Robert Jolicoeur, plus connu sous le nom du « curé Jolicoeur », a été prêtre pendant 38 ans, dont 12 dans la paroisse Saint-Roch de Rock Forest.

Le curé Jolicoeur vit ses derniers instants

Le curé Jolicoeur est hospitalisé pour vivre ses derniers moments. La nouvelle est apparue samedi sur la page Facebook de l’émission La Victoire de l’Amour, à laquelle il a collaboré dans les dernières années, prenant ses admirateurs par surprise.

« [Robert Jolicoeur] combat présentement un cancer agressif et très douloureux. Prions ensemble afin que le Passage vers le Père se fasse en douceur », pouvait-on lire dans la publication.

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L’Archidiocèse de Sherbrooke a confirmé la nouvelle, ajoutant que l’homme de foi, âgé de 69 ans, était entouré de ses proches et qu’il souhaitait vivre ses derniers instants en toute intimité.

Robert Jolicoeur a été prêtre pendant 38 ans, dont 12 dans la paroisse Saint-Roch de Rock Forest, et 12 dans la paroisse Saint-Charles-Garnier de Sherbrooke. Il a pris sa retraite en 2014, et habitait depuis à l’Archevêché de Sherbrooke.

Le curé était très aimé de ses fidèles lorsqu’il pratiquait, et son style franc et direct a été apprécié par nombre de Québécois. La publication Facebook de La Victoire de l’Amour avait d’ailleurs été partagée plus de 3300 fois dimanche, et plus de 2000 personnes avaient laissé un commentaire sous celle-ci, témoignant de leur admiration envers Robert Jolicoeur.

Le curé qui fait courir les foules

Lors de l’année qui a suivi sa retraite, en 2015, Robert Jolicoeur a éprouvé de graves problèmes de santé liés à des opérations au côlon, mais il avait fini par se remettre sur pieds. Depuis, on n’avait pas beaucoup entendu parler de lui, d’où la surprise générale provoquée par la nouvelle concernant son état de santé.
Mario Goupil, ex-journaliste à La Tribune, a beaucoup côtoyé le curé dans le cadre de son travail. Il le voyait encore de temps à autre dans des émissions consacrées à la religion (comme La Victoire de l’Amour, diffusée à TVA). « Je voyais qu’il n’avait pas l’air en grande forme ces temps-ci, j’en m’en doutais », rapportait-il dimanche, après avoir appris la nouvelle.

« Quand il était prêtre, il faisait courir les foules. On a bâti l’église Saint-Charles-Garnier autour de ce curé-là tellement il était populaire! Les gens faisaient la file pour aller à la messe, c’était un phénomène... on n’a pas vu ça souvent », se souvient-il.

M. Goupil reste d’ailleurs critique face à l’Église, qui aurait pu mieux profiter du charisme du curé, estime-t-il. Les prises de position de Robert Jolicoeur étaient loin de faire l’unanimité parmi ses collègues, notamment lorsqu’il a soulevé l’idée que des hommes mariés ou des femmes puissent être ordonnés prêtres.

Jean-Paul Ricard, qui a également été journaliste à La Tribune, a été très près du curé Jolicoeur à une certaine époque. Les deux hommes aimaient aller manger au restaurant ensemble, et parfois, M. Ricard conduisait Robert Jolicoeur à certains endroits, puisqu’il n’avait pas de voiture. « Il avait quelques sautes d’humeur quand il était malade, mais normalement, c’était un bon vivant, je m’entendais bien avec lui », se souvient-il aujourd’hui. « Il ne me contait pas tous ses problèmes, je ne sais pas ce qu’il avait, mais ça faisait longtemps qu’il était malade », estime-t-il.

Ses paroissiens étaient ce qui importait le plus pour le curé, chose qu’il a répétée maintes fois durant sa vie. Il s’impliquait auprès d’eux non seulement à l’église, mais aussi dans la vie civile, alors qu’il a offert son aide au fil des ans à des organismes comme Estrie Aide, à la collecte de jouets des pompiers ou encore à des équipes sportives. « Il était impliqué un peu partout. La société, c’était sa famille », résume M. Goupil.