Manoir Richelieu à La Malbaie, marquera aussi la première visite officielle du président américain Donald Trump au Canada.

Donald Trump a démontré un certain mépris pour les regroupements internationaux multilatéraux, dénigrant notamment l'OTAN, annonçant son intention de sortir son pays de l'Accord de Paris sur le climat et déchirant des ententes commerciales comme le Partenariat transpacifique qui rassemblait 12 pays.

Toutefois, lorsqu'il s'agit du groupe des sept grandes démocraties - complété par l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon - Donald Trump s'implique et il souhaite que le sommet de Charlevoix soit un succès.

Selon le sous-ministre responsable du G7, Peter Boehm, le président américain a hâte d'y être et veut que le sommet soit une réussite. Justin Trudeau a officiellement lancé la présidence canadienne du G7, jeudi, par un événement en direct sur le réseau social Facebook. Il a déclaré vouloir mettre le thème de la protection des océans au coeur de son programme.

D'après Peter Boehm, qui s'est entretenu avec La Presse canadienne jeudi, l'administration Trump aurait donné son accord à l'élaboration du thème dans les rencontres préparatoires au sommet en début d'année 2018.

Les États-Unis ont accepté d'aborder le sujet, selon M. Boehm, parce que la discussion doit porter sur les mesures pour protéger et renforcer les régions côtières dévastées par des catastrophes naturelles ou qui font face à de futures menaces.

«Je pense que c'est pertinent. Je sais que les gens à qui j'ai parlé - et je n'ai pas parlé au président à ce sujet - ont de l'intérêt pour faire de cet enjeu l'un de nos thèmes», a commenté le sous-ministre.

Les États-Unis ont subi les ravages de la plus récente saison de tempêtes tropicales, alors que des ouragans ont dévasté des régions du Texas, de la Floride et de Porto Rico.

Peter Boehm affirme qu'il est trop tôt pour déterminer si le voyage de Donald Trump pourrait être prolongé pour ajouter à l'horaire des discussions bilatérales avec le Canada. Justin Trudeau a déjà fait plusieurs visites à Washington, mais le président américain n'a toujours pas mis le pied au nord de la frontière.

Thèmes centraux

Si l'égalité des sexes et l'autonomie des femmes vont demeurer les thèmes centraux du prochain sommet du G7, Justin Trudeau a annoncé jeudi que la croissance économique, les emplois d'avenir, les changements climatiques, l'énergie propre et les enjeux de sécurité vont aussi faire partie des discussions.

Le G7 est un groupe fondé sur le consensus, mais l'organisation s'est retrouvée profondément divisée, l'an dernier en Italie, avec l'arrivée de Donald Trump.

Une rupture s'est faite lorsque les États-Unis se sont distanciés sur la question des changements climatiques, ce qui a fait surgir le surnom de «G6 plus 1».

Actualités

Prêt de 10 M$ au Groupe Capitales Médias

Investissement Québec prête 10 millions de dollars au Groupe Capitales Médias (GCM) pour l’aider à négocier son virage vers le numérique, a annoncé jeudi après-midi la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique, Dominique Anglade. Cet argent s’inscrit à l’intérieur d’un plan d’investissements de 26 M$ échelonné jusqu’en 2020 que lui a soumis GCM.

«Cela ne signifie pas que le papier va disparaître, a mis en garde le propriétaire du groupe Martin Cauchon, après la rencontre de presse qui s’est tenue dans l’imprimerie du Progrès du Saguenay. Notre plan d’affaires est de diffuser l’information sur plusieurs plateformes numériques, mais nous allons conserver nos éditions papier aussi longtemps que ce sera possible...mais personne ne sait jusqu’à quand.»

Entreprise pas comme les autres

La ministre Anglade, qui a déjà eu vent des protestations de Pierre Karl Péladeau dont les journaux sont supportés par les profits de Vidéotron, a mentionné que le gouvernement québécois a analysé la demande d’aide du groupe comme il l’aurait fait pour toute entreprise génératrice d’emplois.

«Le Groupe Capitales Médias, ce sont 400 emplois dans les régions du Québec et sans notre aide, ils étaient menacés. Avant tout, nous prêtons à une entreprise», a précisé la ministre.

En deuxième analyse, admet Mme Anglade, Québec a pris en considération la mission particulière de GCM. «Nous nous sommes demandé si les citoyens du Saguenay-Lac-Saint-Jean étaient mieux servis d’avoir Le Quotidien que de ne pas l’avoir, et nous avons conclu que c’était préférable. Nous nous sommes posé la même question pour les gens de la Mauricie (Le Nouvelliste) et la réponse fut oui aussi, et ainsi de suite pour les six quotidiens du groupe.»

Pour le gouvernement du Québec, il ne fait aucun doute qu’une information régionale de qualité fournie par six quotidiens est essentielle à la démocratie. Et s’il a décidé d’apporter son aide, c’est qu’il y avait urgence, compte tenu de l’importance, pour les médias, de développer un modèle d’affaires qui leur permettra de durer en dépit de l’attrait qu’exercent les Google et Facebook de ce monde sur les annonceurs publicitaires.

Indépendance

Qui dit démocratie, dit aussi indépendance. Là dessus, tant la ministre Anglade que Martin Cauchon et Claude Gagnon, PDG de GCM, ont été clair : «L’aide aux médias, ça se fait dans d’autres pays. Et ici, personne ne remettrait en question l’indépendance de Radio-Canada. Les gouvernements changent, et avoir de l’aide ne veut pas dire qu’on s’attache. Pour nous, l’indépendance n’a jamais été soulevée lors de nos discussions; et s’il en avait été le moindrement question, on se serait retirés de la table, tout simplement», a dit M. Gagnon.

Martin Cauchon est bien conscient qu’il traîne sa réputation d’ancien ministre libéral fédéral. Pour moi, c’est davantage un handicap, car dans ce cas-là, l’appareil gouvernemental se questionne et ça veut dire quoi? Que le dossier a été analysé avec extrêmement de rigueur.»

M. Cauchon a ajouté que de croire que ses salles de rédaction sont sous influence du propriétaire, comme l’ont murmuré certains quand il a pris possession du groupe il y aura bientôt trois ans, est «faire insulte au professionnalisme des journalistes de GCM qui, jour après jour, produisent une information de qualité dans les régions du Québec.

Porte ouverte

Aux journalistes qui lui ont demandé pourquoi elle n’annonçait pas une aide pour Le Devoir ou les publications de Québecor, Mme Anglade a tout simplement répondu: «Pourquoi pas? S’ils nous présentent des projets pour passer au numérique, nous allons les analyser selon leur mérite», a promis la ministre.

Réactions

Le président régional de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Michel Gaudreau, a mentionné sur les ondes de Radio-Canada qu’il était heureux de l’aide apportée par Québec aux quotidiens régionaux, comme le demandait la FPJQ.

M. Gaudreau, journaliste à Radio-Canada, interpelle maintenant Ottawa, disant que c’est à son tour de supporter la presse régionale, comme le demande une coalition de propriétaires, journalistes, et citoyens de diverse provenance.

Le syndicat Unifor, qui représente les travailleurs de la Tribune de Sherbrooke, qui fait partie du groupe, ainsi que les employés de l’imprimerie du Progrès du Saguenay, ont salué l’annonce, tout comme le président du Syndicat des communications du Progrès du Saguenay affilié à la FNC-CSN, Louis Tremblay.

Justice et faits divers

Quatre employés d'Hydro One meurent dans un accident d'hélicoptère

TWEED — Quatre employés d'Hydro One ont été tués, jeudi, dans un accident d'hélicoptère survenu dans l'est de l'Ontario, ont confirmé la police et l'entreprise d'électricité.

L'écrasement a eu lieu vers midi à Tweed, au nord de Kingston, a précisé la police provinciale.

Une résidente, Kim Clayton, a expliqué que des équipes d'Hydro travaillaient depuis des semaines sur sa propriété et qu'elle était habituée à les entendre survoler les lieux. Le bruit de l'écrasement a fait vibrer sa maison et elle s'est précipitée vers la fenêtre, où elle raconte avoir vu une partie de l'hélicoptère dans les arbres, au loin.

La dame de 45 ans a dit avoir craint le pire lorsqu'elle a vu des ambulances s'éloigner sans transporter de travailleurs.

Le service de lutte contre les incendies de Tweed a confirmé s'être rendu sur les lieux de l'accident. Le service ontarien d'ambulances aériennes s'est aussi rendu sur place, mais n'a pas transporté de patient.

Dans un communiqué, Hydro One a exprimé ses condoléances.

«Nous sommes profondément attristés de confirmer qu'un incident impliquant l'un de nos hélicoptères est survenu dans le secteur de Tweed et s'est traduit par la mort de quatre personnes», a indiqué le fournisseur d'électricité par communiqué.

«Les noms des victimes ne seront pas dévoilés puisque leurs proches n'ont pas tous été avisés.»

Hydro One a dit vouloir faire tout ce qui sera possible pour aider les employés et les familles touchés par la tragédie.

Un porte-parole du Bureau de la sécurité des transports a indiqué qu'une équipe d'enquêteurs était en route vers les lieux de l'accident et devrait y être vers la fin de l'après-midi. Alex Fournier a précisé que l'hélicoptère était un 1999 AS350 B2, un appareil monomoteur souvent utilisé par des entreprises.

Actualités

Travailleuses exclues d’un chantier: pas de demande des mosquées, confirme la CCQ

La présidente de la Commission de la construction du Québec (CCQ), Diane Lemieux, est catégorique : il n'y a absolument aucun élément qui permette de dire que deux mosquées du quartier Côte-des-Neiges à Montréal ont demandé que des femmes soient retirées d'un chantier de construction à proximité lors de la prière du vendredi.

«Il n'y a aucune indication, aucun témoignage, aucun élément qui nous permettrait d'affirmer que les mosquées sont les instances qui auraient commandé ce genre d'aménagement. D'aucune manière, aucune trace, aucune déclaration des gens rencontrés sont à cet effet-là», a affirmé Mme Lemieux, jeudi, alors qu'elle se trouvait à Québec pour participer au Forum sur les agressions et le harcèlement sexuel organisé par le gouvernement Couillard.

Mme Lemieux a présenté les conclusions de l'enquête menée par les inspecteurs de la CCQ, qui ont vérifié les contrats et rencontré des représentants des deux mosquées et des dirigeants et employés de toutes les entreprises impliquées dans ce chantier, incluant les femmes signaleuses qui y travaillent.

La présidente de la Commission a répété avec insistance qu'aucun élément ne venait soutenir les allégations avancées dans un reportage à ce sujet mardi, rejetant également les insinuations véhiculées à l'effet que des demandes verbales auraient pu être faites sans laisser de traces.

«D'aucune manière nous ne pouvons conclure que les autorités des mosquées aient formulé formellement ou informellement des demandes à l'effet d'exclure des femmes de ce chantier», a-t-elle ajouté.

Un reportage diffusé par le réseau TVA soutenait que des femmes avaient été écartées du chantier lors de la prière du vendredi à la demande des mosquées.

Ce reportage avait enflammé les réseaux sociaux et même amené des groupes identitaires proches de l'extrême droite à appeler à une manifestation devant une des mosquées vendredi.

Diane Lemieux a précisé que ses inspecteurs étaient encore à vérifier certains détails jeudi, mais il appert que des femmes ont bel et bien été déplacées à certains moments dans le cadre de la gestion normale du chantier et que ces déplacements étaient possiblement liés à un surplus de personnel ou à des besoins de placer le personnel ailleurs. Mais un tel déplacement «n'appartient pas à la dynamique mosquée-chantier», selon son expression.

Par contre, elle a insisté à plusieurs reprises pour réaffirmer que personne parmi toutes celles rencontrées sur le terrain - incluant les principales intéressées - n'avait indiqué qu'une demande de déplacer des femmes avait été faite en lien avec les activités des mosquées.

«On a mis le feu»

Mme Lemieux a déploré au passage les retombées de cette histoire.

«On a attribué des intentions, on a mis le feu, alors qu'au niveau factuel, ce n'est pas le résultat de demandes des autorités des mosquées», a-t-elle dit.

«Je ne serais pas contente si j'étais eux», a-t-elle répondu lorsqu'on lui a demandé si elle estimait que les mosquées avaient subi un préjudice.

Quant à la tenue éventuelle d'une manifestation malgré tout vendredi, la ministre du Travail, Dominique Vien, n'a pas caché qu'elle préférerait que ses promoteurs constatent les faits.

«Il n'y aurait pas de fondement qui permettrait de justifier de telles manifestations et, donc, vous comprendrez que je fais ici un appel au calme», a-t-elle déclaré aux côtés de Mme Lemieux.

«On ne souhaite pas qu'il y ait des manifestations, des débordements ou autre chose qui pourrait venir troubler l'ordre public», a ajouté la ministre, estimant que la situation «a le mérite d'être claire» à la suite de l'enquête de la CCQ.

Santé

Réforme Barrette: disparition des citoyens des C.A., hausse des conflits d’intérêts potentiels

Une étude menée par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) met non seulement en lumière la disparition complète des citoyens dans l’administration des établissements issus de la réforme du ministre Gaétan Barrette, mais aussi les conflits d’intérêts potentiels de certains administrateurs.

Dans un rapport d’une quinzaine de pages publié jeudi, le syndicat constate que depuis 2002 et de réforme en réforme, la place de la population et du personnel du réseau a «drastiquement diminué». 

C’est en 2015, lors de l’adoption du projet de loi 10 du ministre Barrette créant les CIUSSS et les CISSS, que le nombre de représentants élus de la population dans les conseils d’administration a connu la plus importante diminution, avec une baisse de… 100 %, note la FSSS-CSN. 

Entre 2002 et aujourd’hui, détaille-t-elle, le nombre d’établissements est passé de 350 à 34, et le nombre d’administrateurs, de 7000 à 680. «Le nombre de représentants élus par la population est passé de 1400 à 0, et nous avons assisté à l’élimination des forums de la population, qui sont passé de 18 à 0», rapporte le syndicat. 

Certes, les comités d’usagers conservent un poste nommé aux conseils d’administration des établissements, mais «il n’y a plus aucun poste élu par la population», déplore-t-il.

Selon lui, la goutte qui fait déborder le vase est l’abolition du poste de Commissaire à la santé et au bien-être, «un des derniers lieux où les citoyennes et les citoyens [pouvaient] s’exprimer sur leur réseau public».

Conflits d’intérêts?

Le syndicat a par ailleurs entrepris d’examiner tous les administrateurs des établissements de santé pour voir si «des problématiques de conflits d’intérêts pouvaient être identifiés». Pour ce faire, il a demandé aux établissements d’avoir accès aux déclarations – obligatoires - de conflits d’intérêts. 

La FSSS-CSN rapporte que certains établissements ont refusé de répondre aux demandes, que d’autres ont fourni des déclarations incomplètes et que «certains conflits d’intérêts potentiels n’étaient pas déclarés». Une cinquantaine de cas problématiques auraient été découverts. 

Parmi eux : des membres de conseils d’administration ayant des liens avec des multinationales de l’industrie de la santé (pharmaceutiques, fournisseurs d’équipements médicaux, infrastructures médicales, firmes de services-conseils, par exemple); des médecins ayant des intérêts privés (cliniques privées) «pouvant compromettre leur indépendance sur les conseils d’administration»; et, enfin, des membres qui font affaire dans le milieu de l’hébergement (CHSLD privés ou résidences pour aînés).

«Il y a aussi le cas d’administrateurs, parfois des présidents-directeurs généraux, qui sont aussi des administrateurs de société de développement d’affaires et de réseautage dans le domaine de la santé, ce qui soulève des questions», note la FSSS-CSN, qui n’identifie personne, faute de pouvoir prouver les conflits d’intérêts. 

Certains administrateurs, ajoute-t-elle, ont préféré «se protéger en demandant au ministre Barrette de les autoriser à siéger comme administrateur, ce qui a été fait par lettre signée par le ministre». 

Le syndicat se demande comment ces personnes ont pu être sélectionnées malgré l’existence d’une législation sur la question des conflits d’intérêts. 

«Si nous ne pouvons affirmer hors de tout doute que des administrateurs se retrouvent en conflits d’intérêts, notre étude soulève suffisamment de questions pour nous inquiéter quant aux profils des administrateurs des établissements du réseau», évalue le syndicat. 

Danse

Ophélie Bégin au début de son rêve

On peut dire qu’Ophélie Bégin a la danse dans le sang! Du haut de ses 11 ans, la jeune fille de Québec a déjà participé à plusieurs compétitions d’envergure. Et ce n’est que le début. Son rêve : monter sur les planches de Broadway.

Ophélie est depuis mercredi parmi les cinq finalistes au Canada, la seule du Québec, en lice pour participer à la Web série Backstage, issue de l’émission de danse du même nom qui est diffusée sur Disney Channel, Family Channel et en version française à VRAK. 

Le public est invité à voter du 15 décembre au 6 janvier sur le site Web www.backstagestudiopass.com pour choisir son danseur préféré. L’heureux élu apparaîtra comme vedette d’un vidéoclip tourné à Toronto et qui mettra en scène les acteurs de la série. Une occasion en or pour Ophélie qui souhaite tracer sa route jusqu’à Broadway. 

Ophélie a déjà tout un bagage malgré son jeune âge. En 2015, elle participait à La France a un incroyable talent. Elle a aussi dansé dans le spectacle Kids Cabaret du Festival Juste pour rire en plus de se démarquer à des compétitions de danse comme Hit the Floor et Dance Awards.

La danse, sa passion

De la danse, elle en mange! Inscrite à des cours à l’âge de 18 mois, elle pratique aujourd’hui 25 heures par semaine grâce à un programme de danse-études offert par l’école La Farandole et les studios QMDAssociation. Elle connaît plusieurs styles (ballet, contemporain, hip-hop, music-hall). Ses yeux s’illuminent lorsqu’elle parle de la danse. «Ce que j’aime de la danse, c’est l’émotion, dit-elle. C’est sûr que la technique, les mouvements, c’est important, mais les émotions, c’est ce qui fait toute la différence. Quand je fais de la danse, j’essaie de passer un message, que ce soit triste ou joyeux. Même en music-hall ou en jazz, on peut montrer notre joie, notre passion pour la danse.»

La scène, son élément

Sur scène, Ophélie donne tout un spectacle. La gêne, très peu pour elle. «On dirait que la scène a toujours été en dedans de moi, explique-t-elle. Pour moi, c’est un endroit réconfortant. J’adore ça!  C’est la place où on peut être le plus soi-même et montrer aux autres ce qu’on est capable de faire.»

Justice et faits divers

Bertrand Charest demande sa remise en liberté

MONTRÉAL - L’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest devra attendre avant de savoir s’il sera remis en liberté en attendant le jugement sur l’appel de son verdict de culpabilité.

Le juge Martin Vauclair, de la Cour d’appel, a entendu sa demande jeudi matin à Montréal et a pris la cause en délibéré.

Les avocats de Bertrand Charest ont aussi fait savoir en Cour qu’il allait en appeler de sa peine de 12 ans de prison.

L’ancien entraîneur de l’équipe canadienne junior de ski alpin féminine avait initialement été accusé d’agression sexuelle et d’abus de confiance de 11 athlètes, alors âgées entre 12 et 18 ans, alors qu’il était en position d’autorité. Il a été reconnu coupable sur 37 des 57 chefs d’accusation en juin dernier.

La poursuite s’oppose à sa remise en liberté. Elle a fait valoir entre autres la gravité des crimes pour lesquels il a été condamné.

De leur côté, les avocats de Charest ont plaidé qu’il avait de sérieux motifs d’appel du verdict de culpabilité. Par ailleurs, ils ont indiqué que le rapport présentenciel - déposé par la poursuite - notait que le risque de récidive était très faible.

Bertrand Charest a aussi offert 50 000 $ de caution, un engagement de 50 000 $ sur sa propriété, et propose de respecter de nombreuses conditions: se rapporter régulièrement à un poste de la Sûreté du Québec, d’observer un couvre-feu, de ne pas travailler comme entraîneur et de ne pas fréquenter de parcs ni d’écoles.

Le juge Vauclair a indiqué qu’il allait rendre sa décision rapidement, peut-être même vendredi.

Affaires

Un remède de cheval appelé Davie

MONTRÉAL - Ce ne sont pas 800 emplois qui sont menacés à court terme par le refus d’Ottawa d’octroyer la construction d’un autre navire ravitailleur au chantier maritime Davie, mais bien plus de 1300 si on y ajoute les fournisseurs des régions de Québec et de Montréal.

La facture sera salée pour les contribuables si le gouvernement fédéral s’entête à écarter le Chantier Davie de sa Stratégie de construction navale, conclut un spécialiste, alors qu’une vingtaine de sénateurs du Québec réclament l’octroi de contrats rapidement pour l’entreprise de Lévis.

Michael Byers, un professeur de l’Université de la Colombie-Britannique qui dirige une chaire de recherche en politique et en droit international, a publié, jeudi, une étude (goo.gl/QPUUgT) dans laquelle il pourfend la Stratégie nationale de construction navale.

Dépassements de coûts importants et délais qui ne cessent de s’allonger : la stratégie a besoin d’un remède de cheval.

M. Byers dénonce le rejet récent d’une offre d’un consortium français et italien pour construire 15 navires de guerre qui auraient permis de réaliser 30 milliards $ d’économies.

Il appelle le gouvernement à ouvrir les contrats déjà accordés aux chantiers concurrents Irving à Halifax et Seaspan à Vancouver pour permettre à Davie d’avoir sa part du gâteau.

L’universitaire demande à Ottawa d’abandonner le projet de faire construire un brise-glace polaire au chantier Seaspan et de lancer un nouvel appel d’offres pour acquérir des brise-glaces de taille plus modeste. La construction du CCGS John G. Diefenbaker devait coûter 720 millions $. Selon les dernières évaluations, la facture pourrait atteindre 1,3 milliard $. 

 Il signale que Davie possède l’expertise et la capacité nécessaires pour exécuter le travail. Il rappelle que le chantier de Lévis a déjà remis à neuf le brise-glace CCGS Louis S. St-Laurent et qu’il a déjà soumis une proposition à Ottawa pour la construction de quatre brise-glaces polyvalents.

Par ailleurs, presque l’entièreté des sénateurs québécois ont demandé jeudi que le gouvernement octroie de nouveaux contrats à Davie le plus rapidement possible. Ils veulent éviter «l’effondrement inutile d’une grappe industrielle» au Québec.

«Nous savons que le gouvernement dispose des besoins opérationnels et des moyens d’éviter des centaines de mise à pied d’employés qualifiés. L’expertise québécoise est reconnue, les faits prouvent que Davie peut livrer la marchandise dans les temps et les délais», affirme le sénateur indépendant et ancien maire de Rimouski, Éric Forest.

Saignée chez les fournisseurs

Ce ne sont pas 800 emplois qui sont menacés à court terme par le refus d’Ottawa d’octroyer la construction d’un autre navire ravitailleur au chantier maritime Davie, mais bien plus de 1300 si on y ajoute les fournisseurs des régions de Québec et de Montréal.

Les représentants de la Coalition pour la sauvegarde du chantier Davie étaient de passage à Montréal, jeudi, où ils ont lancé un appel pressant aux députés libéraux du Québec afin qu’ils fassent pression sur le gouvernement Trudeau pour qu’il comprenne l’urgence de la situation.

L’entreprise a dévoilé les résultats d’une enquête qu’elle a menée auprès de 205 de ses 219 fournisseurs de la région de Montréal qui révèle que plus de la moitié d’entre eux seront affectés négativement par l’absence de nouvelle commande fédérale et que celles-ci prévoient près de 160 mises à pied à court terme.

Ce nombre s’ajoute aux 800 travailleurs du chantier Davie qui seront mis à pied avant la fin de l’année et aux 350 autres chez ses fournisseurs de la région de Québec.

Spencer Fraser, président et directeur-général de Federal Fleet Services, une filiale du propriétaire du chantier qui agit comme intermédiaire pour les contrats, a fait valoir que tant le Sénat que la Chambre des communes ont reconnu l’urgence de fournir à la Marine canadienne un autre navire ravitailleur identique à celui que vient de compléter la Davie.

Le chantier de Lévis a converti un porte-conteneurs en navire de ravitaillement, un projet inédit qui a permis de réaliser l’Asterix en deux ans au coût de 659 millions $. Un deuxième navire, l’Obelix, pourrait être réalisé selon les mêmes paramètres, ce qui voudrait dire une livraison en 2020.

Or, Ottawa prévoit prendre livraison de son prochain ravitailleur en 2021 du chantier de Vancouver qui doit lui en fournir deux au coût de 4,1 milliards $, mais ce délai est complètement irréaliste, selon M. Fraser. Le chantier Seaspan de Vancouver ne peut construire qu’un seul navire à la fois et il doit d’abord livrer quatre navires pour la Garde côtière, une commande qui ne sera complétée qu’en 2023, de sorte qu’un premier ravitailleur ne pourrait être livré avant 2026, selon M. Fraser.

Ce dernier dénonce d’ailleurs le refus du gouvernement Trudeau de rendre public l’échéancier réel de livraison de navires pour la Marine et la Garde côtière et demande aux députés libéraux québécois de réclamer la publication de cet échéancier.

Par ailleurs, le gouvernement fédéral fait miroiter d’autres contrats à venir totalisant 2 milliards $, mais une analyse des critères d’octroi de ces contrats démontre que ceux-ci empêchent le chantier Davie d’en obtenir pour au-delà de 25 millions $, soit à peine 1,25 % du total.

Départ imminent de l’Asterix

C’est mardi ou mercredi que l’Asterix quittera Chantier Davie en direction les provinces maritimes pour la réalisation des derniers essais en mer.

Le président du Syndicat des travailleurs du Chantier naval de Lauzon (CSN), Régent Guay, s’attend à ce que l’entreprise procède alors à de nombreuses mises à pied. À ce jour, près de 400 travailleurs ont été renvoyés à la maison.

Actualités

La loi devrait mieux protéger les journalistes, conclut la Commission Chamberland

MONTRÉAL — Les policiers enquêteurs doivent être mieux formés; les rapports entre les policiers et les élus doivent être mieux encadrés et, non seulement les sources, mais aussi le matériel journalistique, doivent être mieux protégés.

Telles sont les grandes conclusions formulées, jeudi, par la Commission Chamberland sur les sources journalistiques, dans ses quelque 550 pages de rapport et annexes.

Et à Québec, les ministres de la Justice, Stéphanie Vallée, et de la Sécurité publique, Martin Coiteux, se sont engagés à y donner suite.

La commission formule deux grandes recommandations et une vingtaine d’autres recommandations plus précises.

Protéger les sources

La première recommandation est d’adopter au Québec une loi qui ferait écho à celle qu’a présentée au fédéral le sénateur Claude Carignan et qui a été adoptée en octobre dernier.

Cette loi énoncerait les conditions d’un régime d’immunité, dont le droit du journaliste de se taire et de ne pas répondre aux questions et demandes de documents relatives aux informations qu’il a recueillies.

La protection accordée viserait non seulement les sources du journaliste, mais aussi «tous les documents et renseignements qu’il a pu recueillir dans sa quête d’information».

Lorsque l’identité d’une source confidentielle risquerait d’être dévoilée, un juge devrait, et non pourrait, intervenir.

La future loi prévoirait aussi la mise sous scellés des documents, de même que l’envoi, par les policiers, d’un avis au journaliste visé et au média, avec un délai raisonnable, pour leur permettre de s’opposer à une mesure et faire valoir leur point de vue.

À Québec, la ministre Vallée a fait part de son intention d’adopter une loi en ce sens «dans la mesure du possible», tout en ajoutant qu’il était «un petit peu tôt» pour dire à quel moment. «L’objectif est de donner suite; les équipes vont évaluer de quelle façon on va y donner suite.»

Police-élus

La deuxième grande recommandation vise à mieux encadrer les rapports entre élus et policiers, bien que la commission conclue qu’il n’y a pas eu d’interférence politique dans une enquête policière.

«La preuve ne permet pas de conclure qu’un élu est intervenu pour demander d’instituer, de suspendre ou d’abandonner une enquête criminelle, ou pour donner quelque directive que ce soit relativement à une telle enquête», écrivent les commissaires.

Il s’agirait de consacrer dans une loi le principe de l’indépendance de la police dans les enquêtes criminelles et dans ses opérations.

La commission fait le pari que «cette reconnaissance constituerait une assise solide pour permettre au directeur d’un corps de police de refuser de répondre à une demande d’un élu s’il estime que celle-ci constitue une ingérence dans la conduite des enquêtes ou des opérations».

À ce sujet, le ministre Coiteux a noté qu’il faudrait notamment changer la Loi sur les services policiers pour suivre les recommandations du rapport Chamberland.

Il a souligné que bien que le rapport conclue qu’il n’y avait pas d’évidence d’ingérence d’élus dans les enquêtes policières, il pouvait être opportun d’encadrer les relations police-élus de façon plus claire.

Autres recommandations

Les commissaires recommandent également d’améliorer la supervision de tous les enquêteurs au premier niveau et d’obliger les enquêteurs des affaires internes à compléter une formation dans ce domaine.

Ils suggèrent aussi de limiter les demandes d’autorisations judiciaires visant l’obtention de renseignements nominatifs sur les abonnés à un service de téléphonie et des données de localisation des tours cellulaires aux seuls cas où ces renseignements sont essentiels à l’enquête.

Par ailleurs, les commissaires concluent également que les juges de paix magistrats n’ont pas mal fait leur travail, contrairement à ce que certains observateurs ont laissé entendre.

«La preuve ne soutient pas l’affirmation que les juges de paix magistrats se contentent d’apposer leur signature sur les demandes qui leur sont présentées, sans procéder aux vérifications appropriées. De fait, certaines demandes visant des journalistes ont été refusées, d’autres amputées de certains éléments», souligne-t-on dans le rapport.

74 témoins

La Commission Chamberland avait été instituée en novembre 2016, après qu’il eut été révélé que plusieurs journalistes avaient fait l’objet de mandats de surveillance dans le cadre d’enquêtes policières pour identifier des sources, notamment par l’obtention de leurs registres téléphoniques, parfois sur plusieurs années.

Elle a entendu 74 témoins et 300 pièces y ont été déposées, dont trois rapports d’experts.

Dans son allocution finale, le juge Jacques Chamberland a rappelé que «nous n’avions pas pour mandat de blâmer qui que ce soit ou d’identifier un coupable de quoi que ce soit ou encore de nous prononcer sur la légalité des multiples autorisations judiciaires accordées dans le cours des enquêtes».

«Les élus nous dirigent, les policiers nous protègent et les journalistes nous informent. Tous ces gens jouent, individuellement et collectivement, un rôle fondamental dans notre société, mais aucun n’a tous les droits», a rappelé le juge Chamberland.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec s’est dite enchantée du rapport. Sur place, son président, Stéphane Giroux, a noté que «ça rejoint à peu près toutes nos recommandations; on voit que les commissaires ont bien saisi les enjeux».

Sénateurs

Chris Neil: le dernier «vrai» dur-à-cuire

De façon générale, les hockeyeurs qui accrochent leurs patins deviennent émotifs quand ils parlent de leurs conjointes, de leurs vieux parents, de leurs jeunes enfants. Chris Neil a rompu avec cette tradition.

Jeudi matin, lors de la conférence de presse organisée en son honneur au Centre Canadian Tire, l’ancien homme fort a eu les larmes aux yeux quand il s’est mis à parler de ses anciens coéquipiers.

« J’ai eu l’immense privilège de jouer en compagnie de grands hockeyeurs. J’ai surtout eu l’opportunité de tisser des liens d’amitié qui survivront à l’épreuve du temps. Je pense à des gars comme Philly, Fish, Redz, Alfie et Kelz. Je pourrais en nommer plusieurs autres », a-t-il dit, avant de s’accorder une pause.

« Ces gars-là ont eu un grand rôle à jouer dans ma carrière. Ils ont eu un rôle encore plus important à jouer dans ma vie », a-t-il conclu.

Pour protéger Fish, Alfie et les autres de manière adéquate, Neil aura passé 2522 minutes au banc des pénalités.

Il accroche ses patins après avoir joué 1026 matches dans la Ligue nationale de hockey. Il détient un record qui pourrait bien ne jamais être battu. Puisque les bagarres occupent de moins en moins de place dans le monde du hockey, il pourrait bien conserver, pour toujours, le titre de joueur le plus puni de l’histoire des Sénateurs d’Ottawa.

Lors de sa 15e et dernière saison, il a réussi à percer le classement des 20 joueurs les plus punis de toute la LNH.

Il sera peut-être reconnu comme le dernier véritable dur-à-cuire à avoir évolué dans la meilleure ligue au monde.

« Un truc m’impressionnera toujours quand je penserai à Chris Neil. D’abord, quand il était dans notre formation, tous ses coéquipiers mesuraient six pouces de plus. Chris a passé plus de 2500 minutes au banc des pénalités, mais il n’a jamais été suspendu. Pas une seule fois », s’émerveille le directeur général des Sénateurs, Pierre Dorion.

Serein

Dans son discours d’adieu, Neil a pris le temps de remercier Dorion, son adjoint Randy Lee et leur mentor Bryan Murray. Il n’en veut pas du tout aux Sénateurs de lui avoir montré la porte de sortie à la fin de la dernière saison.

Il a cherché du travail ailleurs. On a même pu comprendre que le Canadien de Montréal lui a offert une invitation au camp d’entraînement. Là, il aurait dû se battre avec des jeunes hommes qui ont la moitié de son âge pour mériter un contrat.

« J’ai étudié quelques offres. Elles ne me convenaient pas », indique-t-il.

« Vous me connaissez. J’ai longtemps cru que j’étais Benjamin Button. J’étais convaincu que je pourrais jouer jusqu’à la fin de mes jours. J’ai été obligé de me rendre à l’évidence. »

Le père de famille de 38 ans a pris goût à la vie « normale ». Plus les semaines passent, plus il dit se plaire à la maison.

« Chris a toujours été un homme de famille », note Pierre Dorion.

D’ailleurs, au moment de livrer son discours d’adieu, ses frères lui ont arraché quelques larmes.

« La vie avec trois frères qui étaient plus vieux que moi n’était pas toujours facile. Je veux quand même prendre le temps de les remercier, aujourd’hui. Grâce à eux, je suis devenu un véritable dur. »

En grandissant avec trois grands frères, Neil a très rapidement ressenti le besoin de faire ses preuves.

« Je me suis toujours considéré comme un grand négligé, dit-il. J’ai été repêché tardivement dans la LHOntario. J’ai été repêché tardivement dans la LNH. J’ai toujours eu l’impression que j’avais quelque chose à prouver. Je n’ai jamais rien tenu pour acquis. Même quand j’avais un contrat à long terme. Quand je fais le bilan, aujourd’hui, je suis particulièrement fier de la façon dont je me suis comporté. »