Le CRE de l’Estrie implore Valoris de ne pas faire un pas de recul

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
« Ce serait faire un pas de recul que d’accepter en Estrie cette proposition de placer les matières organiques dans un sac de plastique »

Pour la directrice du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CRE de l’Estrie), Jacinthe Caron, Valoris ne doit pas accepter la proposition faite par du ministère de l’Environnement du Québec qui recommande une nouvelle façon de trier les matières compostables dans des sacs de couleur.

« Lorsque j’ai entendu parler de cette proposition, je n’en revenais pas. Lorsqu’une ville part de zéro et n’a pas encore de collecte des matières compostables, ça peut convenir même si ce n’est pas optimal. Mais ici, la collecte des matières compostables est trop bien implantée pour faire ce pas de recul », explique Jacinthe Caron du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie.

Cette dernière a contacté Valoris, jeudi, pour être certaine qu’il ne souhaitait pas embarquer dans cette voie.

« J’ai été rassurée de constater que Valoris veille poursuivre avec le développement de sa vitrine technologique », indique Jacinthe Caron.

Le centre de valorisation des matières résiduelles, qui appartient à la Ville de Sherbrooke et aux municipalités de la MRC du Haut-Saint-François, veut repartir sa ligne de tri résidentielle fermée depuis 2017 et demande des subventions à Québec pour y parvenir.

La technologie de Valoris vise à retirer les matières organiques directement des déchets et d’en faire un compost déclassé. Cette matière organique servirait à revégétaliser les sites miniers, les gravières ou les sablières notamment.

Selon la proposition du ministère, les matières organiques seraient déposées dans un petit sac qui serait inséré dans le sac de déchets. Un tri optique permettrait de retirer le sac de compost des déchets afin que les matières organiques soient valorisées.

Selon Jacinthe Caron, il est insensé d’ajouter des millions de sacs de plastique de couleur à l’équation de la collecte des matières compostables.

« Ça contredit complètement le message de réduction à la source. Sans compter que ces sacs ne sont pas encore éprouvés pour le compactage et le transport ou qu’ils soient mal utilisés », indique Mme Caron.

Elle croit que la solution proposée par Valoris pour les multilogements devrait être mise de l’avant.

« Il n’y a pas de solution magique, mais celle proposée par Valoris devrait être considérée. C’est une solution qui permettrait de sortir la matière organique du bac noir sans ajouter de sac », rappelle Jacinthe Caron.