Le Doc Mailloux

Le Doc Mailloux provoque la colère

Pierre Mailloux a-t-il dérapé dans le cadre d'une entrevue accordée à Steve Roy sur les ondes de la station 107,7 FM le 22 août dernier? C'est ce que prétendent la campagne de sensibilisation Sans oui, c'est non! et une douzaine d'organismes de la région de l'Estrie qui ont réagi par le biais du CALACS-Estrie. Les organismes condamnent fermement les propos tenus par le « Doc Mailloux » dans une entrevue à l'émission Que l'Estrie se lève en réaction au dépôt lundi de la Stratégie d'intervention pour prévenir et contrer les violences à caractère sexuel en enseignement supérieur par la ministre Hélène David.
Le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Agression Estrie dénonce fermement les propos tenus par Steve Roy et Pierrre Mailloux dans une lettre d'opinion publiée dans notre section éditoriale aujourd'hui. « L'entrevue est agrémentée de propos discriminants et sexistes sur les femmes du Québec. Ce type d'entrevue vient encore une fois banaliser les violences sexuelles et discréditer les nombreux efforts pour y remédier », martèle-t-on dans la lettre.
« Pendant l'entrevue, le Doc Mailloux et l'animateur Steve Roy ont affirmé que le slogan Sans oui, c'est non! suppose que le consentement doit absolument être exprimé verbalement et que la ministre David souhaite «renverser les habitudes usuelles des jeunes adultes» et leur dire «Dorénavant, 85 % de votre communication va être verbale et 15 % sera non verbale.». Ce sont des mensonges », affirme Milène Lokrou, présidente du conseil d'administration de Sans oui, c'est non!.
« Il est essentiel de rectifier les faits : le consentement sexuel doit être clair, enthousiaste, volontaire, et ce, qu'il soit exprimé par les paroles, le comportement ou les deux. De plus, le consentement est révocable en tout temps. Le consentement n'est pas valide s'il est donné sous l'effet de la crainte, sous l'influence de la force ou de la menace, ou si la personne est dans un état qui l'empêche de consentir véritablement, comme le sommeil ou l'intoxication par la drogue ou l'alcool », ajoute Mme Lokrou.
L'organisme demande que le 107,7 FM lance un message clair à l'effet que de tels propos ne seront plus tolérés sur ses ondes et que le Doc Mailloux, l'animateur Steve Roy et les dirigeants de la station présentent des excuses publiques.
Pas d'excuses
Or il n'y aura pas d'excuses publiques de la part du 107,7, affirme Jocelyn Proulx, directeur des programmes à la station du boulevard de Portland.
« Nous sommes une radio parlée et notre rôle est de commenter les nouvelles. D'aucune façon les gens du 107,7 vont banaliser les agressions sexuelles! Dans ce cas-ci, c'est une question d'interprétation. Nous, on ne partage pas la lecture que fait l'organisme du commentaire de Doc Mailloux et de Steve Roy », explique Jocelyn Proulx.
Joint par téléphone, Pierre Mailloux explique que le logo et le slogan de la campagne doivent être clarifiés et que c'est ce logo qui l'a amené à poser de tels commentaires sur le consentement verbal. Il ne connaissait pas l'organisme ni la campagne de sensibilisation, il n'avait entendu que les grandes lignes du projet de loi déposé plus tôt cette semaine par la ministre Hélène David.
« Le logo de Sans oui, c'est non, réfère à une insertion verbale, il laisse entendre que les partenaires doivent utiliser le mot oui pour signifier leur consentement sexuel, ce qui n'a pas de sens. Après ça, ils viennent me dire que le consentement n'est pas seulement quelque chose de verbal... Ben branchez-vous et clarifiez donc votre logo! » s'est exclamé Pierre Mailloux.
Rappelons que la Stratégie d'intervention pour prévenir et contrer les violences à caractère sexuel en enseignement supérieur a pour but de sensibiliser, prévenir, encadrer les initiations, renforcer la sécurité, créer un guichet unique, écouter et offrir rapidement du soutien psychosocial à la personne qui se dit victime de violence à caractère sexuel. Quant à la campagne Sans oui, c'est non!, elle vise la prévention des violences à caractère sexuel, dont le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles auprès des communautés universitaires et collégiales.