Trois minutes qui changent une vie

Marc Savard entouré des deux premiers répondants, Elliot Bellegrade et Jean-François Tardif, qui l'ont réanimé le 28 décembre 2025.

Un dimanche d’hiver, Marc Savard, un résident de Shefford, coupait du bois derrière chez lui. Soudainement, il s’écroule au sol sans avertissement, faisant un arrêt cardiorespiratoire. Grâce aux premiers répondants de la municipalité du Canton de Shefford, M. Savard peut aujourd’hui raconter son histoire.


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C’était le 28 décembre 2025.

Derrière chez lui, avec son ami Mario, le duo coupait un arbre tandis que Linda Pitt, la femme de M. Savard, était à l’intérieur de la maison.

«Je n’ai aucun souvenir. La seule séquelle que j’ai, c’est que je ne m’en rappelle pas, c’est arrivé tellement vite», souligne M. Savard.

Dès qu’il s’est effondré au sol, son ami Mario lui a dit «hey, arrête de niaiser!» Et en moins de trente secondes, il appelait le 911.



«Quand je suis sortie, ça faisait trente secondes qu’il était par terre! Le call était déjà fait et on nous a dit quoi faire. Donc, Mario et moi, on a commencé les manœuvres de réanimation, on faisait environ deux minutes chaque jusqu’à ce que les premiers répondants arrivent», explique Mme Pitt.

Les battements de cœur de M. Savard ont alors atteint 200 pulsations par minute, ce qui a provoqué son arrêt cardiorespiratoire.

Linda Pitt et son mari, Marc Savard, avec les deux premiers répondants, Elliot Bellegrade et Jean-François Tardif.

Une vie sauvée

En trois minutes, les premiers répondants, Elliot Bellegrade et Jean-François Tardif, sont arrivés chez M. Savard et ont continué les manœuvres de réanimation, le temps que l’ambulance arrive sur place.

Deux chocs de défibrillateur ont été nécessaires.

Marc Savard est revenu à la vie.

Un transport à l’hôpital a été effectué vers l’hôpital de Granby pour être redirigé vers celui de Sherbrooke.

«Il a passé sept jours aux soins intensifs et quatre jours sur un autre étage. Il a été dans le coma artificiel durant quatre jours pour protéger son cerveau. Par deux fois, on a passé proche de le perdre à l’hôpital. Il a maintenant un défibrillateur interne», explique Mme Pitt.

«Maintenant j’ai un DAI, défibrillateur automatique implantable, si jamais il m’arrive quelque chose, c’est comme si j’avais une équipe médicale avec moi», ajoute M. Savard.

Un DAI est un petit boîtier placé sous la peau au niveau de la poitrine. Il surveille en continu le rythme cardiaque et il envoie des impulsions ou un choc électrique pour corriger les arythmies graves. Il prévient donc la mort subite.

M. Savard n’avait que 5 % des chances qu’un arrêt cardiorespiratoire lui arrive dans la vie, car il était en bonne santé.

«Maintenant, ce qu’on sait, c’est qu’il a un facteur génétique de maladie cardiovasculaire qui est très élevé, deux fois au-dessus de la norme. Où on est chanceux, c’est qu’il fait partie des 10 % des personnes qui n’ont pas de séquelle», ajoute Mme Pitt.

Marc Savard a remis les reconnaissances aux premiers répondants qui lui ont sauvé la vie.

Profiter de la vie

Après une convalescence d’une durée de trois mois, le couple Pitt-Savard a décidé de savourer chaque moment qui leur est offert.

«Notre vie a changé, on attend plus pour faire ce dont on a envie. Ça fait presque 45 ans qu’on est ensemble, on se voit vieillir ensemble, mais pas mourir à 59 ans. On s’est dit qu’on allait vivre!»

«C’est sûr que mes journées sont plus courtes qu’avant, je sens un peu plus la fatigue, mais maintenant, en cardiologie, on me considère comme stable», ajoute M. Savard.

Mme Pitt avoue continuer à «ressentir un stress» lorsqu’elle voit son mari sortir pour couper du bois.

«La madame me demande tout le temps: “T’es où? T’es où?”» dit en riant, M. Savard.

Mais le couple compte bien voyager, puisque M. Savard prendra sa retraite sous peu.

Une reconnaissance pour les premiers répondants

Les deux premiers répondants, Elliot Bellegrade et Jean-François Tardif, se sont vu remettre le jeton de la Seconde chance, une nouvelle reconnaissance émise par par Santé Québec.

La cérémonie s’est tenue mercredi après-midi à la caserne du Service de sécurité incendie du Canton de Shefford.

Jean-Olivier Charbonneau, responsable des premiers répondants pour Santé Québec, était sur place avec Vincent Crégheur, coordonnateur régional des services préhospitaliers d’urgence à Santé Québec Montérégie-Centre.

«Quand il est arrivé à l’hôpital, on savait qu’il avait un pouls, mais on n’en savait pas plus. Quand il est sorti de l’hôpital, on était soulagé d’apprendre la bonne nouvelle [...] Aujourd’hui, on est vraiment content de le voir sur pied», mentionne Jean-François Tardif.

La Caserne de Shefford compte 30 pompiers et, parmi eux, 24 premiers répondants.

«L’arrivée efficace des premiers répondants est un facteur important à la survie au niveau de la région. Les premiers répondants sont importants pour la société et chacune des interventions, les gestes posés au bon moment, une présence rassurante peut, parfois, sauver des vies grâce à des interventions rapides», souligne Vincent Crégheur, Coordonnateur régional des services préhospitaliers d’urgence à Santé Québec Montérégie-Centre.

Par la même occasion, d’autres reconnaissances ont été offertes.

Certains pompiers ont reçu une reconnaissance officielle pour leurs cinq ans de service, d’autres pour 10 ans et 15 ans de service. Quelques vétérans, dont le directeur du Service incendie du Canton de Shefford, Luc Couture, visiblement ému, ont reçu une reconnaissance pour souligner leurs 30 ans de service.

Tania Di Sei

Tania Di Sei, La Voix de l'Est

Journaliste à La Voix de l'Est depuis février 2024, Tania Di Sei a été animatrice radio pendant six ans en plus d'être à la télévision. Elle a une grande passion pour les histoires locales et les entrevues qu'elle met au service de la couverture régionale dans le cadre de ses fonctions.