Étienne Doyon
Étienne Doyon

Le CSI rapatrie ses stagiaires

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Plaçant la santé et sécurité de ses stagiaires au premier plan, le Carrefour de solidarité internationale de Sherbrooke (CSI) procède à leur rapatriement au Canada.

D’ici jeudi, les treize stagiaires qui étaient basés au Sénégal, au Nicaragua et en République dominicaine devraient être rentrés au pays. La situation est plus difficile pour ceux qui se trouvent au Pérou. 

Les stagiaires étaient mobilisés pour six mois dans ces pays dans le cadre du programme de stages internationaux pour les jeunes de la Stratégie d’emploi Jeunesse du Canada. 

Les neuf stagiaires, qui sont basés à Comas, près de la capitale Lima, et à Quillabamba, en bordure de la jungle, restent donc pour le moment dans des lieux sécuritaires. Ils demeurent sous la supervision du partenaire terrain du CSI, l’organisme Ayni Desarrollo, qui travaille en prévention en matière de santé au Pérou.

« Le Pérou a régi très rapidement pour contrôler la pandémie en fermant ses frontières. Nous cherchons une façon de les ramener au pays, mais en attendant nous les sécurisons dans leurs familles d’accueil. Nous assurons qu’ils ne manquent pas d’eau embouteillée, de nourriture, de trousses de santé et qu’ils puissent avoir accès à leurs cellulaires. L’objectif demeure de rapatrier tout le monde par les vols commerciaux », explique le directeur général du CSI, Étienne Doyon.

Dès les premiers indices de la propagation de la COVID-19, le CSI s’est placé en mode surveillance de l’évolution de la situation.

« Nous sommes en communication constante avec les autorités canadiennes et québécoises ainsi que nos partenaires dans les pays où sont basés nos stagiaires depuis le début. Depuis la fin de la dernière semaine, il y a eu une évolution rapide de la situation. Pour le Sénégal, nous avons pu obtenir des billets de retour avant que la demande et les prix partent à la hausse. Nous avons aussi réussi à obtenir des billets rapidement pour le Nicaragua et la République dominicaine », signale Étienne Doyon. 

Isolement au retour

En plus de rapatrier ses stagiaires, le CSI prendra aussi la responsabilité de leur isolement de 14 jours à leur retour.

« Nous ne voulons pas retourner des gens dans leurs familles, alors que certains parents sont des travailleurs de la santé. Certains stagiaires ont quitté leur appartement et devaient être de retour au pays seulement l’été prochain. Nous avons loué des endroits à Montréal où ils pourront rester pendant leur quarantaine », assure Étienne Doyon du CSI.

Pour le moment, les stages Québec sans frontières (QSF) prévus au Pérou et au Nicaragua à la fin du printemps sont repoussés.

« Ces jeunes travaillent depuis plus de huit mois à préparer et à financer ces expériences. Ils avaient presque fini leur formation. Il n’est pas question d’annuler pour le moment, mais nous suivons de très près la situation. Nous restons en contact avec le ministère des Relations internationales du Québec à ce sujet. Nous ne mettrons personne en danger », soutient le directeur général du CSI.

L’organisme avait dû rapatrier d’urgence des stagiaires du Mali à la suite d’un coup d’État en 2012. Des stages ont aussi été suspendus dans ce pays d’Afrique de l’Ouest et en Haïti en raison des tensions politiques au cours des dernières années.

« C’est cependant la première fois que nous devons rapatrier nos stagiaires tous en même temps. Malgré cela, nous voulons poursuivre le travail de solidarité avec nos partenaires dans les divers pays où nous sommes impliqués. La programmation outremer doit se poursuivre dans ces pays où le filet de protection social n’est pas aussi grand. Il est important de rester présent après les crises », souligne le directeur général du CSI.