Profitant du passage de la direction du c.a. du CIUSSS de l’Estrie-CHUS à Asbestos, des travailleuses de la santé sont venues faire part de leurs craintes sur les services qui sont offerts à partir de leur région. Les professionnelles de la FIQ-SPSCE ont même sorti les drapeaux.

Le CIUSSS se prépare à affronter un été difficile

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS s’apprête à passer en mode estival et à faire face à son lot de personnel en vacances dans son organisation fragilisée par la rareté de la main-d’œuvre et par un taux d’absentéisme en assurance-salaire qui s’est stabilisé à 8 % — un taux tout de même très élevé.

« Nous avons l’expérience de l’été passé, et chaque direction a prévu quelles seraient ses difficultés, quels seraient ses risques de bris de service, et chacune a, le cas échéant, son plan de contingence », a expliqué Gilles Michaud, directeur des ressources humaines, des affaires juridiques et des communications, mardi soir, lors du conseil d’administration du CIUSSS, qui se tenait à Asbestos.

Comme ce fut le cas cet hiver alors que le CIUSSS a dû se plonger en mode de « mesures exceptionnelles » pour faire face à une période plus achalandée que jamais dans ses hôpitaux, un caucus journalier sera géré par le Dr Stéphane Tremblay, directeur général adjoint, afin d’évaluer l’état de situation dans chaque salle d’urgence du territoire.

Les salles d’urgence sont le reflet de l’état de santé de l’ensemble du réseau : si les gestionnaires sont incapables de transférer les patients aux étages ou dans les ressources appropriés, les salles d’urgence commencent à déborder.

Aucune fermeture de lits n’est prévue dans les établissements. Toutefois, les activités des blocs opératoires dans les hôpitaux du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) pourront être modulées quotidiennement en fonction de l’état de situation dans l’ensemble du réseau.

La direction du CIUSSS contrôle peu de paramètres dans son volume d’activités — l’un des seuls qui puissent être contrôlés sont les chirurgies qui nécessitent une hospitalisation. Les clientèles dont les chirurgies sont urgentes, comme celles qui souffrent d’un cancer, seront néanmoins épargnées.

Les activités reprendront leur cours normal au bloc opératoire à compter du 17 septembre.

Manque d’heures pour personnel expérimenté

Profitant du passage de la direction du c.a. à Asbestos, quelques travailleuses de la santé sont venues faire part de leurs craintes sur les services qui sont offerts à partir de leur région.

C’est notamment le cas de Marisol Campagna, une infirmière auxiliaire qui compte 11 années d’ancienneté. Elle est venue déplorer qu’en raison de l’embauche en nombre important d’une équipe volante à l’hôpital, CLSC et centre d’hébergement et de soins de longue durée d’Asbestos, elle ne peut plus faire des semaines de travail complètes.

« J’ai un poste 6 jours sur 15. Pour compléter pour un temps plein (qui équivaut à 10 jours sur 15), je dois donner des disponibilités sur deux quarts de travail et dans deux secteurs différents » , déplore Marisol Campagna.

« Je comprends qu’on veuille embaucher des finissants. On a besoin d’une équipe volante, on est contents qu’elle soit là, mais on ne peut pas accepter que nos employés qui ont plus d’ancienneté soient traités n’importe comment », déplore l’infirmière Jacynthe Caron, aussi agente syndicale de la FIQ-SPSCE à Asbestos.

« Il y a des infirmières, des infirmières auxiliaires et des préposées aux bénéficiaires expérimentés qui songent sérieusement à quitter la profession parce qu’ils en ont assez de se faire envoyer là où l’employeur le veut. On se fait traiter comme des moins que rien dans une profession qui est occupée par 92 % de femmes », ajoute Mme Caron.

Gilles Michaud, directeur des ressources humaines, des affaires juridiques et des communications, a assuré qu’il ferait personnellement un suivi pour faire la lumière sur cette situation.

Infirmières pressées de négocier

Les infirmières de la FIQ-SPSCE (Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec-syndicat des professionnels en soins des Cantons-de-l’Est) étaient de nouveau présentes mardi soir au c.a. du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Cette fois-ci encore, elles ont pressé la direction d’accélérer et d’ajouter des dates au calendrier de négociations.

Au départ, elles auraient aimé en arriver à une entente avant la période estivale. Elles en sont rendues à craindre de devoir aller en médiation ou même en arbitrage lorsque la date du 30 septembre, commandée par le ministère de la Santé et des Services sociaux, aura été dépassée.

Jusqu’à présent, il y a entente entre la FIQ et la direction sur seulement 8 des 26 matières à négocier, « les plus simples » aux yeux de la présidente de la FIQ-SPSCE Sophie Séguin.

« Nous avons le même objectif, c’est d’arriver à une entente négociée », lui a assuré le directeur des ressources humaines Gilles Michaud.