Le Comité du verre de Sherbrooke a déposé son projet à la Ville le 3 juin 2019. Sur la photo, son porte-parole Réal Vigneau.
Le Comité du verre de Sherbrooke a déposé son projet à la Ville le 3 juin 2019. Sur la photo, son porte-parole Réal Vigneau.

Le Comité du verre presse Sherbrooke de faire plus

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
La Ville de Sherbrooke a fait un premier pas en installant des conteneurs pour récupérer le verre dans six emplacements de son territoire, et elle ne doit surtout pas s’arrêter là.

Le Comité du verre de Sherbrooke souhaite qu’elle passe le plus tôt possible aux 10 sites promis au début du projet pilote et qu’elle prenne position quant au projet de réforme de la consigne et de la collecte sélective que Québec doit mettre en place à compter de la fin de 2022.

« Les décisions de la Ville sont positives, mais elles sont très timides », constate le porte-parole du comité, Réal Vigneau. 

« On dirait que la municipalité ne veut pas qu’il y ait trop de verre de récupéré avec ce projet-là alors qu’au comité, depuis le début, notre objectif c’est de récupérer le plus de verre possible. »

Dans le projet initial déposé en juin 2019, le Comité du verre suggérait entre 20 et 25 sites de dépôt volontaire, idéalement à proximité des épiceries et SAQ.

Lancé un an plus tard en juillet 2020, le projet pilote est déployé dans six parcs ou bureaux d’arrondissement, alors que deux sites ont été abandonnés en raison de plaintes pour le bruit.

Dans un premier bilan déposé au conseil municipal de novembre, on rapporte avoir collecté entre huit à dix tonnes de verre par semaine, ce qui laisse croire qu’on atteindra le taux de récupération projeté de 20 % du verre creux pour la première année d’implantation. 

Or selon M. Vigneau, les conteneurs débordent facilement et les citoyens trouvent qu’ils ne sont pas suffisamment accessibles. 

« Les gens me disent que s’il faut traverser la ville pour aller porter leur verre, ce n’est pas très écologique. Je comprends très bien que dans un projet pilote, ce n’était pas possible de couvrir toute la ville, sauf qu’il en fallait un minimum. On parlait de 10 et là on arrive à la mi-temps du projet pilote d’un an et il y en a encore seulement six. Ça fait une bonne différence. »

Depuis juillet, un total de 200 tonnes de verre a ainsi été récolté alors que le comité estime le potentiel à 3000 tonnes annuellement.  

Réal Vigneau est d’ailleurs très fier des Sherbrookois qui ont embarqué dans le projet et il les invite à poursuivre leurs efforts. 

« Je trouve que les gens sont sensibilisés, ils veulent et je les en remercie infiniment. Et pas seulement ceux qui ont travaillé sur des projets de récupération, mais tous les gens qui ont signé des pétitions et qui vont porter leur verre. Chacun a sa place et c’est important. »

Le Comité du verre de Sherbrooke estime qu’il faut mettre à la disposition des citoyens les quatre conteneurs supplémentaires promis le plus rapidement possible. « Parce que ça fonctionne et que c’est ce que les citoyens veulent », dit son porte-parole Réal Vigneau.

Inquiétude

Convaincu d’avoir contribué à mettre en place une solution efficace pour récupérer le verre à son plein potentiel, le Comité du verre s’inquiète par ailleurs que la réforme de la consigne et de la collecte sélective au Québec sonne la fin des dépôts volontaires qu’on retrouve désormais dans l’équivalent de 130 municipalités de la province.

« On a eu une commission parlementaire [sur les enjeux du recyclage et de la valorisation du verre] en 2019, qui a coûté très cher, et il semble qu’on passe à côté de ses principales recommandations. Entre autres celle d’utiliser plusieurs systèmes complémentaires pour résoudre en entier le problème du verre », martèle-t-il.

« La consigne, c’est une très bonne solution pour récupérer les contenants à réutiliser. Mais si on casse le verre pour le faire fondre ou l’envoyer pour d’autres utilisations, j’ai l’impression qu’on peut facilement oublier la réutilisation des contenants consignés, parce que ce sera la voie la plus facile. »

Réal Vigneau souligne qu’avec le comité Opération Verre-Vert, des représentations ont été faites auprès du gouvernement pour que les conteneurs restent en place après l’élargissement de la consigne. Et il souhaite que la Ville de Sherbrooke se positionne rapidement. 

« Ce qui est important, c’est que la Ville ne fasse pas qu’attendre les directives du gouvernement parce qu’elle va avoir des bâtons dans les roues si elle n’est pas proactive. On est rendu à 133 municipalités au Québec, il faut absolument que le gouvernement ne fasse pas fi de ça! ll faut que ce projet-là continue et que les conteneurs se multiplient. Il faut que ça devienne une facilité au Québec pour tout le monde parce que ça fonctionne et que c’est ce que les gens veulent. »

Au bilan de novembre, la Ville affirmait que les négociations étaient avancées pour installer des conteneurs sur quatre sites supplémentaires. La présidente du comité de l’environnement Karine Godbout avait également « activé la sonnette d’alarme pour assurer que le gouvernement du Québec aura une sensibilité pour les municipalités qui ont déjà adopté avec succès la collecte volontaire du verre non consigné ».

Les emplacements des dépôts volontaires à Sherbrooke

Plage Lucien-Blanchard
Centre Julien-Ducharme
Bureau d’arrondissement de Rock Forest
Parc Jules-Richard
Bureau d’arrondissement de Brompton
Centre communautaire Richard-Gingras