Des employés du CIUSSS de l’Estrie déplorent que des abolitions de poste aient eu lieu et que les employés malades ne soient pas remplacés, en réaction au déficit annoncé de 23 M$.

Le CIUSSS nie avoir coupé des postes

Des gestionnaires auraient reçu comme mot d’ordre de ne pas remplacer le personnel clinique lors des absences ponctuelles et de couper des postes quand des occasions se présentent, dans le but de cesser de creuser le déficit annoncé de l’ordre de 23 M$ au terme de l’année financière qui se terminera le 31 mars. C’est ce qui circule selon de nombreux employés du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Or, c’est faux, rétorque la direction du CIUSSS. « Aucune consigne de ce genre n’a été émise aux gestionnaires », assure Marie-France Thibeault du service des communications du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Plusieurs employés déplorent également que des abolitions de poste aient eu lieu et que les employés malades ne soient pas remplacés au quotidien. « La traduction directe de l’annonce du déficit est la coupure d’un poste d’éducateur spécialisé dans un de nos services... », déplore un employé de l’ex-installation du CSSS-IUGS.

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« Les préposés aux bénéficiaires qui sont malades ne sont pas remplacés dans plusieurs départements, notamment en santé mentale... Conséquence, un préposé a dû intervenir seul avec une infirmière sur une patiente en crise il y a quelques jours, ce qui a conduit à une blessure pour ce préposé », souligne un infirmier qui travaille à l’Hôtel-Dieu.

Tout cela peut être vrai, mais ce n’est pas pour des questions d’alléger le déficit, ajoute la direction.
« Dans les secteurs cliniques, notre volonté est de toujours remplacer les absences ponctuelles mais il arrive que nous ne soyons pas en mesure de le faire. Voici un exemple : il n’y a pas de ressource disponible parmi le personnel ou encore sur la liste de rappel. Un deuxième exemple : les qualifications pointues requises pour occuper certains postes (par exemple un travailleur social en santé mentale ou une infirmière en psychiatrie) sont plus longues à acquérir (étant donné qu’une formation est requise) que la durée de l’absence elle-même! Du côté administratif, c’est différent : effectivement, certaines absences ponctuelles ne sont pas remplacées. Moi par exemple, si je suis malade une journée, je ne serai pas remplacée », explique Marie-France Thibeault.

« Il y a effectivement eu des abolitions de postes d’éducateurs spécialisés dans certains secteurs mais ils ont tous été transformés dans un autre genre de poste ou bien ouverts de nouveau mais dans un autre secteur. Il n’y a eu aucune perte d’emploi », assure Mme Thibeault.

Chaque fois qu’un poste devient vacant à la suite d’un départ ou d’une retraite notamment, les gestionnaires regardent si c’est une occasion d’optimiser les ressources et d’ajuster l’offre de service.

« Toutes les options sont alors mises sur la table et le choix se fait en fonction des besoins. Prenons un exemple : à la suite d’un départ à la retraite, un poste d’éducateur spécialisé dans le secteur de la dépendance a été transformé en un poste de professionnel, car le ratio professionnels-éducateurs avait été jugé trop bas pour offrir un soutien clinique adéquat au personnel sur le terrain.

« Pour toutes sortes de raisons, il se pourrait que l’activité d’un secteur nécessite moins de ressources qu’auparavant alors qu’un autre est en hausse continuelle de demandes. Il est certain que la fermeture d’un poste dans le premier secteur pour en ouvrir un supplémentaire dans l’autre sera l’une des options envisagées afin de s’adapter aux besoins de la clientèle. L’objectif ultime demeure toujours l’accessibilité des soins et des services », ajoute Marie-France Thibeault.