Martin Fluet est le commandant du navire HMCS Toronto. Le capitaine de frégate prendra bientôt la mer à bord de son navire pour une mission de six mois en Europe de l’Est afin de participer à l’opération REASSURANCE, sous la gouverne de l’OTAN.

Le Coaticookois Martin Fluet aux commandes d’un navire de guerre

Martin Fluet est le commandant du HMCS Toronto, une frégate des Forces armées canadiennes. Le Coaticookois d’origine, qui commandera le navire et ses 245 membres d’équipage, prendra bientôt la mer pour participer à l’opération REASSURANCE, sous la gouverne de l’OTAN en Europe centrale et en Europe de l’Est. À bord de son navire de guerre, il sera « le seul commandant à bord ».

Une fois en mer, le capitaine et son équipage seront prêts à affronter les éventualités. L’objectif de la mission, au départ, est de montrer la présence canadienne et le soutien offert par le Canada à l’OTAN dans cette partie trouble du monde.

« Nous ne serons pas en état de guerre, mais on sera prêts à tout. Dans la situation actuelle dans le monde, ça peut évoluer rapidement parfois », soutient Martin Fluet.

« Prêts à tout » signifie que la frégate pourra répondre à tout type d’attaque. « C’est une plateforme antisoumarine, antiaérienne et arraisonnement. À bord, et c’est nouveau, nous aurons aussi le Groupe de soutien logistique canadien et le nouvel hélicoptère Cyclone, avec une vingtaine d’aviateurs à bord », se réjouit Martin Fluet.

Le navire prendra la direction de l’Europe de l’Est à la mi-janvier. Mais d’ici là, il reste fort à faire.

« Cet automne, nous allons entrer dans une phase d’entrainement collectif. On doit apprendre à combattre les avaries ensemble, à faire des opérations antiaériennes. Nous allons rester au large d’Halifax, puis partir jusqu’en Islande et en Irlande, où il y a un centre de tir de missiles. On doit tirer sur des drones qu’on nous envoie pour être certains qu’on sera prêts en mission. On apprend de l’expérience et on en tire des leçons », soutient celui qui se trouvera à la barre.

Puis retour à Halifax. Une courte pause, et ce sera le temps de naviguer vers l’Europe de l’Est pour la mission de six mois. Le retour est prévu à la mi-juillet l’an prochain.

Martin Fluet risque alors de s’offrir quelques nuits de sommeil complètes. Car à bord de son navire, il y aura beaucoup de travail à faire et il ne pourra bénéficier que des « créneaux de sommeil » de deux ou trois heures à la fois.

« Je dois être sur le pont en tout temps. Notre système hiérarchique est très pyramidal sur notre bateau. Je peux déléguer certaines tâches, mais quand il se passe quelque chose, tout revient à moi. Il y a toujours des imprévus, des blessés, des bris, des manœuvres d’évitement... Comme on dit, je suis l’ultime commandant à bord », soutient-il.

« Jusqu’ici, c’est le meilleur boulot que je n’ai jamais eu. L’engagement et l’impact qu’on a sur l’équipage pour les motiver et les mener vers un déploiement pour représenter le Canada à l’étranger, ça apporte beaucoup de satisfaction », se réjouit Martin Fluet.

Avant de vivre l’expérience d’une mission de soutien à l’OTAN à titre de commandant, Martin Fluet a passé de nombreuses années de sa vie en mer. Il n’a jamais vraiment compté le nombre de jours passés loin de la terre ferme. « Une fois, j’ai passé 78 jours en mer sans mettre le pied à terre. Ça, c’était beaucoup. Après les attentats du 11 septembre, nous avons été dirigés vers le Golfe Persique. C’était une mission imprévue », se souvient-il.

Sinon, les voyages de 14 et 21 jours ont été nombreux; il a aussi fait quatre missions dans le Golfe Persique.

Quand il est en mer, ses fils Alexandre et Xavier restent bien sûr sur la terre ferme. « C’est difficile pour moi, c’est difficile pour mes garçons... C’est un très gros sacrifice personnel qui fait partie de notre engagement envers la marine et envers les Forces armées canadiennes », dit-il.