Le CN renonce à fermer le 5e Rang pour l'instant

Jean-Pierre Boisvert
La Tribune
Après plus d'un an de négociations, le Canadien National a accepté de surseoir à l'idée de fermer le 5e Rang, situé entre le boulevard Jean-de-Brébeuf et la rue Saint-Pierre, à Drummondville. Victoire pour une mobilisation citoyenne.
C'est ce qu'a annoncé avec enthousiasme le conseiller municipal Pierre-Yvan Aubé, lors de l'assemblée des élus drummondvillois, lundi soir, quelques heures après avoir reçu une lettre du CN confirmant que la compagnie de transport ferroviaire «n'investira pas de fonds supplémentaires en infrastructure au rang 5 pour le moment», de sorte que les citoyens pourront continuer de circuler de part et d'autre du passage à niveau.
 
«Je suis heureux de cette entente, car ça n'a pas été facile à régler. Les citoyens du secteur ont montré leur mécontentement à l'idée de voir couper en deux le cinquième rang, les obligeant à faire un détour de plusieurs kilomètres, et nous avons tout mis en oeuvre pour trouver une solution qui aujourd'hui fait l'affaire de tout le monde», a déclaré M. Aubé.
L'affaire avait fait grand bruit en janvier 2008. Le CN voulait d'abord aménager une voie d'évitement dans le centre-ville de Drummondville, ce à quoi le conseil municipal s'était vivement objecté, alléguant que le transport de matières dangereuses constitue un risque plus élevé en milieu urbain. La Ville a alors opté pour le milieu rural. Étant donné que la voie d'évitement aurait causé des croisements de trains durant plus de cinq minutes, le CN et Transport Canada ne voyaient alors pas d'autres options que d'ordonner la fermeture du rang 5 tel que le stipule l'un de leurs règlements.
La décision avait soulevé un tollé chez les résidants du secteur, dont plusieurs cultivateurs qui voyaient leurs terres coupées en deux. «Je serai obligé de faire un détour de 20 kilomètres pour atteindre l'autre partie de ma terre», avait lancé l'un d'eux lors d'une houleuse assemblée du conseil municipal.
Quelques jours plus tard, les résidants sont venus rencontré les élus. «Tout a commencé là. Nous avons alors entrepris des démarches pour explorer les solutions possibles. J'ai fait appel à l'ouverture d'esprit des gens du CN et de l'Office national de transport tout en exigeant des citoyens concernés d'arrêter de maugréer inutilement puisque ça ne faisait pas avancer les choses. Ce n'est pas facile de faire bouger de gros navires comme le CN et Transport Canada mais nous y sommes parvenus», a expliqué fièrement M. Aubé.
Selon lui, bien que la missive du CN paraît avoir un caractère de permanence, on ne saurait dire si les conditions du marché ne pourraient pas changer la donne dans les années à venir. «Pour le moment, ça demeure comme avant, mais je n'ai pas de boule de cristal», a-t-il fait remarquer.
Autrement dit, le CN continuera d'utiliser cette voie d'évitement lors de croisements de trains, mais cela n'entravera pas la circulation plus de cinq minutes à la fois.