Arts

«Kanata»: la directrice du Théâtre du Soleil dénonce la censure de «SLAV»

MONTRÉAL — Même si elle refuse de faire un parallèle entre la controverse de sa pièce «Kanata» et celle qui a frappé «SLAV» plus tôt cet été, la femme de théâtre française Ariane Mnouchkine trouve «grave» que cet autre spectacle de Robert Lepage ait été censuré, et si elle avait été productrice, elle l'aurait présenté malgré les protestations.

«Bientôt, il y aura des librairies incendiées parce qu'un livre sur quelqu'un aura été écrit par quelqu'un qui n'est pas tout à fait de la même couleur. Est-ce que vous vous en rendez compte?» a-t-elle déploré samedi, lors d'une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, depuis la France, où elle est retournée vendredi.

«Les artistes, s'ils sont de vrais artistes, ne peuvent pas se transformer en commissaires politiques les uns vis à vis les autres», a-t-elle ajouté.

Ariane Mnouchkine était au Québec dans les derniers jours pour rencontrer des représentants des Premières Nations, qui ont dénoncé le fait qu'aucun Autochtone ne se retrouve dans sa pièce Kanata, qui sera présentée au Théâtre du Soleil, à Paris, à l'automne.

Ironie du sort, Kanata est mise en scène par Robert Lepage, qui avait été emmêlé dans la controverse de SLAV quelques semaines plus tôt.

Dans le cas de Kanata, M. Lepage et Mme Mnouchkine avaient convoqué une rencontre avec les groupes autochtones pour faire le point. Des intervenants autochtones qui étaient présents à la rencontre de jeudi soir se sont dits assez satisfaits de la rencontre, mais d'autres ont regretté que la pièce ne soit pas changée.

«Censure artistique»

Mme Mnouchkine comprend la déception de certains, mais elle évoque des raisons artistiques. Si la pièce avait été modifiée, cela équivaudrait à une «censure artistique», a-t-elle plaidé. «Personne ne peut accepter de limite artistique; pas eux non plus!» a-t-elle soutenu.

«L'art de l'acteur, c'est justement de se faire l'autre», a-t-elle martelé.

Il est possiblement question d'une collaboration artistique entre le Théâtre du Soleil et les groupes qui ont pris part à la rencontre, mais Mme Mnouchkine n'a pas voulu en dire davantage pour l'instant.

Elle espère rencontrer les organisations une nouvelle fois en octobre.

Comparaison avec SLAV

Dans les derniers jours, plusieurs ont fait un rapprochement entre cette controverse et celle de SLAV, dont les représentations ont finalement été annulées en raison de l'opposition de certains groupes qui dénonçaient «l'appropriation culturelle» dans cette pièce qui traitait de l'esclavage.

Mme Mnouchkine s'est montrée agacée face à cette comparaison.

«Je pense que les représentants des Premières Nations ont une démarche beaucoup plus humaine, amicale, tolérante. Je n'ai pas senti du tout la même brutalité [qu'avec SLAV]», a-t-elle indiqué.

Selon Mme Mnouchkine, les producteurs de SLAV ont eu tort de céder aux pressions «intégristes» des groupes qui dénonçaient la pièce.

«C'est grave, ce qui se passe», a-t-elle constaté.

Golf

Omnium britannique: le «Tigre» rugit de nouveau

CARNOUSTIE — Tiger Woods est de retour : après six ans et des blessures à répétition suivies d'opérations au dos, l'Américain aux 14 titres majeurs a brièvement mené dans une épreuve du Grand Chelem, à l'Omnium britannique, pour finalement prendre la 6e place, à quatre coups des leaders, ses compatriotes Jordan Spieth, tenant du titre, Xander Schauffele et Kevin Kisner, samedi après le 3e tour sur le parcours écossais de Carnoustie, de nouveau sous le soleil.

«Cela fait quelques années depuis que je ne me sens plus aussi bien. C'est certainement possible de gagner», a réagi le «Tigre» après avoir rendu l'une de ses meilleures cartes des dernières années (-5) grâce à six birdies dont trois d'affilée, contre un bogey.

«Vu ce qu'il s'est passé ces dernières années, je ne savais même pas si cela [être en mesure de gagner] pourrait se produire de nouveau. Mais là, j'ai une chance [de m'imposer] dans un Grand Chelem avant dimanche. Cela va être amusant», a ajouté l'ancien no 1 mondial, sans aucune victoire depuis cinq ans. Son dernier succès en Grand Chelem remontait à l'US Open 2008, soit deux ans après son 3e et dernier titre à l'Omnium.

«Me battre avec Tiger»

Un monstrueux birdie de 9 à 10 m au 9e trou illustre parfaitement la forme retrouvée du champion aux 79 victoires sur le circuit américain : «J'ai vraiment bien joué aujourd'hui. J'ai le sentiment d'avoir le contrôle de la balle toute la journée avec, un prime, de longs putts réussis!»

Mais Woods, 42 ans, devrait produire dimanche son meilleur golf pour espérer coiffer sur le poteau ses jeunes compatriotes, au premier rang desquels Jordan Spieth, sacré l'an passé à l'Open après deux trophées majeurs conquis au Masters et à l'US Open lors d'une année 2015 très faste, avec aussi une deuxième place au Championnat PGA.

Samedi, Spieth a frappé les esprits d'entrée avec un eagle, suivi de quatre birdies, dont un au difficile par 5 du 14e trou, pour une belle carte de 65, soit 6 sous le par.

«J'ai toujours voulu me battre avec Tiger dans un Majeur. Qui d'ailleurs ne le souhaiterait pas? Je l'avais déjà fait à Augusta [site du Masters] dans ma tête», a réagi le tenant du trophée qui, en cas de succès final dimanche, rejoindra Padraig Harrington, seul avant lui à avoir conservé son titre britannique.

McIlroy et les Européens en embuscade

«Je peux certainement puiser dans toute mon expérience des tournois majeurs, bonne et mauvaise, pour tenter de gagner. Mais je sais fort bien que tout peut arriver à l'Omnium. Je ne suis pas du tout en avance sur moi-même, je suis juste en bonne position», a ajouté l'Américain de 24 ans.

Kisner, coleader la veille avec Zach Johnson, a été moins brillant que Spieth ou Woods samedi avec trois birdies. «J'ai réalisé ma meilleure journée dans l'approche du green de toute la semaine», a pourtant souligné celui qui avait mené le Championnat PGA 2017 avant de prendre la 7e place.

Avec quatre Américains en tête, il se pourrait que l'un d'eux s'impose en Grand Chelem pour la 6e fois consécutivement. Même si l'Italien Francesco Molinari, seul 5e à quatre coups du trio de tête, ou encore l'Anglais Tommy Fleetwood et le Nord-Irlandais Rory McIlroy, ex aequo avec Tiger Woods, espèrent faire briller les couleurs européennes.

«Nous verrons bien. Le vent, qui devra souffler [sur le parcours], pourrait nous donner un coup de main», a réagi Fleetwood, meilleure chance anglaise de soulever le Claret Jug pour la première fois depuis Nick Faldo en 1992.

Justice et faits divers

Edgar Fruitier accusé d’attentat à la pudeur

MONTRÉAL — Le comédien Edgar Fruitier fait face à deux accusations d’attentat à la pudeur contre un mineur, pour des faits qui remonteraient aux années 1970.

C’est l’hebdomadaire de Longueuil, Le Courrier du Sud, qui a sorti la nouvelle, vendredi.

Selon le mandat d’arrestation, dont La Presse canadienne a pu obtenir copie, M. Fruitier, qui est âgé de 88 ans, aurait attenté à la pudeur d’une personne de sexe masculin entre le 1er juin et le 31 août de l’année 1974 à Eastman, puis entre le 20 mars et le 20 septembre 1976, à Brossard.

La porte-parole du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), Mélanie Marcil, a indiqué samedi que la victime présumée avait 15 ans lors des faits allégués datant de 1974.

Le mandat d’arrestation a été déposé le 12 juillet, mais la comparution a eu lieu vendredi. Ces allégations n’ont pas subi le test des tribunaux.

La porte-parole du SPAL a tenu à préciser que l’enquête ne portait que sur une seule victime. Toute personne qui aurait des informations sur cette enquête ou qui voudrait rapporter un autre événement est invitée à contacter le 911.

Selon Le Courrier du Sud, le comédien n’était pas présent à sa comparution de vendredi, mais il a plaidé non coupable aux deux accusations qui pèsent contre lui.

La procureure de la Couronne, Audrey Mercier-Turgeon, a expliqué à l’hebdomadaire local que le chef d’attentat à la pudeur ne se trouvait plus dans le Code criminel à l’heure actuelle, «mais il s’inscrit dans la branche des infractions à matière sexuelle qui impliquent des personnes mineures.»

La Presse canadienne a tenté sans succès de joindre Me Mercier-Turgeon et Octave Productions, la gérance de M. Fruitier.

Affaires

Accord de principe sur le transport d’alcool entre provinces

ST. ANDREWS, N.-B. — Les premiers ministres se sont entendus sur un accord de principe pour réduire les barrières commerciales sur le transport d’alcool entre les provinces et territoires du Canada.

Ils n’ont toutefois pas donné de détails sur les quantités personnelles d’alcool qui pourront être transportées à travers le pays ni quand l’entente entrera en vigueur.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, a confirmé que les provinces sont disposées à hausser les limites d’importation d’alcool entre provinces, mais que certains premiers ministres souhaitent d’abord consulter leur population avant de procéder.

«Ne vous méprenez pas, il y a un consensus sur le fait de s’attaquer à cet enjeu et il y a un consensus sur le fait qu’on devrait hausser la limite d’importation de manière importante», a-t-il déclaré.

Un communiqué conjoint des premiers ministres avance que certaines provinces iraient jusqu’à éliminer complètement les limites de transport d’alcool. C’est d’ailleurs déjà le cas en Alberta et au Manitoba.

Brian Gallant réitère que le Nouveau-Brunswick s’engage à doubler la limite du volume de bière et d’alcool qu’il est permis de rapporter sur son territoire à partir des autres provinces.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, souhaite toutefois aller plus loin éventuellement.

«Il n’est pas raisonnable de garder des barrières qui ne sont pas possibles ou inutiles», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

«Mais on va le faire progressivement, et ça peut nécessiter des changements réglementaires et législatifs, il faut bien vérifier ça. Mais le désir du Québec, c’est d’aller dans la direction de pas de barrière.»

Le gouvernement fédéral a salué les progrès effectués, et a «réitéré son engagement à travailler avec les provinces et les territoires pour accélérer l’élimination des mesures qui freinent le commerce à l’intérieur des frontières du pays».

Le ministre des Affaires intergouvernementales et du Nord et du Commerce intérieur, Dominic LeBlanc, a accueilli favorablement par communiqué le principe d’»augmenter considérablement la quantité d’alcool que les particuliers seront autorisés à transporter à des fins personnelles lorsqu’ils franchissent les frontières provinciales et territoriales».

Tout en parlant d’un «bon pas en avant», M. LeBlanc a ajouté que les provinces et les territoires pouvaient en faire plus pour accroître le commerce de boissons alcooliques au Canada, notamment «en facilitant la vente directe d’alcool aux consommateurs dans l’ensemble du pays».

Parallèlement à l’accord sur l’alcool, les premiers ministres seraient prêts à poser des «gestes significatifs et immédiats» pour éliminer les barrières sur le contenu des formations en premiers soins et sur la réglementation concernant les pneus à large bande ainsi que la taille et le poids des camions de transport.

Les leaders devraient aussi se pencher sur les permis d’abattoirs et les exigences nécessaires à l’enregistrement des entreprises.

Huit premiers ministres ont profité du déjeuner, vendredi, pour discuter d’une possible assurance-médicaments universelle en compagnie de l’ex-ministre de la Santé de l’Ontario Eric Hoskins. Ce dernier préside le Conseil consultatif sur la mise en oeuvre d’un régime d’assurance-médicaments national.

Linda Silas, présidente de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières, était présente à la rencontre et dit être optimiste d’obtenir le soutien des provinces depuis qu’elles ont appuyé publiquement le projet de programme national l’an dernier.

Monde

Trump piégé par son ex-avocat

NEW YORK — L’ex-avocat personnel de Donald Trump a enregistré une conversation à l’insu de ce dernier, dans laquelle les deux hommes évoquaient un paiement à une ancienne playmate avec lequel le président des États-Unis aurait eu une liaison.

Le développement est d’importance car Michael Cohen, qui fut longtemps l’un des piliers de l’entourage de Donald Trump et fait l’objet d’une enquête fédérale, a récemment indiqué que sa loyauté avait des limites.

L’enregistrement, réalisé deux mois avant le scrutin présidentiel de novembre 2016, a été saisi par les enquêteurs du FBI lors d’une perquisition dans les bureaux de Michael Cohen, a indiqué le New York Times.

La discussion portait sur l’ancienne playmate du magazine Playboy Karen McDougal, qui affirme avoir eu une relation «romantique de 10 mois en 2006 et 2007» avec celui qui n’était pas encore entré en politique.

Sollicité par l’AFP, l’avocat de Michael Cohen, Lanny Davis, s’est refusé à tout commentaire.

L’existence de l’enregistrement a été confirmée à plusieurs médias par un autre avocat de Donald Trump, l’ancien maire de New York Rudy Giuliani, lequel a affirmé qu’aucun paiement n’avait in fine été effectué.

Sur la foi des éléments connus de cette conversation, il semble que l’enregistrement ne présente pas, en lui-même, de risque juridique pour Donald Trump, dans la mesure où le paiement n’a jamais été effectué.

Mais il s’inscrit dans le cadre de l’enquête du FBI, qui cherche notamment à déterminer si l’utilisation possible de fonds lors de la campagne présidentielle pour payer d’anciennes conquêtes présumées de Donald Trump pourrait constituer une infraction aux règles électorales.

Michael Cohen est actuellement l’objet d’une vaste enquête du FBI, qui pourrait déboucher sur des poursuites.

Elle a été lancée en partie à la demande du procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur une collusion présumée entre l’équipe de M. Trump et des responsables russes lors de la campagne présidentielle en 2016.

Une menace

Michael Cohen est régulièrement considéré comme l’homme de main de Donald Trump davantage que comme son avocat.

Le conseil a notamment reconnu publiquement avoir versé 130 000 $ à l’actrice pornographique Stormy Daniels en novembre 2016 pour acheter son silence sur un rapport sexuel qu’elle aurait eu avec le président en 2006.

D’une fidélité sans faille à Donald Trump, Michael Cohen a néanmoins envoyé récemment un premier signal montrant que sa loyauté avait des limites.

«Je suis fidèle à ma femme, ma fille et mon fils, et je le serai toujours», a-t-il déclaré lors d’un entretien à la chaîne ABC, début juillet. «Je place ma famille et mon pays en priorité».

Pour Donald Trump, se profile désormais l’éventualité d’une collaboration de Michael Cohen avec la justice, qui pourrait mettre à jour des éléments compromettants pour le président.

Selon le New York Times, M. Cohen aurait également été consulté par le patron de presse David Pecker au sujet du témoignage de Karen McDougal.

Le National Enquirer, titre phare du groupe de David Pecker, avait en effet accepté d’acheter l’exclusivité de cette confession pour 150 000 $.

Le magazine The New Yorker a affirmé, sur la base de témoignages anonymes, que M. Pecker et le National Enquirer avaient finalement choisi de ne pas la publier pour préserver Donald Trump, ce que démentent les intéressés.

Dans le cadre de l’enquête du FBI, Michael Cohen a demandé à ce que des documents saisis par la police fédérale soient expurgés du dossier, car relevant de la confidentialité des échanges entre un avocat et ses clients.

Jeudi, l’experte indépendante désignée par le tribunal fédéral de New York en charge du dossier a estimé qu’environ un tiers des 4000 documents visés pouvaient être versés au dossier.

Affaires

Des employés de Maax en grève

MONTRÉAL — Exaspérés par la lenteur des négociations visant à renouveler leur contrat de travail, environ 120 travailleurs du fabricant de bains et de douches Maax ont déclenché vendredi une grève illimitée à l’usine de l’entreprise située dans l’arrondissement montréalais de Lachine.

Les pourparlers entre le syndicat des Teamsters, qui représente les employés touchés, qui avaient débuté en mars dernier, sont donc rompus. 

Le conflit de travail ne touche pas les salariés de Maax en Beauce.

Selon la partie syndicale, les principaux points en litige sont les salaires, le respect de l’ancienneté lors des vacances et la mise en place d’un régime de retraite. Les syndiqués sont affectés à la fabrication et l’assemblage.

«On parle de gens qui gagnent 16 $ de l’heure et qui demandent 1 $ de l’heure de plus par année pour le contrat de travail», a expliqué le porte-parole du syndicat des Teamsters, Stéphane Lacroix, au cours d’un entretien téléphonique.

La convention des 120 employés en grève est échue depuis le 31 décembre dernier. Ceux-ci réclament aussi un régime de retraite jugé raisonnable.

Si les pourparlers sont rompus, M. Lacroix a indiqué qu’ils pourraient néanmoins reprendre si l’employeur décide de mettre un peu d’eau dans son vin.

«Une grève générale illimitée, on sait quand cela commence, mais on ignore quand elle se termine, a-t-il dit. Si l’employeur a des offres intéressantes, la grève pourrait prendre fin.»

De son côté, le directeur général de Maax, André Deland, a dit respecter le droit de grève des employés, et ce, même s’il était déçu de voir le syndicat se tourner vers ce moyen de pression.

Sans vouloir négocier sur la place publique, il a expliqué, au cours d’un entretien téléphonique, que la porte «n’était pas fermée» en ce qui a trait à une reprise des pourparlers.

«Nous avons un plan de contingence en place pour assurer la satisfaction de nos clients, mais c’est clair que l’usine ne tourne pas à plein régime», a dit M. Deland.

L’an dernier, l’entreprise qui avait vu le jour au Québec il y a un peu moins de 50 ans était passée dans le giron d’American Bath Group (ABG). Cette société établie à Savannah, dans l’État du Tennessee, avait acquis Maax auprès du fonds d’investissement Brookfield Asset Management.

Fondée dans les années 1960 par la famille Poulin à Sainte-Marie-de-Beauce, Maax dit compter, sur son site Web, plus de 1300 employés répartis à travers huit usines réparties au Québec, au Canada ainsi qu’aux États-Unis.

L’entreprise avait effectué son entrée en Bourse en 1987 et exploitait 24 usines en 2004, lorsque la famille Poulin avait décidé de vendre l’entreprise à un groupe d’investisseurs privés américains mené par J.W. Childs Associates of Boston pour 640 millions $ incluant les dettes.

L’entreprise avait par la suite connu d’importantes difficultés financières dans les années suivantes en raison notamment du ralentissement du marché immobilier aux États-Unis.

Actualités

Les pêcheurs sensibilisés à porter leur veste de flottaison

MONTRÉAL — Statistiquement, les noyades au Québec impliquent majoritairement des victimes masculines d’âge adulte, elles se produisent le plus fréquemment sur un plan d’eau naturel? Lors d’une belle fin de semaine de juillet. Des données qui rappellent à quel point il est important de porter un vêtement de flottaison et particulièrement pour les pêcheurs.

D’après les données de l’édition 2018 du rapport du Centre canadien de recherche sur la prévention de la noyade, entre 2011 et 2015, les hommes ont représenté 83 pour cent des victimes.

Dans 69 pour cent des cas de noyade, le drame se produit dans une rivière, sur un lac ou sur un étang. Des drames qui auraient probablement pu être évités puisque huit fois sur dix, les victimes ne portaient pas de vêtement de flottaison individuel (VFI).

En rassemblant les pêcheurs, les passagers de petites embarcations à moteur et les canoteurs, on regroupe 30 pour cent - soit près du tiers - de toutes les victimes de noyade au Québec.

À titre comparatif, ce sont seulement huit pour cent des cas de noyades qui ont lieu dans une piscine privée ou publique.

Martin Savard, coordonnateur à Sécurité nature, la branche éducative de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, soutient qu’il s’agit d’abord d’une question de bonnes habitudes à adopter.

«Ceux qui ne portent pas leur VFI, c’est que l’habitude n’a jamais été prise», note-t-il en insistant sur l’importance de toujours prévoir toutes les éventualités lorsqu’on est sur l’eau.

Si la loi exige que chaque embarcation contienne un VFI de la bonne taille pour chaque passager, ceux-ci n’ont toutefois pas l’obligation de la porter. Ce que déplore Serge Danis, président de la pourvoirie du Domaine Shannon, située à l’est de la Réserve faunique de La Vérendrye.

«Je pense que ça devrait être une obligation de le porter en tout temps», estime M. Danis qui sensibilise tous ses clients à la sécurité nautique. «Quand on leur donne une veste, on leur dit que c’est pour la porter», insiste celui qui se réjouit de n’avoir jamais vécu de drame sur son plan d’eau.

Lui-même a déjà vécu une expérience qui lui a fait réaliser les dangers de la navigation. «À l’âge de 16 ans, je me suis fait prendre dans le vent et je ne l’avais pas. Depuis ce temps-là, je l’ai toujours portée, même arrêté. Il ne m’est rien arrivé, le bateau n’a pas versé, mais la température était très mauvaise», témoigne le vétéran de la pêche.

D’après Serge Danis, les gestionnaires de pourvoiries sont parmi les meilleurs ambassadeurs de la sécurité sur l’eau pour une raison bien simple. «Y a personne qui veut passer à la télévision parce qu’il y a eu une noyade chez eux dans son commerce», reconnaît-il.

Selon Martin Savard, certaines circonstances peuvent amener les gens à retirer leur veste, notamment lorsqu’ils entrent à l’intérieur de leur voilier ou lorsqu’ils veulent se faire dorer au soleil. Il insiste cependant sur le fait qu’il peut être très difficile d’enfiler sa veste au moment d’un accident.

«Au Québec, l’eau est toujours froide, même en été. Donc, lorsqu’on se retrouve dans l’eau et qu’on n’a pas quelqu’un pour nous donner de l’aide immédiatement, on peut tomber en hypothermie», prévient le formateur en sécurité en nature.

Les agents de la faune, qui côtoient régulièrement les pêcheurs sur les plans d’eau du Québec, n’ont pas le mandat de faire respecter les règles de sécurité nautique, mais font régulièrement de la sensibilisation.

«À titre préventif, les agents n’hésitent pas à rappeler les mesures de sécurité. Leurs interventions sont d’ailleurs assez bien accueillies de manière générale par les pêcheurs», assure le porte-parole du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs Sylvain Carrier.

Justice et faits divers

Un don reste un don... même à un demi-million de dollars

Un don entre amoureux ne devient pas une créance quand les conjoints cessent de s’aimer, rappelle la Cour supérieure en refusant de briser le contrat par lequel un homme d’affaires retraité a versé un demi-million de dollars à sa dulcinée.

En septembre 2012, Maurice*, 70 ans, riche entrepreneur, rencontre Martine*, 49 ans, employée d’une firme comptable, lors d’une soirée dansante dans un cabaret de la Rive-Sud de Québec.

Quelques semaines plus tard, Maurice annonce à Martine qu’elle est la femme de sa vie. Il la demande en mariage le 1er janvier 2013 et le couple se fiance officiellement à la Saint-Valentin.

Maurice aimerait que Martine quitte son emploi et son appartement et vienne habiter avec lui à son condo en Floride.

Ils rencontrent un notaire pour établir un contrat de mariage. Inconfortable, Martine met fin aux fiançailles à la fin février et s’éloigne de Maurice. 

À l’automne 2013, le septugénaire tente de renouer contact. Il laisse au travail de Martine un colis avec un billet de banque de 1000$, en l’encourageant à se faire plaisir avec ce cadeau. Martine lui répondra qu’elle ne veut pas d’argent.

Un don pour hâter la retraite

En février 2014, Maurice fait savoir à Martine qu’il a touché 1,9 million $ grâce à la vente de son entreprise. Il lui répète qu’elle est irremplaçable et qu’il veut finir sa vie avec elle. Martine répond à Maurice qu’elle éprouve aussi des sentiments forts pour lui. Elle n’a toutefois pas les moyens d’abandonner son emploi pour le suivre à temps plein dans ses voyages et elle ne souhaite pas se remarier, dit-elle.

Maurice propose à Martine de lui faire un don. Elle pourra faire ce qu’elle veut avec la somme, ajoute-t-il. 

Il commence par lui transférer 1000$ par jour durant 20 jours. En avril 2014, Maurice et Martine concluent un acte de donation de 500 000$ devant un notaire. La donation, faite à titre gratuit et de façon irrévocable, couvrira les revenus de Martine jusqu’à l’âge de la retraite, soit 65 ans. Selon le contrat, elle vise à «faciliter les relations amicales et d’assistance mutuelle» entre les deux parties.

Le 1er mai suivant, Martine quitte son emploi.

À l’automne 2014, Martine insiste pour que Maurice subisse des examens médicaux. Un anévrisme abdominal est découvert et opéré. Martine accompagne Maurice durant son hospitalisation et sa convalescence. 

En juillet 2015, la relation amoureuse s’étiole pour laisser la place à l’amitié. En février 2016, les ponts sont rompus et Maurice intente une poursuite pour annuler l’entente de donation et exiger le remboursement du 500 000$.

Selon lui, Martine l’a trompé en lui faisant croire qu’elle l’aimait et allait l’accompagner en Floride et dans ses voyages.

Pas de tromperie

Le juge Serge Francœur de la Cour supérieure a beau retourner la situation sous tous les angles, il ne voit pas dans le contrat de conditions attachées à la donation. 

«Le Tribunal considère que la défenderesse n’a pas fourvoyé le demandeur et que celui-ci a pris une décision libre et éclairée en lui versant la somme», écrit le juge Francœur.

Le juge souligne que Martine ne s’est pas désintéressée de Maurice après le don; elle a fait des voyages avec lui et l’a soutenu durant ses problèmes de santé.

«L’espoir du demandeur que la défenderesse demeure auprès de lui en raison de son don important ne s’est pas produit», constate le juge Francœur. Mais Maurice n’a pas pour autant été victime d’un tromperie qui rendrait le contrat invalide, ajoute le juge. 

* Noms fictifs

La Capitale

Le plus grand musée miniature de l'architecture s'installe à Québec

Adeptes des modèles réduits, le centre commercial Fleur de Lys accueille l'exposition LUDOVICA où plus de 3000 maquettes représentant diverses scènes du monde sont présentées.

La Tour Eiffel, le parlement d'Ottawa, Expo 67, le centre-ville de New York, celui de Las Vegas et même le Vieux-Québec ont été recréés par les concepteurs québécois Gilles et Steven Maheux. À l'aide d'un total de 10 millions de minibriques, ils sont parvenus à reproduire des gratte-ciels, des monuments, des ponts, des châteaux et des symboles connus des quatre coins du monde. 

D'une superficie totale de 30 000 pieds carrés, l'exposition aura nécessité un total de trois semaines de préparation. Celle-ci prend place dans le local anciennement occupé par le magasin La Baie, au centre commercial Fleur de Lys. 

Au fil de la promenade, les visiteurs pourront découvrir plus de 35 cités de la planète, représentant diverses époques. Des reproductions du Château de Versailles, de la Cité interdite de Pékin, ainsi que de la fusée Saturn V seront exposées pour la première fois à Québec, dans le cadre de la tournée de l'exposition. 

Les concepteurs, Gilles Maheux et son fils Steven, ont vu leur création voyager dans neuf pays. 

Dès samedi, Québec accueillera de façon permanente LUDOVICA, dont la création remonte à 2010. 

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Vous voulez y aller? 

: Fleur de Lys, centre commercial

Quand : dès le samedi 21 juillet

Coût : 12$ (adulte); 10$ (65 ans et plus); 8$ (enfant de 5 à 10 ans); gratuit pour les moins de 4 ans

Info : www.ludovicaminiland.com

Actualités

Antoine Bertrand, jumeau de Louis-José Houde au cinéma

Même si leurs deux physiques sont à l’opposé l’un de l’autre, le comédien Antoine Bertrand incarnera le frère jumeau de Louis-José Houde dans la prochaine comédie d’Émile Gaudreault, Mytho, ont dévoilé les Films Séville jeudi.

«Nous cherchions quelqu’un pour jouer le frère de Simon, le personnage joué par Louis-José Houde, explique le réalisateur dans le communiqué. En faisant ma liste des acteurs souhaités, Antoine était le premier. Quand il a dit oui, nous nous sommes dit: OK, c’est génial, mais ils ne se ressemblent pas du tout! Quelqu’un a mentionné qu’ils pourraient être jumeaux et nous avons tous éclaté de rire. C’est comme si soudainement, on y croyait tellement c’était improbable.»