Résidents en bordure du lac des Nations, Marc Bédard et Louise Piché trouvent injustifiable que le Canadien Pacifique laisse tourner le moteur de ses locomotives pendant des jours dans la cour de triage située près du Marché de la gare
Résidents en bordure du lac des Nations, Marc Bédard et Louise Piché trouvent injustifiable que le Canadien Pacifique laisse tourner le moteur de ses locomotives pendant des jours dans la cour de triage située près du Marché de la gare

Le CP encore montré du doigt

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Après Magog, c’est au tour de résidents de Sherbrooke de se plaindre des pratiques du Canadien Pacifique qui laisse tourner les moteurs de ses locomotives jour et nuit dans la cour de triage située en bordure du lac des Nations.

Durant plus de trois jours la semaine dernière, des locomotives auraient été laissées immobilisées alors que leurs moteurs tournaient au ralenti sans qu’aucun mouvement de triage perceptible n’ait eu lieu pendant cette période. 

« Pourquoi on les laisse fonctionner 24 heures sur 24? Qu’est-ce qui justifie une telle pratique? » s’insurge Marc Bédard, un résident des Verrières du lac situées du côté nord du lac des Nations, qui se plaint à la fois du bruit et des émanations de gaz qui proviennent des locomotives stationnées de l’autre côté du plan d’eau.

Comme ce fut le cas à Magog le mois dernier, où des locomotives du CP tournant au ralenti ont été immobilisées durant 45 heures jusqu’à ce que des résidents alertent les autorités, Louise Piché déplore, elle aussi, les façons de faire du CP, cette fois en plein cœur de Sherbrooke.

Elle dit que rien ne justifie que des moteurs aussi polluants puissent fonctionner au ralenti pendant si longtemps. « Il y a sûrement moyen de faire les choses différemment «, affirme la résidente, qui suggère que les locomotives devant tourner au ralenti soient placées au fond de la cour de triage. « Lorsque nécessaire, et seulement lorsque c’est nécessaire, les locomotives pourraient être stationnées (plus loin) dans les bois », précise-t-elle.

Outre le bruit occasionné par le fonctionnement des moteurs, les deux citoyens disent être incommodés par les émanations de gaz, les obligeant à fermer les fenêtres de leurs résidences lorsque le vent souffle vers le côté nord du lac.  

Les deux résidents se disent conscients des inconvénients que représente le fait de demeurer près d’une cour de triage.

« On ne veut pas empêcher le CP de faire des affaires, insiste Marc Bédard. On comprend que c’est une cour de triage, que des engins de cette grosseur-là font du bruit et que ça pollue. Mais il doit y avoir moyen de faire les choses autrement. 

« Laisser tourner les moteurs en hiver, ça peut se justifier, mais pas en plein mois de juillet, août et septembre… », insistent les deux résidents qui disent avoir porté plainte au Service de police de Sherbrooke (SPS) la semaine dernière, après avoir constaté que des locomotives tournaient au ralenti pendant trois jours.

Au SPS, l’agent Martin Carrier confirme que des plaintes sont acheminées régulièrement en lien avec les activités ferroviaires sur le territoire du service de police, que ce soit à la cour de triage en bordure du lac des Nations ou encore dans le secteur de Deauville. Et ce, depuis plusieurs années. 

« C’est un dossier dans lequel on ne peut pas intervenir, car c’est de juridiction fédérale. Même si, effectivement, il existe une règlementation municipale au niveau du bruit, c’est un enjeu qui relève de Transports Canada. Les compagnies ferroviaires ont tous les droits à cet égard-là «, explique l’agent Carrier.

Du côté du CP, sa porte-parole, Stacey Patenaude a indiqué, comme elle l’avait fait dans le cas de Magog, que de garder des trains immobilisés temporairement le long d’une voie principale ou sur une voie d’évitement est parfois nécessaire dans le cadre des activités normales d’un chemin de fer. »Le CP s’efforce de réduire les répercussions de ses activités sur les résidents des environs dans la mesure du possible, tout en veillant à ce que son réseau demeure sécuritaire et efficace », a écrit le CP dans un échange de courriels.

Quant à Transports Canada, l’organisme n’a pas été en mesure de fournir une réponse au moment d’écrire cet article.